Palestine : la France muette … jusqu’à quand ?

Communiqué de l’AFPS, vendredi 29 janvier 2016

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, vient de critiquer en termes nets la poursuite de la colonisation israélienne en Cisjordanie occupée, appelant à un gel des constructions. La « frustration de Palestiniens s’accroît sous le poids d’un demi-siècle d’occupation et de paralysie du processus de paix », a-t-il dit en s’adressant au Conseil de sécurité lors d’un débat sur le Proche-Orient. Et de préciser que la poursuite de la colonisation « est un affront fait à la population palestinienne et à la communauté internationale (...) et soulève des questions fondamentales sur l’engagement d’Israël envers une solution à deux États ».

La réaction de B. Netanyahou ne s’est pas fait attendre : « Les commentaires du secrétaire général de l’ONU encouragent le terrorisme ». Et pour qui n’aurait pas compris : « Il n’y a aucune justification au terrorisme. Les assassins palestiniens ne veulent pas bâtir un État, ils veulent détruire un État. »

C’est avec la même arrogance que la ministre suédoise des Affaires étrangères Margot Wallström s’était trouvée le 13 janvier « interdite de séjour » en Israël et en Palestine pour avoir demandé des enquêtes approfondies sur les nombreux décès de Palestiniens qui s’apparentent à des exécutions extrajudiciaires.

Réactions de la France ou des pays européens ? Rien à ce jour. On voit même au contraire des pays européens refuser jusqu’à la décision d’étiquetage des produits des colonies et laisser Netanyahou, sûr de son impunité, jouer la division de l’Europe.

A l’heure où tout semble bon pour donner des gages aux soutiens inconditionnels d’Israël dans notre pays, on aimerait savoir si la France choisit par son silence de désavouer Ban Ki-moon ou si elle se décide enfin à mettre en œuvre l’étiquetage des produits des colonies israéliennes qu’elle réclamait depuis longtemps. Elle ne saurait en rester là et devra, sauf à choisir de laisser pourrir la situation, se poser enfin concrètement la question des sanctions à mettre en œuvre pour éviter le pire que nous prépare l’équipe Netanyahou.

Le Bureau national