Pourquoi Israël a -t-​​il attaqué la Syrie ?

Jonathan Cook, samedi 3 novembre 2007

Les frappes aériennes israé­liennes sur le nord de la Syrie un peu plus tôt ce mois-​​ci (sep­tembre 2007)doivent être replacées dans le contexte des événe­ments qui ont eu lieu depuis l’attaque du voisin libanais l’été précédent.

Bien qu’on ait du se contenter de rumeurs à propos ce qui s’était produit, un ins­titut de pré­vision stra­té­gique, Stratfor, a pu conclure que « quelque chose d’important s’était passé ».

Jusqu’à présent, les fuites sug­gèrent que plus d’une demi-​​douzaine de chas­seurs israé­liens ont violé l’espace aérien syrien pour larguer des bombes sur un site à proximité de la fron­tière avec la Turquie. Grâce aux médias amé­ri­cains nous savons également que ce « quelque chose » s’est passé suite à une coor­di­nation étroite avec la Maison Blanche. Mais quels étaient l’objectif et la signi­fi­cation de cette attaque ?

Il est important de se rap­peler que suite à la guerre menée pendant un mois par Israël contre le Liban il y a un an, un néo-​​conservateur amé­ricain de tout premier ordre, Meyrav Wurmser, la femme de l’ancien conseiller pour le Moyen-​​Orient de Dick Cheney, avait expliqué que la guerre avait duré parce que la Maison Blanche avait tardé à imposer un cessez-​​le-​​feu. Elle ajouta que les néo-​​conservateurs vou­laient laisser du temps et des marges de manœuvre à Israël pour pro­longer l’offensive vers Damas.

Leur rai­son­nement était simple : pour qu’une offensive contre l’Iran puisse être approuvée, il fallait détruire le Hez­bollah libanais et au moins refroidir les ardeurs de la Syrie. La stra­tégie consistait à isoler Téhéran sur ces deux autres fronts hos­tiles avant de porter l’estocade.

Mais soumis à d’incessants tirs de roquettes du Hez­bollah l’été dernier, les nerfs israé­liens - ceux de l’opinion publique et ceux de l’armée, ont craqué au premier obs­tacle. Israël et les Etats-​​Unis ont été forcés de se contenter d’une réso­lution du Conseil de Sécurité au lieu d’une triom­phale vic­toire militaire.

Cette offensive ratée eut pour retombée immé­diate une baisse signi­fi­cative de l’influence des néo-​​conservateurs. Leur projet de « des­truction créa­trice » pour le Moyen-​​Orient - favo­riser une guerre civile régionale et la par­tition des grands pays qui menacent Israël - ris­quait d’être mis de côté.

A la place, le camp des « prag­ma­tiques » de l’administration Bush, mené par la Secré­taire d’Etat Condo­leezza Rice et le nouveau Secré­taire d’Etat à la Défense Robert Gates, exigea une nou­velle approche. L’impasse sem­blait totale fin 2006 quand le pétrolier James Baker et son Groupe d’étude sur l’Irak com­mença un lob­bying en faveur d’un retrait pro­gressif d’Irak - très pro­ba­blement seulement après qu’un dic­tateur plus fiable soit de nouveau mis en place à Bagdad. Tout sem­blait indiquer que l’heure de gloire des néo-​​conservateurs était passée.

Les leaders israé­liens ont saisi la gravité de la situation. En janvier 2007, lors de la confé­rence d’Herzliya, le barnum annuel des grands stra­tèges, pas moins de 40 fai­seurs d’opinions de Washington furent invités à se joindre au tra­di­tionnel cortège d’hommes poli­tiques, de généraux, de jour­na­listes et d’universitaire israé­liens. Pendant une semaine, les repré­sen­tants israé­liens et amé­ri­cains par­lèrent de concert : l’Iran, et son présumé homme de paille le Hez­bollah, visaient la des­truction totale d’Israël. Le déve­lop­pement d’un pro­gramme nucléaire par Téhéran - qu’il soit à des fins civils, selon l’Iran, ou mili­taires, selon les Etats-​​Unis ou Israël, devait à tout prix être stoppé.

Pendant que durant tout le prin­temps et l’automne la Maison Blanche se tenait excep­tion­nel­lement silen­cieuse quant à ses inten­tions, les rumeurs prêtant à Israël l’intention d’une attaque soli­taire contre l’Iran prirent chaque jour un peu plus d’ampleur. D’anciens offi­ciers du Mossad pré­di­saient une inévi­table troi­sième guerre mon­diale, les ser­vices secrets mili­taires israé­liens affir­maient que d’ici à peine quelques mois l’Iran aurait réussi à fabriquer une tête nucléaire, des fuites nom­breuses dans des média bien­veillants fai­saient état de vols d’entraînement au-​​dessus de Gibraltar, et Israël accentua la pression sur plu­sieurs dizaines de mil­liers de juifs pour les inciter à quitter Téhéran pour Israël.

Alors que les ana­lystes occi­dentaux recon­nais­saient qu’une offensive contre l’Iran était de plus en plus impro­bable, pendant la pre­mière partie de l’année les voisins d’Israël res­tèrent des obser­va­teurs anxieux, au fur et à mesure que se des­sinait de plus en plus net­tement le spectre d’une guerre régionale. C’est en par­ti­culier la Syrie, après avoir été témoin du déchaî­nement de vio­lence sur le Liban l’été dernier, qui redoutait que frappe à sa porte la cam­pagne américano-​​israélienne visant à briser le réseau d’alliances régio­nales de Téhéran. La Syrie pensait, et avait pro­ba­blement raison de penser, que ni les Etats-​​Unis ni Israël n’oseraient attaquer l’Iran sans d’abord mettre au pas le Hez­bollah et Damas.

Cela faisait long­temps que la Syrie ne se faisait plus d’illusions quant aux inten­tions de Washington. Elle n’avait pas réussi à se débar­rasser de son statut de paria après le 11 sep­tembre, bien qu’elle ait fourni des ren­sei­gne­ments à la CIA sur Al-​​Quaida et qu’elle ait secrè­tement proposé la paix à Israël malgré la plaie ouverte du plateau du Golan. A chaque fois elle fut éconduite.

Les pro­ba­bi­lités d’une guerre aug­mentant pendant le prin­temps, la réponse syrienne ne surprit per­sonne. Elle s’approvisionna sur le marché aux armes de Moscou en mis­siles anti-​​aériens et en bat­teries anti-​​chars, du type de ceux uti­lisés par le Hez­bollah et qui firent preuve d’une grande effi­cacité l’été pré­cédent pour repousser l’invasion ter­restre du Sud Liban pla­nifiée par Israël.

Comme le concéda avec regret le célèbre his­torien mili­taire israélien Martin van Creveld un peu plus tôt cette année, la stra­tégie amé­ri­caine forçait Damas à rester dans le giron peu accueillant de l’Iran : “il est pro­bable que le pré­sident syrien Bashar al-​​Assad se retrouve plus dépendant de son homo­logue iranien, Mahmoud Ahma­di­nejad, qu’il ne le souhaiterait”.

Tou­jours prompt à tra­vestir volon­tai­rement le com­por­tement d’un ennemi, Israël considéra l’armement mili­taire de la Syrie comme preuve de l’appétit de Damas pour la guerre. Redoutant appa­remment que la Syrie puisse déclencher une offensive en prenant à tort les signaux en pro­ve­nance d’Israël pour des preuves d’une intention bel­li­queuse, le Premier ministre israélien, Ehud Olmert demanda à la Syrie d’éviter “tout mauvais calcul”. L’opinion israé­lienne se prépara pendant tout l’été à une guerre bien plus dan­ge­reuse que celle de l’été pré­cedent le long de sa fron­tière nord.

C’est à ce moment-​​là, en pleine tension, qu’Israël déclencha son attaque, lançant plu­sieurs chas­seurs en ter­ri­toire syrien pour une mission éclair visant à bom­barder un site près de Dayr a-​​Zwar. Au moment où la Syrie offi­cialisa la nou­velle de l’attaque, on pouvait voir à la télé­vision les généraux israé­liens célébrer le nouvel an juif mais refusant tout commentaire.

Les détails sont depuis restés rares : Israël imposa un black-​​out sur l’information qui fut sévè­rement contrôlé par la censure mili­taire du pays. C’est aux média occi­dentaux qu’incomba la tâche de spé­culer sur ce qui s’était passé.

Aucun des sages et des ana­lystes ne sou­ligna qu’en atta­quant la Syrie, Israël com­mettait un acte d’agression fla­grant contre son voisin du nord, du type de ceux dénoncés comme "crime inter­na­tional suprême" par le tri­bunal mili­taire de Nuremberg.

De même, per­sonne ne dénonça le deux poids - deux mesures fla­grant appliqué à l’offensive israé­lienne contre la Syrie comparé à la bien moindre vio­lation de la sou­ve­raineté israé­lienne commise par le Hez­bollah un an plus tôt, quand des milices chiites cap­tu­rèrent deux soldats israé­liens à un poste fron­tière et en tuèrent trois autres. Beaucoup firent de l’acte du Hez­bollah la jus­ti­fi­cation du bom­bar­dement et de la des­truction de la majeure partie du Liban, même si quelques âmes déli­cates se deman­dèrent si la réponse d’Israël n’était pas « dis­pro­por­tionnée ». Est-​​ce que ces ana­lystes approu­ve­raient aujourd’hui une réplique simi­laire de la Syrie ?

Cette question fut de toute évidence délaissée car, comme le mon­trait la cou­verture média­tique occi­dentale, per­sonne - notamment les leaders israéliens-​​ ne croyait que la Syrie était en mesure de répondre mili­tai­rement à l’offensive israé­lienne. La peur d’un « mauvais calcul » émise par Olmert s’était évaporée dès qu’Israël fit le calcul pour Damas. Mais qu’espérait gagner Israël avec ces frappes ?

Des média amé­ri­cains, moins bâillonnés, émergent des his­toires qui laissent sug­gérer deux scé­narii. Le premier affirme qu’Israël visait des convois ira­niens des­tinés au Hez­bollah et qui pas­saient par la Syrie ; le second qu’Israël a bom­bardé une vieille cen­trale nucléaire syrienne dans laquelle étaient déchargés des maté­riaux en pro­ve­nance de Corée du Nord, peut-​​être dans le cadre d’un pro­gramme nucléaire commun de Damas et de Téhéran.

(Quant aux spé­cu­la­tions sur un test des défenses anti-​​aériennes syriennes par Israël en vue d’une offensive contre l’Iran, elles ignorent le fait que l’aviation israé­lienne choi­sirait presque à coup sûr un plan de vol via l’espace aérien de la Jor­danie, qui lui est plus amicale).

Quelle crédibilité accorder à ces deux scénarii ?

Les accu­sa­tions contre Damas portant sur la question nucléaire furent si rapi­dement aban­données par les experts de la région que Washington atténua rapi­dement son accu­sation et se limita à affirmer que la Syrie cachait des maté­riaux pour le compte de la Corée du Nord. Mais pourquoi la Syrie, alors qu’elle est déjà har­celée par Israël et les Etats-​​Unis, fournirait-​​elle un tel pré­texte en or pour se faire battre ? Pourquoi, de la même façon, la Corée du Nord ruinerait-​​elle l’accord sur le désar­mement qu’elle a chè­rement négocié des Etats-​​Unis ? Et pourquoi, si la Syrie s’était secrè­tement lancée dans un pro­gramme nucléaire, aurait-​​elle alerté le monde entier en révélant les frappes israéliennes ?

La seconde jus­ti­fi­cation de l’attaque avait au moins le mérite d’être ancrée dans une réalité plus tan­gible : il est incon­tes­table que Damas, le Hez­bollah et l’Iran ont des équi­pe­ments mili­taires en commun. Mais leur alliance devrait être perçue comme le type de pacte défensif indis­pen­sable à des acteurs vul­né­rables d’une région dominée par les Sun­nites, où les Etats-​​Unis recherchent un contrôle absolu du pétrole et ne sou­tiennent que les régimes répressifs qui col­la­borent aux condi­tions qu’on leur impose. Tous trois savent bien que c’est le boulot d’Israël que de ter­ro­riser et de punir les régimes dissidents.

Contrai­rement à l’impression que l’on veut donner en occident et notamment à travers les fré­quentes mau­vaises tra­duc­tions des dis­cours d’Ahmadinejad, une haine exter­mi­na­trice envers Israël et les Juifs n’est pas ce qui relie ces trois pays.

Cependant, les jus­ti­fi­ca­tions des frappes israé­liennes ont une signi­fi­cation poli­tique, en ce qu’elles rap­prochent intel­li­gemment plu­sieurs éléments d’un même argu­men­taire dont les néo-​​conservateurs et Israël ont besoin pour jus­tifier une offensive contre l’Iran avant que Bush ne quitte ses fonc­tions en 2009. Chaque scé­nario met en avant un « axe du mal » chiite, coor­donné par l’Iran, our­dissant acti­vement la des­truction d’Israël. Et chaque his­toire offre le pré­texte d’une offensive contre la Syrie, prélude d’une attaque pré­ventive contre Téhéran - lancée soit par Washington, soit par Israël - pour sauver Israël.

Le fait que ces his­toires semblent avoir été ins­tillées dans les média amé­ri­cains par des rois de la pro­pa­gande néo-​​conservateurs comme John Bolton aurait du nous alerter - de même que l’aveu que la seule preuve d’actes mal­veillants de la Syrie vienne de « ren­sei­gne­ments » israé­liens, dont la véracité ne peut être mise en cause puisque Israël ne confirme pas offi­ciel­lement l’offensive.

Pas besoin de pré­ciser que nous sommes de nouveau dans un jeu de miroirs, tout comme dans la période pré­cédant l’invasion amé­ri­caine en Irak et depuis l’occupation qui s’ensuivit.

La “guerre contre le ter­ro­risme” de Bush était ini­tia­lement jus­tifiée par les liens pra­tiques et fabriqués entre l’Irak et Al-​​Qaeda, ainsi que bien sûr par les armes de des­truction massive qui, on l’apprit plus tard, avaient été détruites plus de 10 ans aupa­ravant. Mais depuis Téhéran a tou­jours été la cible ultime de ces incroyables inventions.

Il y eut les faux docu­ments prouvant que l’Irak avait importé de l’uranium enrichi du Niger pour fabriquer des têtes nucléaires et qu’elle par­ta­geait son savoir-​​faire nucléaire avec l’Iran. Et quand l’Irak s’effondra, des idéo­logues néo-​​conservateurs comme Michael Ledeen pro­pa­gèrent immé­dia­tement une rumeur retraçant le chemin de l’introuvable arsenal nucléaire : des agents ira­niens l’auraient tout sim­plement escamoté en dehors d’Irak, pro­fitant du chaos créé par l’invasion américaine.

Depuis lors, nos média ont apporté la preuve que leur appétit pour des his­toires aussi fan­tai­sistes est bien présent. Si l’implication de l’Iran dans le soutien de ses frères chiites en Irak contre l’occupation amé­ri­caine est au moins cré­dible, on ne peut pas en dire autant de la ren­gaine de la Maison Blanche affirmant que Téhéran est der­rière les sou­lè­ve­ments sun­nites en Irak et en Afgha­nistan. Il y a quelques mois, les média « révé­laient » que l’Iran conspirait secrè­tement avec Al-​​Qaida et les milices sun­nites ira­kiennes pour expulser l’occupant américain.

A quoi servent les constantes insinuations contre Téhéran ?

Les der­nières accu­sa­tions doivent être consi­dérées comme exem­plaire de la volonté d’Israël et des néo-​​conservateurs de « créer leur propre réalité », selon la célèbre formule d’un conseiller de Bush pour résumer la phi­lo­sophie néo-​​conservatrice du pouvoir. Plus le Hez­bollah, la Syrie et l’Iran sont menacés par Israël, plus ils sont forcés de se rap­procher et d’agir en vue de se pro­téger - par exemple en se réarmant-​​ ce qui peut être tra­vesti en une menace « d’extermination » contre Israël et contre l’ordre mondial.

Van Creveld nota par le passé que Téhéran serait “fou” de ne pas chercher à fabriquer des armes nucléaires étant donné l’évidente logique des machi­na­tions d’Israël et des Etats-​​Unis pour ren­verser le régime. De la même manière, la Syrie ne peut se per­mettre de renoncer à son alliance avec l’Iran ou à son soutien au Hez­bollah. Dans le contexte actuel, ces liens sont le seul moyen à sa dis­po­sition pour pré­venir une attaque ou forcer les Etats-​​Unis et Israël à négocier.

Mais il est aussi question des preuves néces­saires à Israël et aux néo-​​conservateurs pour rendre la Syrie et l’Iran cou­pables aux yeux de l’opinion amé­ri­caine. L’offensive contre la Syrie fait partie d’une manœuvre intel­li­gente, visant à conquérir ou contourner les scep­tiques de l’administration Bush, à la fois en prouvant la culpa­bilité de la Syrie et en la pro­vo­quant à répondre.

Depuis le week-​​end [1], il sem­blerait que Condo­leezza Rice veuille inviter la Syrie à par­ti­ciper à une confé­rence régionale pour la paix voulue par le pré­sident Bush en novembre. Aucun doute qu’une telle ini­tiative de détente est farou­chement com­battue par Israël et les néo-​​conservateurs. Cela va à l’encontre de leur stra­tégie visant à impliquer Damas dans « l’arc chiite de l’extrémisme » et à pré­parer le terrain pour une offensive sur la véri­table cible : l’Iran.

Pendant ce temps, la Syrie se bat, comme depuis long­temps, avec la seule arme dont elle dispose : l’offensive diplo­ma­tique. Depuis deux ans, Bashar al-​​Assad propose un accord de paix généreux à Israël incluant le plateau du Golan, que Tel Aviv refuse de prendre en compte. Cette semaine, la Syrie a fait un geste sup­plé­men­taire vers la paix en pro­posant un autre ter­ri­toire occupé par Israël, les Fermes de Chebaa. Dans le cadre de cette pro­po­sition, les Fermes - qui appar­tiennent au Liban comme le reconnaît main­tenant les Nations Unies, mais qu’Israël continue d’attribuer à la Syrie et dont il condi­tionne la res­ti­tution à un accord sur le plateau du Golan - seraient placées sous contrôle des Nations Unies jusqu’à une réso­lution de la question de leur souveraineté.

Si les ini­tia­tives de Damas étaient reprises, la région pourrait envi­sager une ère de calme relatif et de sécurité. Ce qui est suf­fisant pour qu’Israël et les néo-​​conservateurs y soient tel­lement opposés. Ils doivent au contraire créer une nou­velle réalité - dans laquelle les puis­sances de la « des­truction créa­trice » si chères aux néo-​​conservateurs sub­mergent une partie une peu plus grande de la région. Pour nous, un voca­bu­laire plus simple suffit. On nous prépare à une catastrophe.

[1] 22-​​23 septembre