Pour Salah Hamouri, lettre à B. Kouchner

P. Braouezec, vendredi 2 mai 2008

Mon­sieur le ministre, il est temps que la France se mobilise pour Salah Hamouri. Il est inutile que je rap­pelle qu’il a été condamné selon une pro­cédure qui ne laisse aucune chance à la défense. Autant dire, que ce ne fut pas un procès juste et équitable.

Patrick Braouezec

Député de Seine-​​Saint-​​Denis

Bernard Kouchner Ministre des Affaires étrangères

Paris, le 29 avril 2008

Monsieur le ministre,

Salah Hamouri a fina­lement été condamné par un tri­bunal d’exception, le 17 avril dernier, à 7 ans d’emprisonnement plus deux de mise à l’épreuve. Après être resté pendant près de trois ans sous détention admi­nis­trative, Salah sera libéré en 2012. Enfermé sans preuve, condamné selon la pro­cédure de plea bargain, au risque de se voir infliger une peine encore plus lourde.

Je vous ai plu­sieurs fois alerté sur la situation de ce citoyen français. Sans résultat. S’il a béné­ficié d’une attention du Consulat de Tel Aviv, il n’a pas eu la chance qu’ont eu les membres de l’Arche de Zoé et n’a pas encore béné­ficié d’une cam­pagne en sa faveur comme cela est le cas pour le caporal Shalit, dont la photo est affichée sur le fronton de plu­sieurs mairies.

Mon­sieur le ministre, il est temps que la France se mobilise pour Salah Hamouri. Il est inutile que je rap­pelle qu’il a été condamné selon une pro­cédure qui ne laisse aucune chance à la défense. Autant dire, que ce ne fut pas un procès juste et équitable.

Le gou­ver­nement français ne peut oublier que ce citoyen français est victime, ainsi que les 11 700 pri­son­niers détenus par l’armée israé­lienne, de cette guerre d’occupation.

Notre pays ne peut continuer à cau­tionner la poli­tique de colo­ni­sation mili­taire orga­nisée de manière sys­té­ma­tique et sur l’ensemble de ce qui reste du ter­ri­toire palestinien.

L’oublier revient à inverser la charge de la preuve. Pourtant, la com­mu­nauté inter­na­tionale, par le biais du Conseil de sécurité et du Conseil des droits de l’homme, ne cesse de pointer la poli­tique d’occupation de l’Etat d’Israël. Des enfants, des hommes, des femmes meurent ou sont griè­vement blessés chaque jour. Des terres sont arra­chées à des familles dont elles garan­tis­saient la vie. L’eau est annexée, l’électricité rationnée, les dépla­ce­ments soumis à des interdits dras­tiques. La Bande de Gaza paie un lourd tribut. Isolée, ensan­glantée, blessée, envahie, sa popu­lation ne survit qu’avec l’aide huma­ni­taire lorsque celle-​​ci peut entrer. Le monde entier oublie la Palestine.

D’aucuns pré­fèrent se voiler les yeux et se boucher les oreilles. Ainsi, l’agresseur devient l’agressé et l’agressé devient le ter­ro­riste. Nous sommes nom­breux à demander, au nom de la paix et la sécurité inter­na­tio­nales, que les normes impé­ra­tives du droit inter­na­tional et du droit huma­ni­taire soient effec­tives et appli­quées. Il est temps que Salah Hamouri soit libéré, sans aucune condition. Per­mettez moi de vous demander, Mon­sieur le ministre, ce que vous allez faire pour que ce citoyen soit libéré dans les meilleurs délais. Dans l’attente de votre réponse, je vous prie de croire, Mon­sieur le ministre, en ma considération.

Patrick Braouezec