"Pour un musée en Palestine" : une exposition d’art en exil à Paris

L’Orient le Jour avec AFP, samedi 25 février 2017

Une collection d’oeuvres données par des artistes contemporains en vue de la construction d’un "musée national" à Jérusalem-est a été présentée vendredi à Paris dans le cadre d’une exposition intitulée "Pour un musée en Palestine".

Le projet s’inspire du "Musée de l’exil", porté dans les années 80 par des artistes internationaux pour dénoncer l’apartheid en Afrique du sud à l’époque où Nelson Mandela était encore en prison, a indiqué à l’AFP le plasticien français Ernest Pignon Ernest qui a sélectionné les pièces présentées à l’Institut du Monde Arabe (IMA) à Paris.

L’objectif, à terme est d’acquérir un terrain et de construire un bâtiment pour accueillir ces oeuvres : "nous espérons, mais c’est un combat, que le musée national sera dans la capitale de l’Etat de Palestine, c’est-à-dire à Jérusalem-est", a déclaré Elias Sanbar, ambassadeur de la Palestine à l’Unesco, au cours d’une conférence de presse.

"Il faut que nous donnions à ce peuple un accès à la beauté (...). J’ai connu des peintres à Gaza qui n’ont jamais vu une peinture de leur vie à part celles qui sont faites à Gaza, ou à travers des reproductions dans des magazines et dans des livres", a-t-il dit.

A l’initiative de ce projet, la délégation de la Palestine à l’Unesco (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) a déjà réuni une centaine d’oeuvres, dont des toiles du mouvement Supports/Surfaces de Viallat, des pièces de Gérard Fromanger, Télémaque ou Di Rosa, des photographies de Henri Cartier-Bresson et de Robert Doisneau, des planches de Jacques Tardi. Ces oeuvres sont pour le moment stockées à l’Institut du Monde arabe (IMA).

L’ambition du projet est également de favoriser la création culturelle en Palestine. "Les images données par les médias tendent à ne faire paraître que les violences qui existent. Mais au-delà, il y a des peuples, il y a des jeunes, il y a d’extraordinaires créateurs palestiniens", a souligné Jack Lang, directeur de l’Institut du monde arabe où l’exposition sera présentée du 25 février au 26 mars.

L’Etat hébreu considère l’ensemble de Jérusalem, y compris la partie orientale conquise et annexée en 1967, comme sa capitale indivisible, avec environ 200.000 Israéliens installés dans des quartiers de colonisation à Jérusalem-Est. Les Palestiniens qui représentent environ un tiers de la population de la ville, veulent, eux, faire de Jérusalem-Est la capitale de l’Etat auquel ils aspirent.