Première visite d’un ministre égyptien des AE en Israël depuis 9 ans

La rencontre de Sameh Choukri avec Benjamin Netanyahu vise à relancer le processus de paix israélo-palestinien.

L’Orient le Jour avec AFP, lundi 11 juillet 2016

Le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukri (à gauche) a rencontré hier le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour tenter de relancer les négociations de paix israélo-palestiniennes. Gali Tibbon/AFP

Le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukri a rencontré hier le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour tenter de relancer les négociations de paix israélo-palestiniennes, à l’occasion de la première visite d’un chef de la diplomatie égyptienne en Israël depuis 9 ans. Sa visite fait suite à la proposition faite en mai par le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi d’aider à relancer le processus de paix israélo-palestinien, au point mort depuis plus de deux ans.

« C’est une période charnière pour le Moyen-Orient », a déclaré Sameh Choukri avant la première de ses deux réunions prévues hier avec M. Netanyahu à Jérusalem. Le règlement du conflit israélo-palestinien aurait « un impact significatif et considérable sur la situation globale dans la région du Moyen-Orient », a assuré M. Choukri. « L’Égypte est toujours prête à contribuer aux efforts pour réaliser cet objectif », a-t-il ajouté. Il a également souligné que « la situation était en constante détérioration » sur le terrain et estimé nécessaires « des démarches sérieuses pour établir des mesures de confiance » entre Palestiniens et Israéliens.

M. Netanyahu a pour sa part « salué la récente proposition du président Sissi et les efforts des responsables égyptiens pour faire avancer la paix avec les Palestiniens et une paix plus globale dans notre région ».

Médiation

En annonçant le déplacement de M. Choukri, Le Caire avait indiqué que les deux hommes allaient étudier les « mesures de confiance » à établir afin de « créer un environnement favorable à la reprise des négociations directes » entre les deux parties « dans le but de parvenir à une solution durable et juste ». D’après un responsable israélien, M. Netanyahu a par ailleurs demandé au ministre égyptien l’aide de l’Égypte pour obtenir la remise à Israël des corps de deux soldats israéliens aux mains du Hamas dans la bande de Gaza, ainsi que de deux civils israéliens détenus par le mouvement islamiste dans l’enclave palestinienne frontalière de l’Égypte.

L’Égypte a maintes fois joué un rôle de médiateur dans le conflit israélo-palestinien, après être devenu en 1979 le premier pays arabe – et l’un des deux seuls à ce jour avec la Jordanie – à avoir signé un accord de paix avec Israël. Les deux pays coopèrent également au niveau du renseignement. Le général Yair Golan, chef d’état-major adjoint de l’armée israélienne, a fait état en avril d’une coopération « sans précédent » avec les services de renseignements égyptien et jordanien pour lutter contre les groupes jihadistes comme l’État islamique (EI). Les relations entre les deux pays restent toutefois un sujet sensible dans l’opinion publique et les médias égyptiens.

Sameh Choukri s’était aussi rendu fin juin à Ramallah en Cisjordanie, siège de l’Autorité palestinienne présidée par Mahmoud Abbas, pour y rencontrer des responsables palestiniens.

L’Égypte et Israël coopèrent également au niveau du renseignement. Le général Yair Golan, chef d’état-major adjoint de l’armée israélienne, a fait état en avril d’une coopération « sans précédent » avec les services de renseignements égyptien et jordanien pour lutter contre les groupes jihadistes comme l’État islamique (EI). M. Choukri a donc souligné hier que la situation dans la région « devenait très volatile et dangereuse, notamment en raison du phénomène du terrorisme qui croît et prolifère, représentant une menace existentielle pour les peuples de la région et du monde tout entier ».