Pourquoi il ne faut rien attendre de l’échange Shalit pour le processus de paix

Gilles Paris, dimanche 23 octobre 2011

Benyamin Néta­nyahou… va tirer comme le Hamas un bénéfice poli­tique évident de cette libération

On se rac­croche tou­jours aux bonnes nou­velles, quelles qu’elles soient. Depuis la libé­ration du soldat israélien Gilad Shalit, qui dispose aussi de la natio­nalité fran­çaise, de nom­breuses voix s’élèvent pour espérer un effet ver­tueux sur le pro­cessus de paix, aujourd’hui com­plè­tement à l’arrêt.

Rien n’est moins sûr : les libé­ra­tions de pri­son­niers pales­ti­niens (en deux vagues) obtenues en échange pro­fi­teront au mou­vement radical Hamas, pas au Fatah de Mahmoud Abbas qui campe d’ailleurs sur une ligne uni­la­térale avec son ini­tiative de recon­nais­sance à l’ONU.

Le Hamas dit voir légi­timée la stra­tégie de la lutte armée. Côté israélien, il y a les inter­ro­ga­tions sur les consé­quences de l’échange et sur le ratio jugé exhor­bitant de 1 pour 1000.

Dans le dis­cours hier du premier ministre Benyamin Nétanyahou, qui va tirer comme le Hamas un bénéfice poli­tique évident de cette libé­ration dans un contexte social et inter­na­tional dif­ficile, pas une seule mention d’une éven­tuelle relance du pro­cessus de paix.