« Pourquoi il faut négocier avec le Hamas »

Michael Blum, jeudi 2 septembre 2010

OPINION :
Un colon, jour­na­liste, explique pourquoi il pense qu’il faut parler avec le Hamas

« Alors qu’Israël s’apprête à reprendre des pour­parlers avec l’Autorité pales­ti­nienne sous l’égide de l’administration amé­ri­caine, on est en droit de se demander si ces négo­cia­tions ont une chance de mener à la création d’un état pales­tinien. La réponse est claire comme de l’eau de roche, il n’y a aucune chance que le dia­logue entre Abbas et Neta­nyahou puisse contribuer à changer véri­ta­blement la situation dans la région, tant que la bande de Gaza est sous le contrôle du Hamas avec lequel il n’y aucun dialogue.

A l’heure actuelle, le Hamas et le Fatah n’arrivent pas véri­ta­blement à s’entendre pour former un gou­ver­nement d’union nationale et quand Mahmoud Abbas qui a repoussé la date des élec­tions dans les Ter­ri­toires pales­ti­niens négocie avec Neta­nyahou, on est en droit de se demander au nom de qui il parle. Et puis, diront cer­tains, si le Fatah est inca­pable de négocier avec le Hamas, comment demander à Israël de s’asseoir avec les isla­mistes qui appellent de leurs vœux la des­truction de l’Etat d’Israël.

En Israël, il n’est pas question de négocier avec le Hamas, car on ne parle pas avec des ter­ro­ristes, or en 1993, quand le gou­ver­nement a accepté de recon­naître l’OLP et de s’asseoir à la même table de négo­cia­tions qu’Arafat, les diri­geants de l’OLP n’étaient pas moins « ter­ro­ristes » pour les Israé­liens que le sont les diri­geants actuels du Hamas.

Le Hamas ne reconnaît pas l’existence d’Israël, affirment cer­tains Israé­liens, mais je me demande en quoi Israël, 62 ans après sa création, a besoin d’être reconnu par le Hamas ? Israël existe, et a gagné toutes les guerres contre ses voisins et en tant qu’Israélien, la recon­nais­sance du Hamas m’importe peu. Je suis en faveur d’un dia­logue avec les véri­tables ennemis afin d’arriver à une paix durable dans la région. Parler avec le Hamas, c’est assurer qu’on négocie avec ceux qui appa­remment diri­geront dans l’avenir l’ensemble des ter­ri­toires palestiniens.

Je ne vois aucune dif­fé­rence fon­da­mentale entre le Hamas qui refuse de recon­naître Israël et le Fatah qui refuse d’accepter le terme d’état juif auquel Binyamin Neta­nyahou tient tel­lement. On négocie avec le Hamas par l’intermédiaire de l’Egypte et du médiateur allemand pour l’échange de pri­son­niers contre Gilad Shalit, alors pourquoi ne pas pour­suivre les négo­cia­tions pour arriver à un modus vivendi dans la région ? Il faut négocier avec les isla­mistes du Hamas sur l’avenir de la bande de Gaza et des ter­ri­toires pales­ti­niens, sans faire de conces­sions ris­quant de mettre en péril l’avenir de l’Etat d’Israël, mais pour jus­tement assurer un avenir meilleur aux Israé­liens et aux Palestiniens. »