Opinion : Antifascistes encore un effort, …si vous voulez l’être vraiment.

Jean Bricmont, jeudi 22 octobre 2009

Jean Bricmont sou­haite que nous publiions cette réflexion que lui inspire l’article de RelexEs publié sur notre site et où il est direc­tement men­tionné ("Procès Dieu­donné - Fau­risson : la Cour des Miracles néga­tion­nistes !!" http://www.france-palestine.org/art...). Il va sans dire que la publi­cation de cet article n’engage en rien la position de l’AFPS en la matière, qu’il s’agisse du livre de Blanrue, de Dieu­donné, de la conception de l’extrême droite, de la liberté d’expression ou encore de la gauche antifasciste…Nous ne par­ta­geons pas les posi­tions de Jean Bricmont. Il s’agit d’un droit de réponse, même si J. Bricmont s’est contenté de "sou­haiter" la publi­cation de cette réflexion -où il met en cause l’AFPS. Nous avons accepté, parce que nous res­pectons, jus­tement, la liberté d’expression, de lui laisser ici la parole. [1].

Pour guérir radi­ca­lement la censure, il fau­drait la sup­primer car l’institution est mau­vaise et les ins­ti­tu­tions sont plus puis­santes que les hommes. Karl Marx [2]

Divers amis se sont inquiétés du fait que mon nom soit cité dans un article (non signé) de « REFLEXes », intitulé « Procès Dieu­donné - Fau­risson : la Cour des Miracles néga­tion­nistes » et relayé par l’AFPS (http://www.france-palestine.org/art...) et Bel­laciao (http://bellaciao.org/fr/spip.php?ar...). J’ai donc lu l’article avec attention ; il s’attaque à un certain nombre de gens qui ont assisté au procès de Dieu­donné et Fau­risson suite au spec­tacle du Zénith [3] et par­ti­cu­liè­rement à Paul-​​Eric Blanrue, auteur du livre « Sarkozy, Israël et les juifs » (voir http://sarkozyisraeletlesjuifs.blogspot.com/), dont j’ai recom­mandé la lecture. Cet article est inté­ressant parce qu’il illustre tous les défauts d’une cer­taine « gauche antifasciste ».

Le fond de l’affaire tourne autour de la liberté d’expression. Ayant expliqué ailleurs mon point de vue à ce propos (http://www.legrandsoir.info/La-libe...), je ne vais pas y revenir en détail. Et, avant de continuer, je vou­drais sou­ligner (même si cela devrait être inutile) que défendre la liberté d’expression de X ne signifie nul­lement approuver les idées de X. Cette défense découle seulement d’une réflexion sur les prin­cipes de droit sur les­quels repose une société démo­cra­tique. Et, dans une société réel­lement démo­cra­tique, il y aura néces­sai­rement une telle mul­ti­plicité d’opinions qu’il est impos­sible de les approuver toutes-​​mais on peut néan­moins consi­dérer que l’expression de toutes ces idées, aussi folles et mutuel­lement contra­dic­toires qu’elles soient, doit être légale. La liberté d’expression est un principe fon­da­mental de la démo­cratie, et pas, comme on le dit trop souvent, un « pré­texte » pour « sou­tenir » X ou Y. Il est pour le moins étrange que des « anti­fas­cistes » approuvent le fait que l’on rende, comme l’a dit Chomsky à propos de l’affaire Fau­risson, un triste hommage aux vic­times de l’holocauste en adoptant la doc­trine cen­trale de leurs bour­reaux, à savoir qu’il appar­tient à l’état de déter­miner la vérité his­to­rique et de condamner ceux qui ne s’y conforment pas.

Mais, même si l’on ne partage pas ce point de vue, la question de la pente glis­sante se pose : jusqu’où ira-​​t-​​on dans la répression des opi­nions « scan­da­leuses » ? On requiert un an de prison (avec sursis) contre Dieu­donné pour un sketch. On est évidemment libre d’estimer ce sketch de très mauvais goût, insultant, et le condamner mora­lement [4] . Mais un an de prison (même avec sursis) ? Que répondra-​​t-​​on aux Noirs et aux musulmans qui pour­raient se sentir insultés par d’autres sketches (y compris cer­tains sketches de Dieu­donné) ? Comment éviter que les musulmans, qui se consi­dèrent insultés par les cari­ca­tures du Pro­phète, et l’impunité dont elles jouissent (heu­reu­sement), n’y voient une nou­velle preuve du « deux poids, deux mesures » à leur égard [5] ? Aujourd’hui, divers cou­rants au sein de l’Union Euro­péenne veulent sacra­liser la mémoire des « vic­times du com­mu­nisme ». Où s’arrêtera-t-on ? Une partie de la gauche s’inquiète de cette der­nière sacralisation-​​mais peut-​​être aurait-​​elle été mieux avisée de ne pas entrer, jus­tement à propos des vic­times du fas­cisme, dans le jeu de la sacralisation.

A mon humble avis, c’est cette constante res­triction de la liberté d’expression qui devrait donner « froid dans le dos » aux anti­fas­cistes véritables.

Par une pure coïn­ci­dence, cette affaire Dieu­donné se produit en même temps que la levée de bou­cliers du monde intel­lectuel et artis­tique en faveur de Polanski. Alors que, dans cette der­nière affaire, le « talent artis­tique » semble tout per­mettre, même des miracles, comme le fait de com­mettre une erreur de jeu­nesse (dixit BHL) à 43 ans, ou d’avoir des rap­ports sexuels avec une mineure non consen­tante sans com­mettre de viol (dixit Costa-​​Gavras), pas un mot n’est pro­noncé par ce même monde intel­lectuel et artis­tique en faveur de Dieu­donné qui, au cours de toute sa car­rière, n’a jamais été « cou­pable » que de délit d’opinion. Dans le cas de Polanski, le fait qu’une fille pose nue (Fin­kiel­kraut) ou paraisse plus âgée qu’elle n’est (Costa-​​Gavras), ou que le violeur soit une victime (du nazisme et du communisme-​​Finkielkraut et BHL) sert de cir­cons­tance atté­nuante. Fin­kiel­kraut vit dans « l’épouvante ». Lelouch compare la police suisse à la Gestapo. BHL en appelle à l’esprit de tolé­rance suisse, men­tionnant Vol­taire, comme si c’était Polanski et non Dieu­donné qui était pour­suivi pour délit d’opinion. Etrange époque où la lutte contre « l’ordre moral » et contre le « fas­cisme », ou encore le « il est interdit d’interdire », mènent simul­ta­nément à la com­plai­sance à l’égard du viol et au rejet de la simple liberté d’expression.

L’article de REFLEXes soulève aussi le pro­blème du « guilt by asso­ciation », de la culpa­bilité par asso­ciation, for­tement dénoncée aux Etats-​​Unis, surtout dans la gauche, parce que c’était une des armes favo­rites du McCar­thysme. Que viennent faire dans cet article Michel Collon, la librairie Résis­tances et moi-​​même ? Michel Collon rien, à part le fait que j’en suis « proche ». Mais pourquoi le citer lui et pas Noam Chomsky, Alan Sokal, Régis Debray, Anne Morelli, ou quantité d’autres, dont je suis tout aussi « proche » ?

La librairie Résis­tances, elle, a été attaquée par des nervis sio­nistes et a tenu un meeting en plein air suite à cette agression, au cours duquel Me Bas­tardi Daumont, avocat de Blanrue et de Fau­risson, a pris la parole. Où est le crime ? Que reproche-​​t-​​on à Me Bas­tardi Daumont ? Suggère-​​t-​​on que Fau­risson ne doit pas avoir d’avocat, contrai­rement aux pires assassins ? S’il doit bien en avoir un, est-​​ce un crime d’être celui-​​là ? Pense-​​t-​​on qu’un avocat partage néces­sai­rement les vues de son client ? Pourquoi cette coïn­ci­dence (être à la fois l’avocat de Blanrue, de Fau­risson et par­ti­ciper au meeting de soutien à la librairie) ? Sans doute parce que, pré­ci­sément à cause du climat de terreur intel­lec­tuelle « anti­fas­ciste » qui règne en France, les avocats prêts à défendre le principe de la liberté d’expression ne se bous­culent pas au portillon.

Et moi-​​même ? J’ai lu le livre de Blanrue et je l’ai trouvé salu­taire. Bien que moins complet, il est un peu le « Mear­sheimer et Walt » français, en ce sens qu’il met, pour la pre­mière fois, le doigt sur un pro­blème fon­da­mental de nos sociétés, à savoir l’extraordinaire influence sur notre vie poli­tique des réseaux pro-​​israéliens (ou du lobby pro-​​israélien comme disent Mear­sheimer et Walt). Je le lui ai dit et je l’ai autorisé à me citer sur son site. Je ne lui ai pas trouvé d’éditeur, contrai­rement à ce qu’affirment nos spé­cia­listes de l’antifascisme (et du ren­sei­gnement), même si j’aurais été heureux de pouvoir le faire. Comme le dit Alain Gresh, le livre de Blanrue « mérite débat » ; mais le livre a été de facto censuré en France, vu que le dif­fuseur français de son éditeur belge a refusé de le dis­tribuer (ini­tiative extra­or­di­naire de la part d’un dif­fuseur, si on y réfléchit : qu’est-il advenu du bon vieux capi­ta­lisme et de la « soif de profit » ?). De plus, bien que Blanrue soit un auteur rela­ti­vement connu, aucun grand média ne parle de son livre. La puis­sance des réseaux sio­nistes est accrue par le tabou qui empêche de parler d’eux. Le ter­ro­risme intel­lectuel « anti­fas­ciste » ne fait que ren­forcer ce tabou. Le grand mérite de Blanrue est de tenter de sortir de ce cercle vicieux qui, comme il le sou­ligne d’ailleurs , n’est pas, à terme, « bon pour les juifs ».

Bref, j’apprécie le livre de Blanrue et je le dis. Quelle relation entre cela et le fait qu’il assiste au procès Dieudonné-​​Faurisson (ce qui, vu les enjeux juri­diques de cette affaire, est tout à fait com­pré­hen­sible) ou qu’il ait eu dans sa jeu­nesse des acti­vités « sus­pectes » (aux yeux de la police de la pensée) en Moselle ? Il a été chrétien ? Je vais l’avouer : moi aussi (ainsi, il existe encore des chré­tiens en France et en Bel­gique ; quelle horreur ! Que fait la police ?). Il a été roya­liste ? Moi pas, mais en tant que Belge, j’en ai ren­contré beaucoup et je n’ai pas remarqué qu’ils man­geaient des enfants au petit déjeuner. Et j’ai connu assez de gens qui ont, dans leur jeu­nesse, fait une apo­logie sans nuance de Staline, de Mao, ou de toute forme de vio­lence, pourvu qu’elle soit « révo­lu­tion­naire » (et dont cer­tains se sont recyclés dans l’antifascisme), pour que le genre d’accusations portées contre Blanrue me laisse froid (est-​​il vraiment si fré­quent de trouver des gens en France dont le par­cours est, comme dit REFLEXes, « poli­ti­quement limpide et irréprochable » ?).

De plus, quand il s’agit d’auteurs comme Hei­degger, Céline ou Fou­cault (oui, oui, même Fou­cault), il est permis de citer, d’étudier, d’admirer une partie de leur oeuvre sans se soucier de ce qu’ils ont dit ou fait par ailleurs, et qui est souvent plus étrange que ce que l’on reproche à Blanrue. Pourquoi ne pourrait-​​on pas avoir la même attitude par rapport au citoyen Blanrue ? Existe-​​t-​​il un principe de Polanski géné­ralisé qui veut que pour des gens suf­fi­samment célèbres (Hei­degger et co), on puisse parler de leur oeuvre ou d’une partie de celle-​​ci sans parler de la per­sonne ou de l’ensemble de l’oeuvre, mais pour les moins célèbres, non ?

J’avoue également avoir un petit pro­blème avec la notion d’extrême droite en France. Pour les « anti­fas­cistes », l’extrême droite, ce sont exclu­si­vement les gens qui sont sup­posés être nos­tal­giques de Vichy, de la monarchie, de l’Algérie fran­çaise, qui sont trop sou­ve­rai­nistes à leur goût, ou encore, pour cer­tains, les « islamo-​​fascistes ».

Mais pourquoi la censure n’est-elle pas d’extrême droite ? Pourquoi l’apologie de la guerre (et la négation de crimes de guerre) à Gaza, au Liban, en Afgha­nistan et en Irak ne l’est-elle pas ? Pourquoi le fait de consi­dérer qu’un peuple a le droit de s’installer sur la terre d’un autre et de l’en chasser à jamais (c’est-à-dire en lui refusant tout droit au retour) n’est-il pas d’extrême droite ? Pourquoi n’est-il pas d’extrême droite de célébrer comme démo­cra­tique (avi­lissant ainsi ce concept) un état défini expli­ci­tement sur une base eth­nique [6] ? Pourquoi la notion de culpa­bilité col­lective (appliquée au peuple allemand, français etc.) n’est-elle pas de « l’essentialisme raciste » et donc d’extrême droite ? N’est-ce pas encore plus le cas quand cette culpa­bilité devient trans­mis­sible aux descendants ?

Si l’on veut bien élargir ainsi la notion d’extrême droite (ce qui me semble jus­tifié d’un point de vue conceptuel et his­to­rique), on se rend compte que le gou­ver­nement français, la plupart des médias et des intel­lec­tuels, et bien sûr, une bonne partie de la « gauche anti­fas­ciste » sont d’extrême droite, ce qui com­plique consi­dé­ra­blement la néces­saire « lutte contre l’extrême droite ». Il ne suffit pas de ne pas « ouvrir son antenne » à Soral ou à de Benoist, mais il fau­drait la refuser à pra­ti­quement tout le monde. De plus, l’extrême droite la plus dan­ge­reuse est-​​elle celle de la « nos­talgie », ou celle qui influence la poli­tique et la pensée occi­dentale actuelles ?

Fina­lement, il est regret­table de voir que des articles comme celui de REFLEXes sont repris par des asso­cia­tions pro-​​palestiniennes comme l’AFPS (ou Bel­laciao). Bien sûr, ils ont le droit de le faire, là n’est pas la question. Mais le fait de dif­fuser cer­tains articles plutôt que d’autres est un choix poli­tique, et ce choix peut être discuté. Or ce choix signifie que la priorité, pour ces orga­ni­sa­tions, n’est pas de défendre la liberté d’expression mais bien de hurler avec les loups dans la dénon­ciation des « méchants » (Dieu­donné, Blanrue etc.).

Comment ne pas voir que le dis­cours sur l’holocauste est ins­tru­men­talisé pour sou­tenir Israël et pour faire taire les cri­tiques (la question n’étant pas de « mettre en cause » l’holocauste, mais de se demander pourquoi cet événement doit déter­miner notre poli­tique étrangère) ? Le temps où une majorité de gens aimaient réel­lement Israël, « la seule démo­cratie au Moyen-​​Orient », « la villa au milieu de la jungle » etc. est passé. Mais l’étape qui reste à franchir, pour qu’une autre poli­tique envers le Moyen-​​Orient soit pos­sible, est de libérer la parole et de faire cesser l’intimidation et la culpa­bi­li­sation à propos de tout ce qui concerne Israël et le sionisme.

La « soli­darité avec la Palestine » com­mence ici, prin­ci­pa­lement dans la lutte contre les réseaux pro-​​israéliens. Dif­fuser et faire connaître le livre de Blanrue, ou celui de Mear­sheimer et Walt, défendre la liberté d’expression, aider à libérer le dis­cours et à ouvrir le débat, c’est réel­lement « aider la lutte des Pales­ti­niens », et c’est l’aider de façon essentielle.

Nous ne devons pas montrer aux sio­nistes que nous sommes « gentils », en nous « démar­quant » sans arrêt de X ou de Y qui a eu une parole trop dure ou trop franche, mais montrer que nous sommes libres et que le temps de l’intimidation est passé. Heu­reu­sement, de même que les Pales­ti­niens résistent, il existe encore des gens en France qui défendent les prin­cipes les plus élémen­taires de la Répu­blique et de la laïcité. Il ne reste plus qu’à sou­haiter que les « anti­fas­cistes » se joignent à eux.

[1] C. Léostic, AFPS

[2] Remarque sur la récente régle­men­tation de la censure prus­sienne, 1842, Textes phi­lo­so­phiques, 1842-​​1847, Cahier Spar­tacus, no 331970.

[3] Au cours duquel (en décembre 2008) Dieu­donné fit remettre un « prix de l’infréquentabilité et de l’insolence » à Robert Fau­risson, par son assistant déguisé en costume de déporté. Suite à cela, Dieu­donné est pour­suivi, entre autres, pour insultes à caractère raciste.

[4] Il faut néan­moins rap­peler que si la liberté d’expression était res­pectée en France, il n’y aurait jamais eu d’affaire Fau­risson, ce dernier serait pro­ba­blement inconnu et il n’y aurait pro­ba­blement pas eu le show du Zénith. La censure incite tou­jours à la trans­gression et il n’y a aucune raison de penser que l’affaire du Zénith soit la der­nière du genre, quelles que soient les peines qui seront prononcées.

[5] Voir la vidéo http: //www.youtube.com/watch ?v=KvNPhiT0b0I pour une illus­tration de ce sen­timent d’injustice.

[6] Par exemple, où faut-​​​​il situer sur le spectre poli­tique la citation sui­vante : « Si l’on regarde une carte du monde, en allant vers l’est : au-​​​​delà des fron­tières de l’Europe, c’est-à-dire de la Grèce, le monde démo­cra­tique s’arrête. On en trouve juste un petit confetti avancé au Moyen-​​​​Orient : c’est l’État d’Israël. Après, plus rien, jusqu’au Japon. […] Entre Tel-​​​​Aviv et Tokyo règnent des pou­voirs arbi­traires dont la seule manière de se main­tenir est d’entretenir, chez des popu­la­tions illet­trées à 80%, une haine farouche de l’Occident, en tant qu’il est constitué de démo­craties. » Elle est de Phi­lippe Val (dans Charlie-​​​​Hebdo, 26 juillet 2006), ancien directeur de Charlie-​​​​Hebdo et actuel directeur de France Inter. Voir Le plan B, Frappes média­tiques sur le Liban, 5 janvier 2009 (http://​www​.leplanb​.org/​s​p​i​p​.​p​h​p?pag…) ; ce journal précise : « selon le Rapport des Nations unies sur le déve­lop­pement humain de 2003, seuls trois pays au monde avaient alors un taux d’illettrisme supé­rieur à 80%. Et aucun d’entre eux n’était situé entre Tel-​​​​Aviv et Tokyo, puisqu’il s’agissait du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Ailleurs, entre Tel-​​​​Aviv et Tokyo, le taux d’illettrisme était de 23% en Iran, de 9% en Chine, de 7% aux Phi­lip­pines. Et… de 13% au Liban. »