Palestiniens : Relancer le dialogue avec le Hamas

R. I., samedi 27 décembre 2008

Le pré­sident pales­tinien, Mahmoud Abbas, a réaf­firmé, jeudi 25 décembre, son enga­gement à relancer le dia­logue avec le mou­vement de résis­tance pales­tinien Hamas.

« Nous n’accepterons pas que cette nation demeure déchirée. Nous appelons et nous conti­nuerons d’appeler au dia­logue national », a déclaré M. Abbas au cours d’une visite à Al Khalil, en Cis­jor­danie. Le pré­sident pales­tinien a assuré que les portes sont tou­jours ouvertes au dia­logue avec tous les Pales­ti­niens, quels que soient leurs pen­chants poli­tiques. « Nous ne voulons pas nous débar­rasser d’eux, ils sont une partie du peuple pales­tinien, quelles que soient leurs idées ou leur vision, qu’elles dif­fèrent ou soient conformes aux nôtres », a-​​t-​​il assuré.

A ce propos, le res­pon­sable pales­tinien a sou­ligné que c’est au peuple pales­tinien de désigner ses diri­geants. « Venez afin que nous nous met­tions d’accord avec vous », a-​​t-​​il appelé, estimant que « c’est le peuple qui décide », faisant réfé­rence aux pro­chaines élec­tions pré­si­den­tielle et légis­la­tives en Palestine.

Pour sa part, l’Egypte invitera au Caire les fac­tions pales­ti­niennes afin de « les aider à relancer leur dia­logue », a déclaré, jeudi au Caire, le ministre égyptien des Affaires étran­gères, Ahmad Aboul Gheit. « Nous avons com­mencé à envoyer des invi­ta­tions aux secré­taires généraux des fac­tions pales­ti­niennes pour qu’ils viennent en Egypte », a indiqué le ministre, cité par l’agence offi­cielle Mena. Il a, en outre, sou­ligné que l’Egypte espérait qu’Israël sou­tienne les efforts égyp­tiens en faisant preuve de retenue.

A rap­peler qu’une nou­velle session du dia­logue inter­pa­les­tinien devait se tenir le 9 novembre au Caire, mais elle a été reportée à une date ulté­rieure après le refus du Hamas d’y prendre part [1]. Le dia­logue entre le Fatah et le Hamas avait été sus­pendu en raison d’affrontements entre les deux partis, en juin 2007, lors de la prise de contrôle par un coup de force armé de la bande de Ghaza par le Hamas. Actuel­lement, la Cis­jor­danie est dirigée par le Fatah de Abbas, alors que Ghaza est sous contrôle du Hamas. En réponse à la prise de contrôle de Ghaza, Israël a imposé un blocus à cette bande côtière, privant les quelque 1,5 million d’habitants de nour­riture, de car­burant et de médi­ca­ments [2].

[1] le Hamas a refusé de se rendre au Caire car la Pré­si­dence pales­ti­nienne n’avait pas libéré les pri­son­niers du Hamas qu’elle détient en Cisjordanie

[2] le blocus poli­tique et écono­mique a com­mencé bien avant, depuis l’élection légitime et démo­cra­tique du Hamas aux légis­la­tives, début 2006. C’est l’ensemble du peuple pales­tinien de Gaza qui a alors été puni pour un vote trans­parent mais qui n’avait pas l’heur de plaire aux diri­geants israélo-​​​​états-​​​​uniens-​​​​ par un boycott illégal, puisque punition col­lective d’une popu­lation civile. Cet embargo mené par Israël et soutenu acti­vement par les Etats-​​​​Unis et l’Union euro­péenne notamment qui, faisant fi de la réalité de l’occupation, ont sanc­tionné l’occupé et non l’occupant, s’est inten­sifié au fil des mois.