Quand François Fillon ment !

Campagne BDS France, samedi 13 février 2010

Les propos de M. Fillon témoignent d’une volonté jusqu’au plus haut niveau de l’État de défendre coûte que coûte la poli­tique israé­lienne, au prix de mani­pu­la­tions, men­songes et diffamation .

La cam­pagne BDS France -Boycott, Dés­in­ves­tis­sement, Sanctions-​​ a appris avec indi­gnation les propos dif­fa­ma­toires tenus par François Fillon, premier ministre, lors du dernier dîner du Conseil Repré­sen­tatif des Ins­ti­tu­tions Juives de France.

Ne pouvant croire que M. Fillon soit mal informé, nous ne pouvons que prendre acte de ses propos « Je pense ainsi à ces scan­daleux mou­ve­ments de boycott de pro­duits casher ou israé­liens. Je m’étonne du silence, voire de la conni­vence de cer­tains res­pon­sables poli­tiques vis-​​à-​​vis de ces démarches révoltantes.…Nous devons rester lucides sur l’incroyable facilité avec laquelle se déve­loppent et s’expriment les amal­games les plus odieux. » et affirmer avec force qu’ils consti­tuent un men­songe patent destiné à délé­gi­timer la lutte contre la poli­tique colo­niale de l’État d’Israël, pour le respect du droit inter­na­tional et la recon­nais­sance des droits des pales­ti­niens, en usant très exac­tement de l’amalgame que son auteur prétend condamner.

Il est en effet aisé de vérifier sur le site de la cam­pagne BDS France, ce que le para­graphe 3 de notre charte établit clairement :

« Notre action est éthique, citoyenne et poli­tique. Elle s’inscrit dans notre combat per­manent contre toute forme de racisme. Elle ne vise pas des per­sonnes ou des groupes en raison de leur origine ou de leur religion juive, ni leurs entre­prises ou leurs pro­duits. Nous faisons une dif­fé­rence évidente entre un produit israélien que nous boy­cottons, et un produit casher produit par une entre­prise non israé­lienne que nous ne boy­cottons pas. Ce boycott ne vise pas la société israé­lienne ni les indi­vidus qui la com­posent, en tant que tels, il vise la poli­tique colo­niale d’occupation israé­lienne et ses partisans. »

Nous mettons au défi qui­conque de trouver une seule réfé­rence de notre cam­pagne qui se situerait sur le terrain du racisme. Tout notre combat se construit pré­ci­sément dans le cadre de la lutte contre tous les racismes.

Cette cam­pagne BDS s’inscrit dans la même logique que celle qui avait été menée contre l’Apartheid d’Afrique du Sud. Elle vise à faire pression sur le gou­ver­nement israélien jusqu’a ce qu’Israël s’engage clai­rement à res­pecter le droit inter­na­tional, et mette fin à l’occupation et à la colonisation.

Elle vise aussi à faire pression sur nos gou­ver­ne­ments pour qu’ils res­pectent leurs propres enga­ge­ments inter­na­tionaux et les accords signés et imposent enfin des sanc­tions au gou­ver­nement israélien. Qu’ils remettent en cause notamment l’accord com­mercial entre l’Union Euro­péenne et Israël, per­mettant aux pro­duits israé­liens d’entrer dans les états euro­péens selon un accord pré­fé­rentiel qui les exempte de taxes d’importation, puisque cet accord dans son article 2 prévoit une clause de sus­pension en cas de non respect des droits humains .

Sans parler du fait que ce même accord ne s’applique qu’aux ter­ri­toires israé­liens situés dans les fron­tières inter­na­tio­na­lement reconnues, et ceci a été réaf­firmé récemment par la Cour Euro­péenne de Justice. Or plu­sieurs enquêtes, notamment celles menées par la Coa­lition des Femmes pour la Paix, ONG basée à Tel Aviv révèlent que nombre de ces pro­duits pro­viennent en réalité des colonies. Cette fraude massive pra­tiquée à l’échelle nationale, et cau­tionnée par la poli­tique de laisser faire pra­tiquée par notre gou­ver­nement, jus­tifie à elle seule si il en était besoin notre appel au Boycott-​​ Désinvestissement-​​ Sanction.

Alors que dans des pays comme l’Angleterre, ce débat peut-​​être mené, jusque dans l’enceinte du Par­lement [1], et que des États euro­péens comme la Norvège, l’Espagne ou la Suède ont clai­rement boy­cotté des événe­ments pro­grammés avec Israël [2] les propos de M. Fillon témoignent d’une volonté jusqu’au plus haut niveau de l’État de défendre coûte que coûte la poli­tique israé­lienne, au prix de mani­pu­la­tions, men­songes et diffamation .

Nous conti­nuerons pour notre part à lutter sans relâche au côté du peuple pales­tinien pour la recon­nais­sance de ses droits légi­times, et pour le respect du droit inter­na­tional que nous devons exiger de tous.