Obser­va­tions à l’occasion de l’échange entre cinq pri­son­niers libanais et le corps de deux soldats israéliens

Jean-​​Claude Lefort, jeudi 17 juillet 2008

L’échange qui a lieu aujourd’hui entre 5 pri­son­niers libanais – dont Samir Kantar condamné par Israël en 1980 à 542 ans de prison – contre le corps des deux soldats israé­liens aux mains du Hez­bollah depuis 2006 est un évènement qui amène à for­muler plu­sieurs observations :

1. Cet échange qui résulte de pour­parlers diplo­ma­tiques et poli­tiques entre les deux parties confirme ce que nous n’avons cessé de dire, à savoir que la guerre qui a dévasté et ensan­glanté le Liban en 2006 était par­fai­tement évitable. Cette guerre évitable, et donc « inutile » mais ter­ri­blement dévas­ta­trice, a aussi engendré des souf­frances pour la popu­lation civile israé­lienne. Tout cela met en cause sérieu­sement et gra­vement la res­pon­sa­bilité des gou­ver­ne­ments qui ont déclenché cette guerre, qui l’ont soutenu ou bien qui ont trouvé que la réaction mili­taire d’Israël face à l’enlèvement de ses deux soldats par le Hez­bollah n’était rien d’autre que « disproportionnée ».

2. Cet échange montre aussi de manière par­ti­cu­liè­rement lumi­neuse que le sort des pri­son­niers Pales­ti­niens en Israël ne résulte aucu­nement de déci­sions de Justice – d’une justice « indé­pen­dante » qui plus est comme on l’affirme – mais bien de volontés poli­tiques. Uni­quement poli­tiques. Une puis­sance occu­pante peut dif­fi­ci­lement être qua­lifiée d’Etat de droit. Ce que nous ne cessons de dire également.

3. Cet échange sou­ligne également qu’il est une issue pos­sible, ainsi que nous l’affirmons, pour Salah Hamouri, notre com­pa­triote, dont les auto­rités fran­çaises ne peuvent plus désormais ne pas demander la libé­ration pure et simple et non pas je ne sais quelle remise de peine. Il n’a rien fait. Il a 23 ans. Il doit regagner ses foyers. C’est de la res­pon­sa­bilité de Nicolas Sarkozy de l’exiger avec force.

4. Cet échange sou­ligne, enfin, que la libé­ration de pri­son­niers pales­ti­niens est à l’ordre du jour ainsi que l’a promis Ehud Olmert à l’occasion de sa venue à Paris pour la mise en place de l’Union pour la Médi­ter­ranée. Je pense à eux tous, en ce jour. Et je pense spé­cia­lement, on le com­prendra, à Marwan Bar­ghouti – mon ami, mon frère – qui doit recouvrer la liberté et prendre toute sa place dans la vie poli­tique pales­ti­nienne. Il est grand temps que cet homme de raison et de haute valeur retrouve les siens. C’est une exi­gence humaine et poli­tique que de per­mettre et d’obtenir aujourd’hui sa libé­ration. C’est ce que nous demandons.

Jean-​​Claude Lefort - Député honoraire

Le 16 juillet 2008