Pas de relâche de l’occupation en Palestine

CL et agences, lundi 23 mai 2005

En Cis­jor­danie ou à Gaza, les troupes israé­liennes enva­hissent les camps de réfugiés, ferment les check-​​points, tuent, blessent et arrêtent résis­tants et civils pales­ti­niens, tandis que le mur avance toujours.

Invasion des camps de réfugiés de Naplouse

L’armée israé­lienne a envahi le camp le camp de réfugiés de Ein Beit al-​​Ma’ à l’ouest de Naplouse et mené des fouilles mili­taires des maisons sans opérer d’arrestation.

Un jeune Pales­tinien de 16 ans a été inter­pellé dans le camp de réfugiés d’Askar.

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20 mai 2005, camp de réfugiés de Balata

Par ailleurs, les soldats ont envahi le camp de réfugiés de Balata à l’est de Naplouse. Selon un habitant du camp, les soldats ont pénétré de force dans plu­sieurs maisons et procédé à des fouilles mili­taires. Ils ont aussi utilisé la maison de Ammar Musallam comme poste mili­taire après l’avoir investie et jeté la famille dehors. Les soldats ont blessé 3 habi­tants et en ont arrêté quatre, Yahia Araishy, Mahmoud Ishtewi, and Mohammad Maseemy et l’un des blessés, quand ils ont envahi le camp ven­dredi matin.

L’un des blessés a été sérieu­sement atteint quand les soldats ont tiré à balles réelles sur un groupe d’hommes qui se diri­geaient vers la mosquée pour la prière du matin.

Selon des sources médi­cales à l’hôpital al-​​Ittihad hos­pital à Naplouse, deux des blessés sont hos­pi­ta­lisés, Jamal Mit’ib al-​​Teerawi et Iz Ed-​​Deen Hamdan, l’un dans un état grave alors que le troi­sième, Samer Nidal al-​​Teerawi, kid­nappé par l’armée israé­lienne, serait détenu au camp mili­taire de Huwwara près de Naplouse.

A Gaza fermeture de check-​​points

Ven­dredi 20 mai dans l’après midi l’armée israé­lienne a fermé les points de contrôle mili­taires de Abu holy and al-​​Matahin au sud de la Bande de Gaza.

L’agence d’information WAFA annonce que les soldats en poste au check­point Abu Holy, au sud de Dir al-​​Balah dans le centre de la bande de Gaza, et au check-​​point al-​​Matahin, au nord de Khan Younis dans le centre de la bande de Gaza ont bouclé les deux points de contrôle, empê­chant des mil­liers de Pales­ti­niens de traverser.

Des dizaines d’habitants de la région ont été détenus et inter­rogés pendant plu­sieurs heures tandis que les soldats opé­raient à des fouilles et repous­saient les rési­dents du centre de Gaza que la fer­meture des deux check-​​points a com­plè­tement isolés des parties nord et sud..

Près d’Hébron, le mur avance

Ven­dredi après midi, les soldats israé­liens ont posé de nou­veaux jalons pour le tracé du mur de sépa­ration dans la région de al-​​Ramadeen au sud d’ Hébron, selon Sheikh Nawwaf al-Za’arneh, le secré­taire du Comité Popu­laire des Réfugiés de al-​​Ramadeen.

Al-Za’arneh a ajouté que ces jalons étaient placés sur des terres pales­ti­niennes alors que les anciens jalons se trou­vaient sur la Ligne verte qui sépare les ter­ri­toires pales­ti­niens occupés du ter­ri­toire israélien. Il a indiqué que si l’armée israé­lienne construit le mur selon le nouveau tracé, des dizaines de maisons seront rasées et des dizaines d’hectares de terres arables annexées. L’emplacement des nou­veaux jalons est d’environ 300 à 500 mètres à l’intérieur des terres pales­ti­niennes et s’étend sur une lon­gueur d’ 1.5 à 2 km.

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Hébron 30 mars 2005
manifestation contre le mur d’annexion lors de la Journée de la terre

Arrestations à Bethléem

A l’aube samedi 21 mai les soldats israé­liens ont envahi le vil­lagei d’al-Orouj, au sud est de Bethléem et arrêté un habitant. Les soldats ont envahi la maison de Abed Mohammad al-​​Orouj, dont ils ont jeté la famille dehors et arrêté le frère, Ali, 20 ans. Ils ont aussi pénétré dans des dizaines de maisons et interrogé plu­sieurs habitants.

Résistance à Gaza

A Gaza un militant du Hamas, Mohamad Barakeh, 23 ans, a été tué ven­dredi 20 mai 2005 par l’armée israé­lienne lors d’une ten­tative d’infiltration avec deux autres membres d’un com­mando dans une maison aban­donnée près de la colonie de Kfar Darom, dans le sud de la bande de Gaza, où la résis­tance a repris ses actions, suite à la conti­nuation des attaques contre les civils par les troupes israé­liennes les semaines passées.

Ces trois Pales­ti­niens infiltrés dans un bâtiment aban­donné situé à une cen­taine de mètres des limites de Kfar Darom auraient ouvert le feu et tiré six roquettes anti­chars vers les soldats qui pro­tègent cette colonie de peu­plement juive dans la bande de Gaza. Les soldats ont tiré, tuant un résistant. Les deux autres, dont l’un a été blessé, ont réussi à s’enfuir vers Deir el-​​Balah.

Le Hamas, les Comités de Résis­tance popu­laire et une cellule des Bri­gades des Martyrs d’Al-Aqsa liées au Fatah ont reven­diqué conjoin­tement l’attaque dans un com­mu­niqué diffusé à Gaza. "Cette opé­ration est une riposte aux crimes sio­nistes" affirme le texte, citant notamment la mort de deux acti­vistes tués récemment par l’armée israé­lienne dans la Bande de Gaza et un troi­sième en Cisjordanie.

Les trois mou­ve­ments sou­lignent tou­tefois que cette attaque "ne signifie pas la fin de la trêve" infor­melle observée par les groupes armés pales­ti­niens depuis le 21 janvier et qui a été momen­ta­nément rompue, après une attaque aérienne israé­lienne contre Khan Younis au cours de laquelle un résistant du Hamas a été tué et 4 civils blessés. En réponse à cette attaque, la résis­tance pales­ti­nienne a lancvé une série d’attaques de mor­tiers contre les colonies juives et les loca­lités fron­ta­lières de la Bande de Gaza.

Jeudi soir, le ministre pales­tinien de l’Intérieur et de la Sécurité nationale Nasr Youssef s’est entretenu à Gaza avec Mahmoud Zahar, l’un des prin­cipaux chefs du Hamas, et lui a demandé "de mettre fin à l’escalade et de res­pecter la trêve". Il a obtenu que les leurs tirs de mor­tiers contre les colonies juives de la bande de Gaza cessent, afin de ne pas donner de pré­texte à plus de répression et d’escalade par les forces d’occupation israé­liennes. Le Hamas s’est engagé à ce que ses com­bat­tants cessent les attaques actuelles mais a fait une décla­ration affirmant que « l’obligation de main­tenir le calme ne veut pas dire aban­donner le droit d’auto-défense devant l’agression israélienne ».

Le pré­sident pales­tinien Mahmoud Abbas a lui fait une décla­ration dimanche 22 mai, disant que la situation à Gaza était « sous contrôle ».

Israël avait menacé jeudi de durcir ses opé­ra­tions mili­taires dans la bande de Gaza si les tirs pales­ti­niens contre les colonies juives de cette région et le ter­ri­toire israélien se pour­sui­vaient, à moins de cent jours du retrait israélien prévu, et au moment où plu­sieurs offi­ciers israé­liens seraient favo­rables à un nouveau report du retrait.

De source proche de la sécurité, on a expliqué que les offi­ciers doutant de la per­ti­nence d’un retrait à l’heure actuelle esti­maient qu’un report pourrait per­mettre de faire pression sur l’Autorité pales­ti­nienne pour qu’elle désarme le Hamas.

Les dis­cus­sions sur un éventuel report de ce plan ont conforté les colons dans leur espoir de l’enterrer défi­ni­ti­vement. Il a déjà été repoussé de trois semaines.

"Ce n’est qu’une question de temps avant qu’ils ne décident le report", a déclaré Eran Sternberg, un porte-​​parole des colons de Gaza.

L’armée israé­lienne vient de repousser le désar­mement des colons de la Bande de Gaza que le ministre de la Défense Shaul Mofaz avait ordonné à la mi avril 2005.

Selon des sources mili­taires enlever leurs armes aux colons alors qu’une escalade mili­taire est en cours dans la Bande de Gaza les empê­cherait de se défendre et créerait une crise de confiance entre eux et l’armée.

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Protection des colons
Colonie de peuplement de Morag sud de Gaza, 3 mai 2005