Palestine : les élections étudiantes, thermomètre des clivages nationaux

Les élections étudiantes à l’université de Birzeit en Cisjordanie doivent se dérouler ce mercredi 27 avril. L’an dernier, le syndicat affilié aux islamistes du Hamas l’avait emporté après près de dix ans de règne du Fatah, le parti nationaliste. Cette année encore, les yeux seront tournés vers le scrutin qui résume bien les divisions au sein de la société palestinienne. En l’absence d’élections présidentielles ou législatives, ce vote donnera un état des forces en présence.

Nicolas Ropert, RFI, mercredi 27 avril 2016

Des étudiants partisans du Fatah durant un meeting du mouvement palestinien lors des élections à l'université de Birzeit, le 26 avril 2016. ABBAS MOMANI / AFP

Jusqu’à la veille du scrutin, les syndicats tentent de convaincre les étudiants. Ils sont plusieurs milliers, réunis sur l’esplanade au centre de l’université, à écouter les représentants syndicaux et leur programme.

Farah Najjar, étudiante en deuxième année au département de français, se dit proche du Fatah « depuis tout le temps. Mes parents travaillent avec le Fatah. Du coup, je vais voter Fatah. L’année dernière, on a malheureusement perdu, mais c’était à cause de nous, parce qu’il y avait des discussions entre nous. Mes amis disent que le Hamas a fait beaucoup de choses pour l’université, mais moi je n’ai rien vu. »

Lors des dernières élections en 2015, la liste affiliée au Hamas avait remporté plus de la moitié des sièges au conseil étudiant. Une nouvelle victoire que souhaite Youssef Ashar, l’un des responsables de la liste islamiste. « La plupart de nos messages concernent les problèmes des étudiants à l’université. Mais on ne peut pas oublier la situation politique qui nous entoure. Elle frappe les étudiants. En votant pour nous, les étudiants envoient un message aux dirigeants palestiniens », explique-t-il.

Une nouvelle défaite du syndicat lié au président de l’Autorité palestinienne serait une claque pour le pouvoir en place. Selon une récente étude, trois Palestiniens sur quatre souhaitent le départ de Mahmoud Abbas.