Première rencontre entre Abbas et Mechaal depuis la réconciliation palestinienne

L’Orient le Jour, mardi 6 mai 2014

Le président palestinien Mahmoud Abbas et le chef du Hamas, au pouvoir à Gaza, Khaled Mechaal, se sont rencontrés hier à Doha pour la première fois depuis la conclusion d’un nouvel accord de réconciliation nationale, a-t-on appris de sources concordantes.

« Au cours de la réunion, qui s’est déroulée dans une atmosphère positive, les deux dirigeants palestiniens ont exprimé leur volonté sérieuse d’ouvrir une nouvelle page fondée sur le partenariat national », a ajouté le Hamas dans un communiqué. Une source à la présidence palestinienne à Ramallah en Cisjordanie avait, elle, annoncé le début de la rencontre en fin de matinée, peu après que M. Abbas eut été reçu par l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani.

Le dirigeant du Hamas s’est installé à Doha à la suite de son départ de Damas en raison de la guerre civile qui ensanglante la Syrie depuis 2011. La dernière rencontre entre les deux hommes, au Caire, remonte à janvier 2013.

Rappelons que l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) de M. Abbas, dominée par son mouvement nationaliste, le Fateh, et le Hamas ont signé le 23 avril un nouvel accord pour mettre fin à la division politique depuis 2007 entre la Cisjordanie et la bande de Gaza, respectivement gouvernées par l’Autorité palestinienne et la formation islamiste. Reprenant les termes de précédents accords de réconciliation signés depuis trois ans, mais restés lettre morte, ce document prévoit la formation sous cinq semaines d’un gouvernement transitoire de consensus composé de personnalités indépendantes, sans mandat politique, selon les signataires. Cet exécutif non partisan aura pour missions principales de restructurer les services de sécurité, préparer des élections dans un délai de six mois et reconstruire la bande de Gaza, comme le prévoient les précédents accords de réconciliation signés au Caire depuis 2011 et à Doha en 2012.

Sur le volet de la sécurité, « des procédures administratives ont été engagées pour le retour de 3 000 membres des forces de sécurité de Ramallah (de l’Autorité) pour travailler dans les services de sécurité à Gaza », a annoncé dimanche le secrétaire général du gouvernement du Hamas à Gaza, Abdessalam Siyam, précisant que « la situation sur le plan de la sécurité dans la bande de Gaza restera inchangée pendant la période transitoire ».

Israël a suspendu les pourparlers de paix avec les Palestiniens au lendemain de cet accord, avant même l’échéance des neuf mois impartis aux négociations, le 29 avril, malgré les assurances de M. Abbas que le futur gouvernement transitoire suivrait sa politique et non celle du Hamas. « Soit le Hamas renonce à la destruction d’Israël, adopte le chemin de la paix et dénonce la terreur, soit le président Abbas renonce au Hamas », avait alors sommé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Plus optimiste, un haut gradé de l’armée israélienne a dit hier espérer « des résultats positifs » pour la sécurité d’Israël de l’accord de réconciliation palestinienne. Pour le général Mickey Edelstein, en charge de la division « Gaza », le niveau de coopération sécuritaire actuel entre Israël et les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne pouvait laisser « espérer un changement pour le mieux » de la situation sécuritaire entre Israël et Gaza. La coopération sécuritaire avec l’Autorité palestinienne est cruciale pour les forces de sécurité israéliennes, surtout en cas de « nécessité d’élimination ciblée » à Gaza ou en cas de « menace terroriste » en Cisjordanie, selon les médias israéliens.