Pour André Chapel, de Nîmes

Nicole Ziani (AFPS) et Colette Georges (UJFP), jeudi 25 décembre 2008

L’Afps, dont André était un fidèle militant, d’une extrême rigueur et d’une grande géné­rosité, s’associe plei­nement au com­mu­niqué de l’UJFP et salue avec tris­tesse et amitié sa mémoire.

André Chapel, médecin neuro-​​psychiatre et psy­cha­na­lyste à Nîmes, militant de l’UJFP, nous a quittés le 20 novembre et laisse dans une peine pro­fonde tous les mili­tants du col­lectif nîmois, dont faisait partie depuis 2002, et grâce à lui, l’UJFP.

André Chapel s’engage dès les accords d’Oslo en lien avec Médecins du Monde pour un pro­gramme avec les Pales­ti­niens. Paral­lè­lement, il est membre de l’association AMPF (Asso­ciation Médicale Franco-​​Palestinienne ), dont il crée un groupe local en 2000..En 1998, il par­ticipe à la consti­tution du Col­lectif nîmois pour la Palestine : AMFP qui deviendra AFPS en 2001, les Pales­ti­niens en France, le CCFD, la Cimade, Médecins du Monde, l’UJFP en 2002, et plus récemment, les Femmes en Noir et la LDH.

Il s’impose dès lors comme chef de file de nom­breuses actions pour rendre visible la question pales­ti­nienne : confé­rences, expo­si­tions, spec­tacles divers, pré­sence sur la voie publique. Il ren­contre les par­le­men­taires et sol­licite tous les par­te­naires pos­sibles. Il lit tout ce qui paraît et incite les mili­tants à faire de même. Il écrit ses propres ana­lyses et impose sa pré­sence dans des confé­rences où la question pales­ti­nienne risque d’être traitée de façon ten­dan­cieuse. Il y fait autorité, et même ceux qui sont hos­tiles l’écoutent, tel­lement sa parole est limpide et argu­mentée. Il exerce aussi sa vigi­lance sur la parole de ses amis, s’il y perçoit telle ou telle expression qui peut prêter à confusion, exerçant tou­jours son intel­li­gence pour la recherche de la plus grande rigueur… Il n’hésite pas à sillonner la région pour ajouter sa parole à celle de ses amis, à emmener les mili­tants à Mar­seille, Paris ou Bruxelles. En 2001, il embarque à bord d’ « un avion pour la paix », avec deux mili­tantes nîmoises pour Gaza ….

En 2004, dans son rapport d’activités, il exprime le souhait que « tout adhérent puisse devenir actif, intel­ligent et cultivé pour affronter les dis­cus­sions avec les détrac­teurs, en s’appuyant tou­jours sur le droit inter­na­tional, dans l’espoir qu’un jour il pré­vaudra…, tout en se gardant de tout amalgame, car l’opposition à la poli­tique guer­rière d’Israël ne doit pas tourner à l’antisémitisme… »

André Chapel, c’est aussi un homme qui avait au plus haut point le sens de l’amitié, tou­jours cha­leureux dans la relation, et les mili­tants locaux se sou­viennent avec émotion de sa maison ouverte, des réunions convi­viales, des repas par­tagés au pied levé et des échanges joyeux ou vifs parfois, aux­quels s’associait son épouse Eli­sabeth, avec laquelle il formait un couple par­ti­cu­liè­rement uni.

André Chapel a porté au plus haut point son désir de justice en Palestine. Par sa pré­sence cha­leu­reuse et vigi­lante, son intel­li­gence brillante et tou­jours en éveil, sa rigueur et son courage, il a su entraîner tous ceux qu’il a côtoyés à donner le meilleur d’eux-mêmes. Ils ne l’oublieront pas.

L’UJFP le remercie du fond du cœur de l’avoir associée à son combat per­sonnel pour une Palestine libre et d’avoir porté, avec elle, les idées qu’elle défend.