Police de Jérusalem : un nouveau conseiller au passé sombre.

PNN, dimanche 1er août 2010

Le nouveau conseiller des affaires arabes de Jéru­salem s’avère être un ancien ins­pecteur de l’armée israélienne.

Sur­nommé « Capi­taine Georges », le nouveau conseiller chargé des affaires arabes de Jéru­salem fait couler beaucoup d’encre. Il est accusé prin­ci­pa­lement de torture et d’enlèvement pendant la guerre du Liban.

Sa tâche est de conseiller le com­mandant de la police de Jéru­salem quant aux affaires arabes. Offi­ciel­lement, il est censé établir des liens entre la police et la com­mu­nauté arabe de la ville sainte en rap­pro­chant les auto­rités des habi­tants. Ainsi, il doit faire état, dans ses rap­ports, de la situation de la com­mu­nauté arabe à Jéru­salem et en Israël, selon les dires de cette population.

« Un conseiller devrait être accueilli posi­ti­vement par la com­mu­nauté arabe comme une per­sonne de confiance dotée de nom­breuses com­pé­tences. Sans ces qua­lités et cette réci­procité, le travail ne pourra pas être effectif », a sou­ligné un officier de police.

Ce fameux « Georges » comme on l’appelle, serait res­pon­sable de l’enlèvement et de la torture de Mustafa Dirani, un acti­viste libanais du Hez­bollah. Cet homme qui vient de subir une opé­ration du cerveau est para­plé­gique. Il a été empri­sonné plus de 10 ans pour l’enlèvement de Ron Arad, lieu­tenant colonel de l’armée de l’air israé­lienne, disparu lors d’une mission près de Sidon au Liban.

Mustafa Dinari affirme qu’il a été détenu pendant un mois dans le camp 1391, où il a été cruel­lement torturé par l’armée israé­lienne. Humilié, il raconte avoir été contraint de porter des couches comme seule pro­tection et avoir été sodomisé avec un bâton par un soldat.

« Capi­taine Georges » nie ces accu­sa­tions mais reconnaît tou­tefois qu’un soldat s’est effec­ti­vement introduit une fois dans la cellule de Mustafa Dinari en sous-​​vêtements dans l’intention de le menacer sexuel­lement. Cependant, tous les anciens pri­son­niers du Camp 1391 ont affirmé qu’ils n’avaient jamais vu le visage d’un seul soldat exerçant leur détention.

Le tri­bunal mili­taire a reçu les plaintes de Mustafa Dinari. Bien que Georges ait essayé de laver son nom de telles accu­sa­tions, il a été déchu de ses fonc­tions par la Cour Suprême. Dirani a, quant à lui, reçu 6 mil­lions NIS de dédom­ma­gement de la part du gou­ver­nement israélien après son retour au Liban. Depuis, l’affaire s’est étouffée.

« Georges » a donc quitté ses fonc­tions mili­taires mais a pu intégrer les forces de police israé­lienne, accédant au poste de conseiller il y a quelques mois. Face au scandale, le pôle de police de Jéru­salem se défend : « Il ne faut pas tout mélanger. Il n’y a aucun rapport entre les accu­sa­tions retenues contre le rôle qu’a pu jouer « Georges » au cours de la guerre du Liban et sa fonction actuelle. Cet officier de police satisfait plei­nement la direction et contribue plei­nement à l’amélioration des rela­tions entre la police de Jéru­salem et les habi­tants des quar­tiers Est. »