Palestine : Liberté pour Salah Hamouri !

entretien avec Denise Hamouri, lundi 27 octobre 2008

À la mi-​​septembre, la mère de Salah, Denise Hamouri, est venue popu­la­riser en France le cas de Salah.

Jeune Franco-​​Palestinien de 23 ans, Salah Hamouri est étudiant en socio­logie à l’université de Bethléem. Arrêté en mars 2005 par les auto­rités israé­liennes, il a été condamné, en avril dernier, à sept ans de prison. À la mi-​​septembre, sa mère, Denise Hamouri, est venue popu­la­riser en France le cas de Salah.

Depuis quand et pourquoi Salah est-​​il en prison ?

Denise Hamouri – Salah a été arrêté le 13 mars 2005 par les auto­rités israé­liennes. Il est accusé d’avoir projeté d’assassiner une figure poli­tique israé­lienne, le rabbin Ovadia Yossef [1], ainsi que d’être membre de l’organisation de jeu­nesse du FPLP [Front Popu­laire de libé­ration de la Palestine, NDLR], ce qui est un délit pour la justice israélienne.

Qu’en est-​​il de ces accusations ?

D. Hamouri – Il s’agit d’un « délit d’intention ». La seule « preuve » que l’accusation a pu fournir est qu’il a été filmé par des caméras de sur­veillance alors qu’il passait en voiture devant le domicile du rabbin Yossef. On lui reproche donc d’avoir eu l’idée de faire quelque chose, pas de l’avoir fait. Quant à l’appartenance à une orga­ni­sation poli­tique… Nous vivons sous occu­pation mili­taire ; les jeunes veulent résister. Faire de la poli­tique, être membre d’une orga­ni­sation poli­tique de jeu­nesse, ici, c’est la moindre des choses.

Quels contacts avez-​​vous eu avec les autorités françaises ?

D. Hamouri – J’ai écrit plu­sieurs fois à l’Élysée, je n’ai jamais eu de réponse. Le ministre des Affaires étran­gères, Bernard Kouchner, m’a fait par­venir, avant le procès, une lettre qui semble être une réponse-​​type puisque tous ceux qui l’ont contacté au sujet de Salah ont reçu la même. Il n’y parle pas de libé­ration. Le pré­sident Sarkozy s’est engagé à venir en aide à tous les Français en dif­fi­culté, où qu’ils se trouvent. Alors, nous attendons qu’il fasse quelque chose pour Salah. Trois ans de prison, c’est lar­gement suf­fisant pour les faits qui lui sont reprochés… J’ai continué d’envoyer des cour­riers à l’Élysée, au ministère des Affaires étran­gères et à Rama Yade [secré­taire d’État chargée des droits de l’Homme, NDLR]. Je n’ai eu aucune réponse.

Qu’en est-​​il de la solidarité en France ?

D. Hamouri – Un col­lectif de soutien s’est mis en place, avec un appel signé par des élus et des per­son­na­lités [2], qui exige « la libé­ration de l’otage français Salah Hamouri ». À l’occasion de ma venue en France, je me suis rendu dans divers endroits pour parler de la situation de Salah : à la fête de l’Humanité, mais aussi à Lille, à Nantes ou encore à Bourg-​​en-​​Bresse (Ain), la ville dont je suis ori­gi­naire et dans laquelle Salah a souvent passé ses vacances. Salah m’a dit à plu­sieurs reprises qu’il ne s’agissait pas de ne parler que de lui, mais des 11 000 pri­son­niers poli­tiques pales­ti­niens détenus en Israël. ■

[1] Le rabbin Ovadia Yossef est le leader spi­rituel du Parti extré­miste Shaas (12 élus à la Knesset, membre de la coa­lition gouvernementale).

[2] Il a été signé, entre autres, par Olivier Besan­cenot et Alain Krivine