Proche-​​Orient : Pas de reprise des négo­cia­tions sans l’arrêt total de la colonisation

R. I. Agences, mercredi 16 décembre 2009

Pas de reprise des négo­cia­tions entre Pales­ti­niens et Israé­liens tant que l’Etat hébreu ne procède pas à l’arrêt total de la colo­ni­sation. C’est ce qu’a affirmé le ministre pales­tinien des Affaires étran­gères Riadh El Malki, hier à Paris, lors d’une confé­rence de presse avec son homo­logue français, Bernard Kouchner. En tournée euro­péenne, le chef de la diplo­matie pales­ti­nienne a rappelé que « seul le gel de la colo­ni­sation pourrait relancer les négo­cia­tions de paix ».

Riadh El Malki a déclaré au cours de la confé­rence de presse « tout le monde sait que la seule porte de sortie vers une reprise des négo­cia­tions est le gel total des acti­vités de colo­ni­sation car, il ne suffit pas que Neta­nyahu parle de paix par­tielle, excluant El Qods, excluant 3000 maisons, excluant les construc­tions publiques ». Il a par ailleurs dénoncé « l’explosion des colonies » dans les ter­ri­toires pales­ti­niens constaté actuel­lement. De son côté, le ministre français des Affaires étran­gères, Bernard Kouchner, a fait savoir que « Français et Pales­ti­niens par­tagent la même analyse : retourner aux négo­cia­tions poli­tiques dans de bonnes condi­tions », a-​​t-​​il relevé en rap­pelant que Paris a proposé la tenue d’une confé­rence inter­na­tionale. « Nous tra­vaillons le cadre, la sub­stance », a-​​t-​​il ajouté.

En parallèle à la tournée de M. El Malki en Europe, le pré­sident pales­tinien, Mahmoud Abbas, a inter­pellé le Conseil de sécurité pour qu’il recon­naisse un Etat indé­pendant, en raison du blocage du pro­cessus de paix et de l’intransigeance d’Israël. M. Abbas a déclaré, lors de la tenue du conseil national de l’Organisation de libé­ration de la Palestine (OLP), hier à Ramallah, « pourquoi se tourner vers l’ONU ? Parce que les négo­cia­tions sont inter­rompues. Pourquoi sont-​​elles inter­rompues ? Parce qu’Israël ne peut pas arrêter sa colo­ni­sation et recon­naître la loi inter­na­tionale ». « Les Israé­liens nous accusent d’agir uni­la­té­ra­lement, mais eux agissent uni­la­té­ra­lement tous les jours », a-​​t-​​il ajouté. Le conseil national de l’OLP se pen­chera également, lors de ses travaux qui se ter­mi­neront aujourd’hui, sur un dossier épineux : celui de la pro­lon­gation du mandat de l’actuel pré­sident Mahmoud Abbas.

Selon toute vrai­sem­blance, la direction de l’OLP, afin de désa­morcer la crise inter­pa­les­ti­nienne, devrait se pro­noncer en faveur de la pro­ro­gation du mandat du pré­sident ainsi que celui du Par­lement pales­tinien, qui expirent le 24 janvier 2010. A ce sujet, M. Abbas, lors de son allo­cution d’ouverture, a assuré que les élec­tions géné­rales se tien­dront, mais sans donner une date précise. Il a déclaré :« Il y aura des élec­tions légis­la­tives, c’est ce que nous appelons de nos voeux, et c’est ce qui doit se pro­duire en dépit des obs­tacles posés par le Hamas. » En conflit ouvert depuis juin 2007, l’Autorité pales­ti­nienne et le Hamas n’arrivent pas à se mettre d’accord sur un calen­drier élec­toral. Hamas, qui contrôle la bande de Ghaza, a refusé de signer une pro­po­sition de « récon­ci­liation nationale inter­pa­les­ti­nienne ». Une pro­po­sition qui prévoit, entre autres, le report des élec­tions géné­rales au 28 juin 2010. Une récon­ci­liation néces­saire, selon le très popu­laire leader pales­tinien Marwan Bar­ghouthi, actuel­lement en prison.

Il a déclaré qu’une récon­ci­liation nationale « était une condition sine qua non à la tenue des élec­tions pales­ti­niennes. Les élec­tions pré­si­den­tielle et légis­lative doivent être orga­nisées après la récon­ci­liation et dans le contexte d’un accord national complet ». Dans une interview accordée à l’AFP, M. Bar­ghouthi a sou­haité que « le scrutin se déroule simul­ta­nément en Cis­jor­danie occupée, y compris à Jérusalem-​​Est et dans la bande de Ghaza. Sans cela, il sera dif­ficile de tenir des élec­tions, cela n’en vaudra peut-​​être même pas la peine », a-​​t-​​il martelé. M. Bar­ghouthi est condamné à per­pé­tuité par un tri­bunal israélien pour son rôle dans l’intifadha.