Pour répliquer aux colonies israé­liennes, une ville nou­velle pales­ti­nienne en chantier

R. I./Agences, mardi 2 février 2010

Des bull­dozers s’affairent sur une colline de Cis­jor­danie occupée. Pour une fois, ce n’est pas une nou­velle colonie israé­lienne, mais le chantier de la pre­mière ville nou­velle pales­ti­nienne, appelée Rawabi.

Les pro­mo­teurs immo­bi­liers pales­ti­niens espèrent que ce site deviendra un jour le foyer de 40 000 Pales­ti­niens, et contri­buera à cimenter, au propre comme au figuré, les aspi­ra­tions pales­ti­niennes à la terre de Cis­jor­danie face aux blocs d’implantation des colons juifs.

“Cette ville n’est pas une colonie”, sou­ligne Bachar al-​​Masri, le patron de l’agence immo­bi­lière Bayti Real Estate Investment Company, à l’origine du projet de 480 mil­lions d’euros avec l’apport de capitaux qataris. “En fait, on peut dire que c’est une ten­tative pales­ti­nienne de garder les Pales­ti­niens sur leurs terres pour endiguer la colo­ni­sation israé­lienne”, explique-​​t-​​il.

La construction de Rawabi, située près de Ramallah, le fief de l’Autorité pales­ti­nienne, offre un contraste sai­sissant avec les champs de ruines qui poussent dans la bande de Gaza, ter­ri­toire pales­tinien soumis à un strict embargo israélien et dévasté par une incursion punitive de l’armée israé­lienne il y a un an.

Au cours de la pre­mière phase des travaux, il est prévu d’ériger 22 blocs rési­den­tiels pouvant accueillir 20 000 habi­tants en trois ans. Dans une deuxième phase, également de trois années, la popu­lation devrait doubler. Dotée d’écoles et d’hôpitaux modernes, la ville nou­velle de Rawabi vise la classe moyenne pales­ti­nienne, avec des appar­te­ments dont le prix varie entre 35 000 et 55 000 euros.

Ce déve­lop­pement urbain, qui s’étend sur 630 hec­tares, est l’un des plus gros projets d’investissement dans les ter­ri­toires occupés. Il a reçu l’appui enthou­siaste de l’Autorité pales­ti­nienne du pré­sident Mahmoud Abbas, qui est sou­tenue par la com­mu­nauté internationale.