Pas de condamnation pour les assassins du cameraman de Reuters

Imemc /​ PCHR, vendredi 15 août 2008

Le PCHR condamne la décision du tri­bunal israélien qui a blanchi les soldats qui ont tué le camé­raman de Reuters

Le PCHR a fait jeudi 14 août un com­mu­niqué de presse condamnant le tri­bunal israélien et le pro­cureur mili­taire pour avoir blanchi l’équipage d’un char qui a tiré un obus sur le véhicule de Reuters il y a 4 mois et qui a tué le came­raman de Reuters, Fadel Shana’a et plu­sieurs autres Pales­ti­niens dans le camp de réfugiés de Al Boreij au centre de la bande de Gaza.

 [1] Le pro­cureur mili­taire a décidé mer­credi 13 août que les soldats avaient agi confor­mément aux ins­truc­tions de l’engagement sur le terrain [2].

Selon le PCHR, cette décision de justice reflète "l’échec chro­nique" d’Israël et de son armée à enquêter sur les cen­taines de crimes commis par les mili­taires (israé­liens) contre les civils (pales­ti­niens) et les jour­na­listes dans les ter­ri­toires occupés.

Le PCHRa­joute que cette décision sou­ligne aussi la nécessité de s’adresser à la Cour inter­na­tionale de Justice.

Selon le PCHR, depuis le début de la deuxième Intifada (Al Aqsa) en sep­tembre 2000, les soldats israé­liens ont tué 9 jour­na­listes dont deux reporters inter­na­tionaux et blessé 170 jour­na­listes ou membres des médias.

[1] un secou­riste relève le corps d’un ado­lescent tué par le missile alors que Shana’a git sur le sol près de la voiture de presse

[2] selon le Nou­velObs, L’armée israé­lienne jus­tifie la mort d’un camé­raman de Reuters

L’enquête menée par Tsahal après la mort du camé­raman de Reuters Fadel Chana, fauché le 16 avril à Gaza par un tir de char israélien, jus­tifie l’action des tan­kistes qui avaient pris pour cible le jeune jour­na­liste pales­tinien, une conclusion que Reuters conteste fer­mement. L’avocat général mili­taire israélien Avihai Men­delblit a com­mu­niqué mardi à Reuters le résultat de l’enquête réclamée par l’agence, assurant que la décision de tuer Chana était « fondée » parce que les tan­kistes, après avoir consulté par radio leurs supé­rieurs, ont présumé qu’ils avaient affaire à un élément « hostile ». Après avoir rappelé que trois soldats israé­liens avaient été tués et un char endommagé par un tir de RPG ce jour-​​​​là à Gaza, l’armée israé­lienne relève que Chana avait placé sur son trépied « un objet noir » pointé sur le char. Elle ajoute que les tan­kistes ont (sic) « établi avec cer­titude qu’il s’agissait d’un missile antichar, d’un mortier ou d’une caméra de télé­vision ». Selon les faits établis par Reuters, Chana, qui était âgé de 24 ans, a suc­combé à plu­sieurs flé­chettes libérées par l’explosion en l’air d’un obus à sous-​​​​munitions tiré par le char qu’il était en train de filmer à dis­tance. Le camé­raman et son preneur de son, Abou Mizyed, qui a été blessé au poignet, por­taient tous deux des gilets pare-​​​​balles indi­quant clai­rement en grosses lettres fluo­res­centes leur appar­te­nance à la presse lorsqu’ils sont des­cendus de leur véhicule 4×4 arborant également les sigles « Press » et « TV ». Le rapport d’un cabinet de sécurité indé­pendant consulté par Reuters confirme que Chana a eu un « com­por­tement pro­fes­sionnel » et avait pris « toutes les précautions raisonnables ».