Parution : Israël, la paix impossible

F. Germain-​​Robin, lundi 18 février 2008

Pro­grammer le désastre. La poli­tique israé­lienne à l’oeuvre, de Michel War­schawski, Éditions La Fabrique, 76 pages, 9 euros.

Court, incisif, féroce même. Tel est le dernier pam­phlet que vient de publier Michel War­chawski. L’infatigable militant d’une paix juste entre Israé­liens et Pales­ti­niens ne baisse pas les bras. Il constate le désastre actuel, l’accélération de la colo­ni­sation, le mur qui ronge un futur État pales­tinien de plus en plus impro­bable. Mais il affirme en conclusion qu’il n’y a rien là d’irréversible et cherche dans l’histoire des raisons d’espérer.

Pourtant, tout le livre n’est qu’accumulation de désastres.

Il décrit dès l’introduction ce qu’il appelle la « Recon­quista » : entre­prise de des­truction géné­ra­lisée des droits acquis par les peuples au XXe siècle, menée par ces mêmes néo­con­ser­va­teurs qui ont « pro­grammé le désastre pales­tinien » parce que la Palestine reste le lieu emblé­ma­tique de la lutte anti-​​impérialiste. Ce désastre-​​là, explique-​​t-​​il, n’est qu’une étape vers celui, pré­vi­sible, du projet sio­niste lui-​​même, d’un Israël rongé par sa propre vio­lence et ses peurs. Et pour montrer qu’il n’est pas seul à le dire, il cite le livre à paraître d’Abraham Burg, ancien pré­sident de la Knesset et sio­niste his­to­rique, l’un des hommes les plus res­pectés d’Israël. Ce livre, Vaincre Hitler, il voulait l’intituler Hitler a vaincu, c’est tout dire. « Israël est devenu une société effrayante », dit Abraham Burg qui vient de se résoudre à quitter son pays. Tout le monde en prend pour son grade avec War­chawski. Il a la dent dure pour les tra­vaillistes, pour « La Paix main­tenant », accusée d’être rentrée dans le rang en 2000, après avoir avalé les men­songes et la for­faiture d’Ehud Barak à Camp David. Il n’est pas tendre non plus pour l’OLP et impi­toyable pour Mahmoud Abbas, choisi selon lui par Israël et les États-​​Unis pour sa mol­lesse et son insi­gni­fiance. En revanche, l’auteur ne tarit pas d’éloges à l’égard du Hamas. Il va même jusqu’à absoudre le mou­vement isla­mique de toute res­pon­sa­bilité dans la situation de quasi-​​guerre civile qui prévaut à Gaza et en Cis­jor­danie. Un point de vue par­fai­tement partial, bien dans la manière d’un intel­lectuel qui continue de cultiver l’art du contre-​​courant et de jouer les poils à gratter de la gauche israélienne.

F. G.-R.