Proche-​​Orient : Israël poursuit la colo­ni­sation sans réaction de la France et des Européens.

Communiqué du Parti communiste français, lundi 2 juin 2008

"Les auto­rités israé­liennes annoncent la construction de 884 loge­ments à Jerusalem-​​Est, pour­suivant ainsi une colo­ni­sation qui n’a jamais cessé dans les faits"

A la veille d’une ren­contre entre le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, et le Pré­sident Pales­tinien Mahmoud Abbas, les auto­rités israé­liennes annoncent la construction de 884 loge­ments à Jerusalem-​​Est, pour­suivant ainsi une colo­ni­sation qui n’a jamais cessé dans les faits et tenant pour négli­geable les décla­ra­tions du Quartet qui, le 2 mai dernier, appelait Israël à geler la colo­ni­sation, y compris celle de crois­sance natu­relle c’est à dire dans les colonies existantes.

Les diri­geants de Tel Aviv ne se gênent pas, de façon pro­vo­ca­trice, pour bafouer les accords conclus, le droit inter­na­tional et les réso­lu­tions de l’ONU, pour continuer leur poli­tique brutale de faits accomplis puisque, mani­fes­tement, en dehors de quelques décla­ra­tions qui ne font peur à per­sonne, ni la France ni l’ Union euro­péenne, et cer­tai­nement pas les Etats-​​Unis, n’ont la volonté de faire quoi que ce soit afin d’empêcher si peu que ce soit le pro­cessus de dépos­session et d’expulsion dont sont vic­times les Palestiniens.

Ehud Olmert se permet même de repousser sine die la négo­ciation indi­recte d’une trêve avec le Hamas par l’intermédiaire de l’ Egypte pour aller chercher un soutien à Washington auprès de George Bush.

Alors qu’en ce dimanche 1er juin ces infor­ma­tions sont publiques depuis près de 8 heures ce matin, les auto­rités fran­çaises n’ont pas cru bon réagir.

En accordant un soutien inac­cep­table aux auto­rités israé­liennes la France, par son inaction et sa démission, contribue à nourrir les frus­tra­tions pro­fondes et les désirs de revanche qui ne man­queront pas de pro­duire de nou­velles vio­lences et d’ entre­tenir la très dan­ge­reuse impasse actuelle au Proche-​​Orient.

Déci­dément, il est aujourd’hui légitime de se demander si la poli­tique étrangère fran­çaise est conduite avec le sens de la res­pon­sa­bilité et du respect du droit, ce qui consti­tuerait le minimum de ce que l’on peut attendre d’un membre per­manent du Conseil de Sécurité des Nations-​​Unies. La diplo­matie fran­çaise, ou ce qu’il en reste, est en crise.