Offensive israélienne sur Gaza

Le Monde diplomatique, jeudi 1er janvier 2009

Le Diplo pré­sente un dossier sur la Palestine com­portant les articles publiés, des cartes, des liens avec des sites

Tandis que le gou­ver­nement français per­siste dans ses men­songes en affirmant que le Hamas est res­pon­sable de la fin de la trêve ; tandis que Laurent Joffrin ose invoquer dans Libé­ration la « supé­riorité morale » d’Israël ; tandis que la popu­lation de Gaza vit sous les bom­bar­de­ments, subit un blocus illégal et est victime, comme le dit Richard Falk, repré­sentant des Nations unies pour la Palestine, de « crimes contre l’humanité », le gou­ver­nement israélien hésite sur la stra­tégie à suivre : décréter un cessez-​​le-​​feu de quarante-​​huit heures ou lancer une opé­ration terrestre.

Au-​​delà des décla­ra­tions léni­fiantes, il faut rap­peler une vérité : il y a exac­tement vingt ans, en décembre 1988, l’OLP et Yasser Arafat recon­nais­saient offi­ciel­lement Israël. Le résultat est là : l’occupation se poursuit, la colo­ni­sation s’étend ; la répression s’intensifie. Les négo­cia­tions avec Mahmoud Abbas n’ont abouti à rien alors qu’elles se dérou­laient en l’absence du Hamas.

Il faut se rendre à l’évidence : c’est la résis­tance et elle seule qui peut mener le gou­ver­nement israélien à des négo­cia­tions véri­tables. La guerre du Liban de 2006 a montré que l’armée israé­lienne n’avait pas de réponse à la stra­tégie du Hez­bollah. Ce qui se passe à Gaza depuis trois ans montre qu’elle n’a pu, jusqu’à la der­nière offensive, trouver de réponse à la stra­tégie du Hamas. L’écrasement de Gaza amè­nerait le gou­ver­nement israélien non à inten­sifier la négo­ciation mais, au contraire, à pour­suivre la même poli­tique. C’est bien la paix qui se joue à Gaza, mais pas dans le sens que le pro­clament de nom­breux médias : la mise en échec de la stra­tégie israé­lienne d’occupation et d’expansion est la seule voie per­mettant une négo­ciation dans le respect de l’égalité entre les deux parties.