Palestine. Une drôle de dialectique

Pierre Barbancey, vendredi 3 septembre 2010

Les décla­ra­tions des prin­cipaux res­pon­sables poli­tiques israé­liens font douter de la volonté de Tel-​​Aviv d’aboutir à un accord.

Benyamin Neta­nyahou peut être content de lui. Il a su gérer la vexation amé­ri­caine induite par une annonce mal­en­con­treuse de la pour­suite d’un pro­gramme de colo­ni­sation alors que le vice-​​président amé­ricain se trouvait en visite en Israël. Or, on le sait, les États-​​Unis sont des adeptes du Don’t ask, don’t tell (ne demandez pas, n’en parlez pas), en l’occurrence  : continuez la colo­ni­sation, mais en silence. C’est si vrai que quelques semaines après cet incident, Washington et Tel-​​Aviv se sont rabibochés.

Reste que l’événement poli­tique que repré­sente cette reprise des négo­cia­tions avec les Pales­ti­niens devient une affaire interne à Israël. Sur la ligne de départ  : ­Benyamin Neta­nyahou, le ­premier ministre (Likoud), Ehoud ­Barak, le ministre de la Défense (tra­vailliste), et Tzipi Livni, à la tête de Kadima (mélange de trans­fuges des deux partis pré­cé­dents). Les annonces des uns et des autres à la veille de la ren­contre de Washington semblent plus s’adresser à l’opinion publique israé­lienne qu’aux Palestiniens.

C’est là que le bât blesse et fait douter de la volonté israé­lienne de par­venir à une paix juste, c’est-à-dire à la création d’un État pales­tinien dans les fron­tières de 1967 avec Jérusalem-​​Est comme capitale, un règlement du pro­blème des réfugiés, de la gestion de l’eau…

Pour Neta­nyahou, Jéru­salem doit rester capitale indi­vi­sible d’Israël, pour ­Barak une par­tition est pos­sible à condition que la majeure partie de la ville revienne aux Israé­liens. Quant à Livni, au milieu du gué, elle estime la paix possible  !