Olmert de nouveau soupçonné de corruption

O.W. , le Figaro, samedi 3 mai 2008

La police israe­lienne l’a interrogé en toute dis­crétion sur une affaire de finan­cement élec­toral anté­rieure à son accession au poste de premier ministre.

Ehoud Olmert a été entendu ven­dredi par la police à propos de fonds ras­semblés par un par­tisan amé­ricain pour des élec­tions muni­ci­pales et internes à son parti d’alors, le Likoud, en 1999 et 2002, ont indiqué ven­dredi les ser­vices du premier ministre israélien.

Une pro­cédure d’urgence « dans les 48 heures » avait été déclenchée jeudi par le pro­cureur d’Israël pour per­mettre aux enquê­teurs d’entendre l’ancien maire de Jéru­salem. Les poli­ciers de la section des fraudes se sont donc rendus dis­crè­tement dans la rési­dence du premier ministre pour éviter la presse, bien avant le moment fixé, pour un inter­ro­ga­toire d’une heure seulement.

Les ser­vices d’Ehoud Olmert avaient fait savoir peu avant l’interrogatoire qu’il « répon­drait aux ques­tions des enquê­teurs, comme il l’a fait dans le passé et que ses réponses allaient per­mettre de le laver de tout soupçon ».

Malgré le black-​​out imposé par la justice israé­lienne sur toute l’affaire, dès ven­dredi matin des fuites dans la presse avaient fait état de cette nou­velle affaire remontant à avant l’accession de Ehoud Olmert au poste de premier ministre en 2006. Selon le quo­tidien israélien Yediot Aha­ronot, un homme d’affaires amé­ricain aurait ainsi impliqué Ehoud Olmert dans une affaire de pots-​​de-​​vin alors qu’il était interrogé par la police lors d’une de ses récentes visites en Israël.

L’image ternie d’un premier ministre peu populaire

Ehoud Olmert est actuel­lement l’objet de trois enquêtes de police. L’une d’entre elles porte sur l’achat de sa luxueuse maison rue Adolphe Cré­mieux à Jéru­salem. Il aurait obtenu une remise sub­stan­tielle en échange d’aides à l’obtention de permis de construire. Il est également sus­pecté d’avoir procédé à des tran­sac­tions immo­bi­lières frau­du­leuses et à des nomi­na­tions poli­tiques abu­sives. Dans ce cadre, les enquê­teurs avaient lancé en novembre dernier une spec­ta­cu­laire des­cente de police pour saisir des docu­ments au sein d’une ving­taine d’institutions publiques et ministères.

Premier ministre depuis 2006, Ehoud Olmert n’a jamais été pour­suivi par la justice. Mais le mystère qui entoure cet inter­ro­ga­toire soudain ainsi que les infor­ma­tions dévoilées dans les medias sur la gravité des soupçons pesant sur Ehoud Olmert ont déjà terni un peu plus encore à l’image d’un premier ministre déjà peu populaire.