Palestine : le Hamas et le Fatah parviennent à un accord

Nou​velobs​.com - AFP, jeudi 28 avril 2011

Les deux partis vont former un gou­ver­nement inté­ri­maire pour pré­parer les pro­chaines élec­tions et demander la recon­nais­sance de l’Etat pales­tinien à l’Onu.

Les frères ennemis pales­ti­niens, le Fatah du pré­sident Mahmoud Abbas et le Hamas isla­miste, sont convenus mer­credi 27 avril au Caire, à la sur­prise générale, de former un gou­ver­nement non par­tisan jusqu’à des élec­tions pré­si­den­tielle et légis­la­tives d’ici un an.

Le Premier ministre israélien Ben­jamin Neta­nyahou a aus­sitôt dénoncé ce rap­pro­chement, sommant M. Abbas de "choisir entre la paix avec Israël et la paix avec le Hamas", le pré­sident de l’Autorité pales­ti­nienne lui répli­quant qu’il lui incombait de "choisir entre la paix et la colonisation" [1].

Le Conseil de sécurité nationale amé­ricain, tout en se disant favo­rable à "une récon­ci­liation entre les Pales­ti­niens", s’est inquiété d’une par­ti­ci­pation du Hamas à cet exé­cutif tran­si­toire, pressant "tout gou­ver­nement pales­tinien" de "renoncer à la vio­lence, de res­pecter les accords conclus et de recon­naître le droit à l’existence d’Israël".

Un "gouvernement d’indépendants"

La question ne devrait pas se poser a priori puisque les deux parties ont précisé que ce gou­ver­nement serait composé d’indépendants, après la signature dans une semaine au Caire de l’accord de réconciliation.

Le chef de la délé­gation du Fatah, Azzam al-​​Ahmad, a annoncé à l’AFP un accord pour la for­mation d’un "gou­ver­nement d’indépendants".

"Ce gou­ver­nement devra pré­parer des élec­tions pré­si­den­tielle et légis­la­tives d’ici un an", a-​​t-​​il ajouté.

La convocation simultanée des élections présidentielles

Le chef de la délé­gation du Hamas, Mahmoud Zahar, idéo­logue du mou­vement à Gaza, a confirmé cet accord sur un gou­ver­nement de "per­son­na­lités indé­pen­dantes", pré­cisant qu’il pré­voyait la convo­cation simul­tanée des élec­tions pré­si­den­tielle, légis­la­tives et au Conseil national pales­tinien (CNP, Par­lement de l’Organisation de libé­ration de la Palestine).

Il a sou­ligné que le Fatah et le Hamas, qui gou­vernent res­pec­ti­vement les zones auto­nomes de Cis­jor­danie et la bande de Gaza, avaient réglé la question de la réuni­fi­cation des forces de sécurité, un de leurs prin­cipaux différends.

Les consul­ta­tions sur le gou­ver­nement com­men­ceront après "la signature mer­credi par les groupes pales­ti­niens de l’accord de récon­ci­liation" au Caire, a indiqué Moussa Abou Marzouk, numéro deux du bureau poli­tique du Hamas, membre de la direction du mou­vement en exil à Damas.

"Nécessaire pour établir un Etat indépendant"

L’accord a été annoncé après une ren­contre des deux délé­ga­tions avec le chef des ser­vices du ren­sei­gnement égyp­tiens, le général Mourad Mouafi.

Le chef du gou­ver­nement du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, a "salué les efforts égyp­tiens pour réa­liser la récon­ci­liation et rétablir l’unité et mettre fin au siège" de Gaza, dans une conver­sation avec le Guide des Frères musulmans égyp­tiens, Mohammed Badie, qui l’a appelé pour le féli­citer, selon un com­mu­niqué officiel.

Le Premier ministre de l’Autorité pales­ti­nienne, Salam Fayyad, a dit "espérer" que cet accord conduise à "la réuni­fi­cation de la nation, néces­saire pour per­mettre à notre peuple de décider de son destin et d’établir un Etat indé­pendant sur la totalité des ter­ri­toires occupées depuis 1967, avec Jérusalem-​​Est pour capitale".

La reconnaissance de l’Onu

M. Abbas s’était déclaré le 16 mars "prêt à retarder la for­mation du gou­ver­nement" que devait former M. Fayyad et à "aller demain à Gaza pour mettre fin à la division et former un gou­ver­nement de per­son­na­lités natio­nales indé­pen­dantes (…) pour pré­parer des élec­tions" dès que possible.

De nom­breux Pales­ti­niens à Gaza et en Cis­jor­danie se réjouis­saient de l’accord, espérant une véri­table réuni­fi­cation entre les deux ter­ri­toires, de plus en plus décon­nectés depuis l’éviction de l’Autorité pales­ti­nienne de Gaza par le Hamas en juin 2007, selon les pre­mières réac­tions recueillies par l’AFP.

Des dizaines de mil­liers de Pales­ti­niens ont mani­festé ces der­nières semaines pour la "fin de la division", contrai­gnant leurs diri­geants rivaux à exprimer leur soutien à la récon­ci­liation, qui pié­tinait depuis la signature avortée en octobre 2009 d’un document sous médiation égyptienne.

Cet accord inter­vient au moment où les Pales­ti­niens, déses­pérant de négo­cia­tions de paix avec Israël inter­rompues depuis six mois, veulent porter leur demande de recon­nais­sance d’un Etat devant l’Onu en septembre.

[1] voir, tou­jours dur Nou­belObs et Afp :

Le Premier ministre israélien Ben­jamin Neta­nyahu a réaf­firmé mercredi 27 avril que le diri­geant pales­tinien Mahmoud Abbas devait "choisir entre la paix avec Israël et la paix avec le Hamas", à la suite d’un accord entre le Fatah de Mahmoud Abbas et le mouvement islamiste.

"L’Autorité pales­ti­nienne doit choisir entre la paix avec Israël et la paix avec le Hamas. Il ne peut pas y avoir de paix avec les deux parce que le Hamas s’efforce de détruire l’Etat d’Israël et le dit ouver­tement", a déclaré Ben­jamin Neta­nyahu, qui s’est pro­noncé à plu­sieurs reprises contre la récon­ci­liation entre les mou­ve­ments palestiniens rivaux.

Pour Ben­jamin Neta­nyahu, un tel accord est la voie ouverte à une prise de contrôle de la Cis­jor­danie par le Hamas. "Je pense que l’idée de récon­ci­liation montre la fai­blesse de l’Autorité pales­ti­nienne et crée la pers­pective que le Hamas pourrait reprendre le contrôle de la Judée-​​​​Samarie, tout comme il contrôle la bande de Gaza", a-​​​​t-​​​​il dit en réfé­rence à la Cis­jor­danie. "J’espère que l’Autorité pales­ti­nienne fera le bon choix : la paix avec Israël", a-​​​​t-​​​​il ajouté.

La pré­si­dence pales­ti­nienne a de son côté réagi en demandant à Ben­jamin Neta­nyahu de "choisir entre la paix et les colonies". "En réaction à la remarque de M. Neta­nyahu, nous disons que la récon­ci­liation pales­ti­nienne et l’accord conclu aujourd’hui au Caire est une affaire interne pales­ti­nienne", a déclaré à l’AFP le porte-​​​​parole de Mahmoud Abbas, Nabil Abou Rou­deina. Ben­jamin Neta­nyahu, a-​​​​t-​​​​il pour­suivi, "doit choisir entre la paix et les colonies".

voir aussi l’Afp relayée par la Libre Belgique :

Accord Fatah-​​​​Hamas : Israël menace de prendre des mesures de rétorsion