Prix Palestine-​​Mahmoud Hamchari 2007

Palestine-​​Mahmoud Hamchari 2007, vendredi 16 novembre 2007

Le Prix Palestine-​​Mahmoud Hamchari 2007 décerné à
- René BACKMANN pour son livre "UN MUR EN PALESTINE"
- et à Jimmy CARTER (Prix spécial du Jury) pour "PALESTINE : LA PAIX , PAS L’APARTHEID"

Le Jury du Prix PALESTINE-​​MAHMOUD HAM­CHARI - du nom du premier repré­sentant de l’Organisation de Libé­ration de la Palestine en France, assassiné à Paris en 1972 par le Mossad - s’est réuni le lundi 12 Novembre en vue de désigner son lauréat 2007.

Le choix du Jury, présidé cette année par Alain Gresh, jour­na­liste, ancien rédacteur en Chef du Monde Diplo­ma­tique, s’est porté dès le 1° tour de scrutin (8 voix sur 11 suf­frages exprimés) sur le livre de

René BACKMANN Un Mur en Palestine publié aux Edi­tions Fayard (Juillet 2007).

Préa­la­blement à ce choix, le Jury a décidé à l’unanimité d’attribuer un Prix spécial au livre de l’ancien Pré­sident des Etats-​​Unis Jimmy CARTER : Palestine : la paix, pas l’Apartheid paru (tra­duction en Français de Jean-​​Paul Mourlon) aux Edi­tions de l’Archipel en octobre dernier.

Rédacteur en Chef au Nouvel Obser­vateur où il dirige le Service Etranger, René Backmann couvre depuis 25 ans l’actualité poli­tique au Proche Orient. Il est déjà l’auteur de plu­sieurs ouvrages dont Les Polices de la Nou­velle Société, en col­la­bo­ration avec Claude Angeli (François Maspéro) et Les Medias et l’Humanitaire en col­la­bo­ration avec Rony Braumann (CFPJ).

En cou­ronnant Un Mur en Palestine, le Jury a voulu dis­tinguer « le for­mi­dable travail d’un jour­na­liste », « un témoi­gnage excluant tout esprit de pro­pa­gande », un livre qui nous inter­pelle : « Le Mur de Palestine est-​​il un moyen de lutte contre le ter­ro­risme ou un barrage contre la paix ? »

Auteur lui aussi de bon nombre d’ouvrages - et, parmi les plus récents, de Parlons de Paix (Michel Lafon) et de Le Guêpier (Ada), l’ancien Pré­sident des Etats-​​Unis (19771980) et Prix Nobel de la Paix (2002) Jimmy Carter ne craint pas dans Palestine : la Paix, pas l’Apartheid de faire réfé­rence à la poli­tique de ségré­gation raciale pra­tiquée en Répu­blique d’Afrique du Sud à partir de 1948 pour dénoncer les pra­tiques abu­si­vement répres­sives du Gou­ver­nement Israélien à l’encontre des Pales­ti­niens. Des pra­tiques illus­trées notamment « par les bar­rières grillagées, les détec­teurs élec­triques, les blocs de béton ins­tallés le long de la fron­tière avec la Cis­jor­danie, privant les popu­la­tions de leurs droits fondamentaux ».

Au-​​delà de l’expression véhé­mente de cette dénon­ciation, c’est l’ouvre de médiation constante dans les conflits inter­na­tionaux entre­prise par l’ancien Pré­sident Amé­ricain ( il fut notamment en 2005 et 2006 un obser­vateur vigilant lors des élec­tions en Palestine) que le Jury du Prix Palestine Ham­chari a tenu à récompenser.

Comme les années pré­cé­dentes, le Jury a été confronté à un choix dif­ficile : le troi­sième tome (un qua­trième est attendu en 2008) de La Question Pales­ti­nienne d’Henry Laurens : l’accomplissement des pro­phéties (Fayard-​​ Mai 2007) qui évoque « avec un éclairage tou­jours aussi excep­tionnel » la période cru­ciale de 1947 à 1967 étant salué par tous comme « une oeuvre majeure ».La consé­cration devrait venir l’année pro­chaine pour la 32° attri­bution du Prix.

Dans un genre dif­férent, le récit atta­chant du jeune auteur pales­tinien Mahmoud Abou Hashhash qui dirige le pro­gramme « Culture et Arts » à la Fon­dation Qattan à Ramallah : Ramallah, mon amour témoigne de l’essor pro­metteur de la jeune lit­té­rature pales­ti­nienne. Deux voix se sont portées sur cet ouvrage dont la tra­duction de l’arabe en français (Emma Aubin - Bol­tanski et Leïla Tahir) a été una­ni­mement appréciée par le Jury.

Déjà lauréat du Prix Palestine-​​ Ham­chari pour l’ensemble de son ouvre (1994) le poète Mahmoud Darwich qui vient de publier un nouveau recueil de poèmes : Comme des fleurs d’amandier ou Plus loin (Actes Sud - Sep­tembre 2007) n’attend plus une consé­cration qui lui est depuis long­temps acquise. Tou­jours fidèle au rendez-​​vous du Prix, il y reçoit chaque fois l’accueil admi­ratif et cha­leureux qui lui revient de droit.

Le Jury s’est plu enfin, à sou­ligner le mérite du roman d’Elias Khoury, écrivain et jour­na­liste libanais lui aussi lar­gement reconnu : Comme si elle dormait (Actes Sud - Sep­tembre 2007). Un ouvrage « qui frappe par ses réfé­rences constantes à la poésie arabe clas­sique et à la légende dorée des saints de l’Eglise d’Orient ».

Les lau­réats (ou leurs repré­sen­tants) rece­vront leurs prix le lundi 3 Décembre à 19 heures à l’Institut du Monde Arabe (Salle du Haut Conseil), 1, Rue Fossés Saint Bernard 75005 Paris et se prê­teront ensuite à une séance de dédicace.

Rap­pelons que le Jury du Prix Palestine-​​Mahmoud Ham­chari (créé en 1973 à l’initiative de l’Association de Soli­darité Franco Arabe et de la revue France Pays Arabes) est constitué de 11 membres : Mmes. Marie-​​ Claude Vignaud-​​Al Ham­chari, Kenizé Mourad et Huguette Pérol et Mrs. Paul Balta, Jean-​​ Paul Cha­gnollaud, Alain Gresh,Henri Loucel, Jean Rabi­novici, Phi­lippe de Saint Robert, Robert Vial (secré­taire per­manent du Jury) et Domi­nique Vidal.

Le Jury du Prix 2008 - qui se propose d’élargir son choix à des fic­tions ou docu­men­taires ciné­ma­to­gra­phiques - sera présidé par Kenizé Mourad, écrivain.