Produits des colonies : boycott, or not boycott

Gilles Paris, dimanche 13 décembre 2009

Le Yédioth Aha­ronoth et le Haaretz publient tous les deux ven­dredi (11 décembre) l’information selon laquelle les auto­rités bri­tan­niques sou­haitent que les chaînes de dis­tri­bution de leur pays spé­ci­fient avec le plus de pré­ci­sions pos­sibles l’origine de pro­duits béné­fi­ciant du label Made in Israel et du régime fiscal avan­tageux qui découle de l’accord d’association avec l’Union européenne.

Un argu­men­taire très précis en date du 10 décembre est consul­table sur le site du ministère bri­tan­nique pour l’environnement, l’alimentation et les affaires rurales :

Voici ce que dit le point 4 de cette note :

“For produce from the West Bank, labelling cur­rently states country of origin as ‘Produce of the West Bank’. Traders and retailers may wish to indicate whether the product ori­gi­nated from an Israeli set­tlement or from Pales­tinian pro­ducers. This could take the form, for example, of ‘Produce of the West Bank (Israeli set­tlement produce)’ or ‘Produce of the West Bank (Pales­tinian produce)’, as appropriate.”

L’objectif est bien évidemment de sin­gu­la­riser les pro­duits des colonies israé­lienne de Cis­jor­danie . “Boy­cottage”, a pro­testé le ministère israélien des affaires étran­gères. “Infor­mation des consom­ma­teurs”, a sua­vement répliqué son homo­logue britannique.

En France, une cam­pagne s’accentue contre la société Carmel-​​Agrexco , cible d’organisations pro-​​palestiniennes qui dénoncent la pro­duction, la trans­for­mation ou l’emballage de pro­duits agri­coles effectués dans des colonies (notamment vallée du Jourdain ou Golan pour ce qui relève de la pro­duction.) Carmel-​​Agrexco doit s’implanter sur le port français de Sète .

Tou­jours en France, c’est au contraire le Crif qui s’est signalé jeudi 10 décembre en s’indignant du fait qu’un col­lectif d’organisations non-​​gouvernementales pales­ti­niennes, PNGO, soit lauréat d’un prix des droits de l’homme décerné par les ministère des affaires étran­gères . La raison prin­cipale ? Les appels au boy­cottage d’Israël de ce col­lectif qui “dia­bolise” l’Etat juif ne servent pas la paix. Certes, mais de quelle paix est-​​il actuel­lement question ?