Qu’est-ce qui fait courir Sammy ?

Uri Avnery, mardi 2 janvier 2007

Sammy est un citoyen arabe d’Acre, doc­torant à l’Université de Haïfa. Quelque chose de ter­rible lui est arrivé : il est tombé amoureux de la femme qu’il ne fallait pas - une Pales­ti­nienne de Jénine dans les ter­ri­toires occupés.

« JE ME FICHE des prin­cipes ! Tout ce que je veux, c’est que mon épouse puisse vivre avec moi et que nous puis­sions construire une famille ! » s’est exclamé le charmant jeune homme à la télévision.

Sammy est un citoyen arabe d’Acre, doc­torant à l’Université de Haïfa. Quelque chose de ter­rible lui est arrivé : il est tombé amoureux de la femme qu’il ne fallait pas - une Pales­ti­nienne de Jénine dans les ter­ri­toires occupés. Il l’a ren­contrée par hasard à Ramallah, il a obtenu pour elle (pour de fausses raisons, admet-​​il) un permis de séjour d’un jour en Israël et il s’est marié avec elle. Depuis lors, il ne peut la voir qu’à Jénine et seulement une fois toutes les quelques semaines.

Elle ne peut venir vivre avec lui à Acre, parce que la Knesset a voté une loi « tem­po­raire » qui interdit caté­go­ri­quement, sans aucune exception, aux femmes pales­ti­niennes des ter­ri­toires occupés de rejoindre leur mari en Israël. (Cela s’applique également, bien sûr, aux maris pales­ti­niens des ter­ri­toires occupés de femmes arabes israéliennes.)

La liberté d’aimer et de se marier est un des droits humains fon­da­mentaux. Son déni pour 1,4 million de citoyens israé­liens, seulement parce qu’ils sont arabes, est une grave vio­lation de la Décla­ration uni­ver­selle des droits de l’homme, qui a été signée par Israël. Ce déni ronge également les racines de la démo­cratie israélienne.

Le pré­texte - cela pourrait-​​il être autre chose ? - est la « sécurité ». Parmi les 105.000 femmes pales­ti­niennes des ter­ri­toires occupés qui, au cours des années, se sont mariées à des citoyens israé­liens, 25 ont pris part à des actions ter­ro­ristes. 25 (vingt-​​cinq !) contre 104.975 (cent quatre mille neuf cent soixante quinze !).

Mais, comme d’habitude chez nous, la « sécurité » sert ici de camou­flage à la vraie raison. Der­rière l’interdiction se cache le démon démo­gra­phique, un démon avec un sinistre pouvoir sur le cerveau des Israé­liens, qui peut altérer leurs pensées, éteindre la der­nière étin­celle de décence et de moralité et trans­former des êtres humains tout à fait normaux en monstres.

Ses émis­saires par­courent le monde à la recherche de Juifs, réels ou ima­gi­naires. Ils ont découvert (et ramené en Israël !) des Indiens qui pré­tendent des­cendre de la tribu de Manasseh, une des dix tribus expulsées de Palestine par les Assy­riens - selon la Bible - il y a environ 2.720 ans. Au Nouveau Mexique, ils ont découvert des familles dont les ancêtres étaient sup­posés être des Juifs bap­tisés il y a 500 ans sous la menace de l’Inquisition espa­gnole. Ils ramènent des Russes chré­tiens ayant un vague rapport avec des familles juives et des Falachas d’Ethiopie dont la judéité est plutôt dou­teuse. Tous sont ramenés en Israël et obtiennent immé­dia­tement la natio­nalité israé­lienne et de géné­reuses « indem­nités d’intégration ». Mais une jeune femme de Jénine, dont la famille habite ce pays depuis des siècles, n’a pas le droit d’y vivre avec son mari dont les ancêtres ont vécu à Acre pendant des géné­ra­tions. Tout cela à cause de ce ter­ri­fiant démon.

IL Y A 120 ANS, Asher Ginsburg, connu sous le nom de Ahad Haam (« issu du peuple ») grand penseur juif, se rendit en Palestine, et il fut hor­rifié par la façon dont les colons juifs trai­taient les indi­gènes arabes. Depuis lors, de nom­breux pré­textes ont été trouvés pour chasser les Arabes. Presque chaque année, le pré­texte en vogue change. Aujourd’hui un nouveau pré­texte est à la mode : « l’Etat-nation ». Tsipi Livni a peut-​​être été la pre­mière à l’utiliser.

Israël est un « Etat-​​nation » fait pour les Juifs, et donc, il a le droit de faire tout ce qui est bon pour les Juifs et mauvais pour les non-​​Juifs, même s’ils sont citoyens israé­liens. « Le bien indi­viduel doit céder devant le bien commun ! » a dit un éminent pro­fesseur à propos du cas de Sammy, « et le bien commun interdit de per­mettre à l’épouse pales­ti­nienne de Sammy d’entrer en Israël, qui est l’Etat-nation juif ».

Cela a l’air simple et logique. L’Etat-nation existe pour la nation. Mais le concept d’Etat-nation n’est pas simple du tout. Il soulève plu­sieurs ques­tions inso­lubles. Par exemple :

De quelle nation s’agit-il ? Une nation juive mon­diale ? Une nation juive israé­lienne ? Ou juste une nation israélienne ?

Et de quelle sorte d’Etat-nation parlons-​​nous ? De l’Etat-nation français à la fin du XVIIIe siècle ? De l’Etat-nation polonais né à la fin de la Pre­mière Guerre mon­diale ? Ou de l’Etat-nation amé­ricain tel qu’il existe aujourd’hui ? Ce sont tous des modèles d’Etats-nations - mais très dif­fé­rents l’un de l’autre.

QUI­CONQUE prétend qu’Israël est l’Etat de la nation juive mon­diale vide le mot « nation » de son contenu. Ceci vou­drait dire que notre Etat appar­tient à une com­mu­nauté dont la plupart des membres ne vivent pas en Israël, ne sont pas citoyens israé­liens, ne paient pas les impôts israé­liens et ne votent pas en Israël. Des Juifs amé­ri­cains comme Henry Kis­singer, Paul Wol­fowitz et Thomas Friedman, bien que dévoués corps et âme à Israël, nie­raient vigou­reu­sement appar­tenir à la « nation » juive plutôt qu’à la nation américaine.

Il y a des années, la Knesset a adopté une loi qui oblige qui­conque veut se pré­senter aux élec­tions à déclarer publi­quement qu’Israël est « l’Etat du peuple juif ». Pourtant c’est la citoyenneté israé­lienne seule qui détermine qui peut voter.

Alors peut-​​être notre Etat-​​nation appartient-​​il réel­lement à une nation juive israé­lienne ? Israël est-​​il l’Etat-nation de ses citoyens juifs seulement ? De nom­breux Israé­liens peuvent le penser. Mais cela est contraire à la légis­lation israé­lienne qui dit que tous les citoyens sont égaux devant la loi. Selon la Cour suprême et la doc­trine offi­cielle, Israël est un « Etat juif et démo­cra­tique ». C’est en quelque sorte la qua­drature du cercle.

La carte d’identité israé­lienne men­tionne la « nation » de son pos­sesseur. Les cartes appar­tenant à des Juifs indiquent : « Nation : Juif ». Il y a des années, la Cour suprême a rejeté la demande d’un citoyen que soit indiqué : « nation : Israélien ». Aujourd’hui la Cour est saisie d’une autre demande de dizaines de citoyens (dont moi-​​même), qui veulent voir sur leurs cartes l’indication : « Nation : Israélien ».

Ce pays est-​​il réel­lement un Etat-​​nation israélien ? Si tel est le cas, la nation israé­lienne comprend-​​elle tous les citoyens israé­liens, comme la nation amé­ri­caine com­prend tous les citoyens amé­ri­cains ? En par­ti­culier, cette nation comprend-​​elle les 1,4 mil­lions de citoyens pales­ti­niens arabes, soit environ un cin­quième de la popu­lation de l’Etat ?

LES CITOYENS arabes d’Israël souffrent de dis­cri­mi­na­tions dans presque tous les domaines. La liste de ces dis­cri­mi­na­tions, qui n’est pas secrète, rem­plirait plu­sieurs pages. A titre d’exemples : le système éducatif coûte pour un enfant arabe le cin­quième de ce qu’il coûte pour un enfant juif. Le système de santé dépense pour un citoyen arabe beaucoup moins que pour un citoyen juif. Presque tous les conseils muni­cipaux arabes sont en faillite, une des raisons étant que le gou­ver­nement leur donne beaucoup moins par habitant qu’aux conseils muni­cipaux juifs. Un citoyen arabe ne peut pas obtenir de terre de la Land Authority qui détient presque toutes les terres en Israël. Sans parler de la dis­cri­mi­nation offi­cielle que repré­sente la com­bi­naison de la loi du retour avec la loi sur la nationalité.

A deux reprises, des soldats et des poli­ciers israé­liens ont tiré sur des mani­fes­tants arabes citoyens israé­liens, et en ont tué plu­sieurs - une fois en 1976 (« Jour de la terre »), l’autre en 2000 (« les événe­ments d’octobre »). Ils n’ont jamais tiré sur des mani­fes­tants juifs en Israël. (Une fois la police a tiré sur un mani­festant juif qui était en train de leur tirer dessus depuis le toit de sa maison.)

Main­tenant tout le monde com­prend qu’on ne pourra plus éviter d’aborder le problème.

A la fin de la guerre de 1948, au cours de laquelle l’Etat d’Israël a été fondé, seul un petit nombre d’Arabes pales­ti­niens sont restés. La plupart de leurs com­pa­triotes avaient fui ou avaient été chassés. L’élite cultu­relle, sociale et poli­tique était partie au début de la guerre. Le petit nombre resté sur place a été soumis pendant dix-​​huit années à un régime d’intimidation et d’oppression appelé « gou­ver­nement mili­taire ». Mais la seconde géné­ration a ras­semblé son courage pour relever la tête.

Main­tenant une troi­sième géné­ration arrive. Nombre de ses membres, hommes et femmes, ont fré­quenté les uni­ver­sités et sont devenus entre­pre­neurs, pro­fes­seurs, avocats et médecins. Récemment, leurs repré­sen­tants ont publié une « prise de position » qui exige non seulement l’élimination de toutes les formes de dis­cri­mi­nation, mais aussi une auto­nomie reli­gieuse, cultu­relle et éducative.

C’est un message révo­lu­tion­naire, et plu­sieurs autres docu­ments du même genre sont également en cours d’élaboration. Aujourd’hui les citoyens arabes sont une com­mu­nauté confiante en elle-​​même, avec ses propres ins­ti­tu­tions (non reconnues) et ses propres partis poli­tiques. La taille de cette com­mu­nauté est désormais supé­rieure à deux fois celle de la com­mu­nauté juive qui fonda l’Etat d’Israël en 1948.

On ne peut ignorer l’existence d’une minorité nationale de cette impor­tance. On ne peut plus pré­tendre que le pro­blème n’existe pas ou qu’il peut être résolu (et écarté) avec quelques mil­lions de shekels sup­plé­men­taires. Israël se trouve face à une décision fati­dique qui non seulement déter­minera le caractère de ses rela­tions avec ses citoyens arabes, mais aussi le vrai caractère de l’Etat lui-​​même.

IL NE SERT à rien de dis­cuter avec ceux qui espèrent ouver­tement ou secrè­tement un net­toyage eth­nique et le départ de tous les Arabes de l’Etat, et même de l’ensemble du pays entre la mer et le Jourdain. De même qu’il ne sert à rien de dis­cuter avec ceux qui veulent main­tenir les Arabes israé­liens dans un statut de citoyens de seconde zone, détachés de l’Etat et privés d’influence. C’est une bombe à retardement.

La démocratie israélienne se trouve face à une alternative :

(a) Un Etat de citoyens, dans lequel tous les citoyens sont égaux, sans consi­dé­ration de l’origine eth­nique, de la nation, de la religion, de la langue et du sexe. En jargon poli­tique israélien, on l’appelle « un Etat de tous ses citoyens » - expression absurde, car comment un Etat démo­cra­tique peut-​​il ne pas appar­tenir à tous ses citoyens ?

Un tel Etat ne s’occupe pas d’origine eth­nique ni de foi reli­gieuse. Chaque groupe de parents peut décider de la façon d’éduquer ses enfants (dans le cadre de cer­tains para­mètres fixés par l’Etat). Il n’y aura pas de dif­fé­rence entre un citoyen juif, arabe ou poly­nésien. Les rela­tions entre l’individu et l’Etat ne seront basées que sur la citoyenneté. Exemple : les Etats-​​Unis, où toute per­sonne fait auto­ma­ti­quement partie de la nation amé­ri­caine dès lors qu’elle en devient citoyenne.

(b) Un Etat national, dans lequel une majorité juive israé­lienne coexiste avec une minorité pales­ti­nienne israé­lienne. Dans un tel Etat, la majorité a ses ins­ti­tu­tions natio­nales, mais la minorité est aussi reconnue comme une entité nationale, avec des droits nationaux clai­rement définis dans cer­tains domaines, comme la culture, la religion, l’éducation, etc. (Ces droits ont été définis par le leader sio­niste de droite Vla­dimir Zeev Jabo­tinsky il y a déjà cent ans, quand il a établi le « plan Hel­singfors » demandant des droits pour les Juifs en Russie.) Exemple : le statut des Catalans en Espagne.

Il y a quelques jours, le cher­cheur Yossi Amitay a attiré mon attention sur un article écrit par Pinhas Lavon un mois (!) après la fon­dation de l’Etat d’Israël. Lavon (qui plus tard a été ministre de la Défense et impliqué dans la tris­tement célèbre « affaire Lavon ») a analysé le pro­blème de la minorité arabe après la guerre. Il a suggéré un choix entre une approche « auto­no­miste » per­mettant à la minorité de former ses propres ins­ti­tu­tions auto­nomes dans un Etat dominé par la majorité appar­tenant à une autre nation, et un Etat « ayant les valeurs d’un Etat », dans lequel tous les citoyens seraient traités selon des stan­dards uni­versels et égalitaires.

Lavon a préféré la seconde branche de l’alternative (un Etat de tous ses citoyens). Et moi aussi.

IL N’Y A PAS LONG­TEMPS, Avigdor Lie­berman a pré­senté son propre plan : aban­donner la région dite « du tri­angle » (du côté israélien de la ligne verte) en même temps que la dense popu­lation arabe qui y vit, en échange de ter­ri­toires pales­ti­niens dans les­quels vivent des colons juifs. Le principe en est : les Juifs à Israël, les Arabes à la Palestine.

Lie­berman, le raciste qui a immigré de l’ex-Union sovié­tique, a appris de Staline que des com­mu­nautés entières peuvent être traitées comme des pièces de jeu d’échecs. Très peu de gens ont pris ce plan au sérieux. Il est notoire que Lie­berman prône le net­toyage eth­nique (qua­lifié de « volon­taire ») de tous les Arabes de l’Etat et des ter­ri­toires occupés. Son « plan » est de toute façon tota­lement irréa­liste, parce que la plupart des citoyens arabes d’Israël habitent en Galilée et dans le Neguev, loin de la ligne verte, et Lie­berman ne suggère pas d’abandonner ces territoires-​​là.

L’intéressant n’a pas été le « plan » lui-​​même, mais la réaction des citoyens arabes à ce plan. Pas une seule voix arabe ne s’est élevée en faveur de l’idée. Les citoyens arabes sont déter­minés à rester citoyens d’Israël, même si un Etat pales­tinien voit le jour à côté de lui.

Cette com­mu­nauté veut s’intégrer dans la vie d’Israël, dans son économie, dans ses ins­ti­tu­tions démo­cra­tiques et dans son tissu social. Elle a réussi à faire autant qu’il lui a été permis de faire. Elle sou­tient sans réserve la création d’un Etat de Palestine en Cis­jor­danie et dans la bande de Gaza, mais elle entend rester une minorité nationale en Israël - de la même façon que la plupart des Juifs amé­ri­cains ont soutenu la création de l’Etat d’Israël mais ont préféré rester eux-​​mêmes comme minorité aux Etats-​​Unis.

Israël, pour sa part, ne peut pas aban­donner 1,4 mil­lions de tra­vailleurs qui paient des impôts et qui contri­buent au produit national. L’histoire montre qu’un pays qui expulse des com­mu­nautés entières est tou­jours perdant. L’Espagne ne s’est pas remise de l’expulsion des juifs et des musulmans il y a 500 ans. La France a été durement frappée par l’expulsion des Huguenots. L’Allemagne souffre encore de l’expulsion (et pire) des Juifs.

JE SUIS Israélien. Je désire assu­rément vivre dans un Etat d’Israël où la majorité parle hébreu et où l’identité hébraïque, la culture hébraïque et la tra­dition hébraïque peuvent se déve­lopper. Cela ne m’empêche pas de lutter pour obtenir une situation dans laquelle les citoyens pales­ti­niens de l’Etat sont libres de déve­lopper leur identité, leur culture et leurs tra­di­tions natio­nales propres.

L’Etat-nation a pris forme il y a quelques siècles sur les ruines d’un Etat féodal et monar­chique, en réponse aux besoins de l’époque. Les déve­lop­pe­ments écono­mique, tech­no­lo­gique, mili­taire et culturel d’alors exi­geaient l’organisation d’unités ter­ri­to­riales et poli­tiques plus vastes. Comme la France, la Grande-​​Bretagne et l’Allemagne. Afin de conso­lider cette forme d’Etat, chaque nation a inventé pour elle-​​même une his­toire nationale uni­fi­ca­trice (plus ou moins « ima­ginée », comme l’érudit Benedict Anderson l’a qua­lifiée) et l’a imposée à des peuples conquis ou incor­porés volon­tai­rement (Corses, Ecossais, Bavarois, Basques et de nom­breux autres).

Cette sorte d’Etat-nation est main­tenant devenue obsolète. La réalité a changé. Les Etats-​​Unis ont créé un Etat fédéral géant cou­vrant un demi-​​continent, et plus tard l’Allemagne et la France ont créé l’Union euro­péenne et lui ont redonné des fonc­tions écono­miques, mili­taires et même poli­tiques qui étaient habi­tuel­lement exercées par les Etats-​​nations.

L’Etat-nation en tant que tel continue d’exister, parce qu’il remplit un besoin humain profond d’appartenance à un groupe. Mais il se trans­forme pro­gres­si­vement en un Etat mul­ti­cul­turel, ouvert et libéral, qui absorbe (bien que non sans peine) des mil­lions d’étrangers, parce qu’il ne peut pas exister sans eux. Les Etats-​​Unis ont été les pre­miers à prendre cette orien­tation, et main­tenant cela se passe y compris dans de petits pays de l’Europe orientale - ceux-​​là même où beaucoup des pre­miers sio­nistes ont été conta­minés par leur espèce de natio­na­lisme étroit et fanatique.

Si l’Etat d’Israël ne veut pas imploser, il doit tôt ou tard devenir un tel Etat - un Etat israélien dans lequel Sammy d’Acre pourrait vivre dignement, avec sa femme Lola de Jénine.