Objecteurs de conscience : conférence de presse

AFPS Nanterre et la LDH, mardi 18 octobre 2016

Conférence de presse avec des objecteurs de conscience le 14 octobre à Paris

Dans le cadre de la tournée du Quatuor Galilée, des conférences de presse ont été organisées par 3 groupes locaux de l’AFPS : Montpellier, Nanterre et Nantes. Le jour du concert à Nanterre, la conférence de presse a eu lieu au siège de la Ligue des droits de l’Homme à Paris.

Participants :

  • Tair Kaminer, jeune objectrice israélienne juive
  • Omar Saad, musicien et objecteur de conscience israélien druze
  • Taoufiq Tahani, président de l’AFPS
  • Fabienne Messica, membre du bureau national de la LDH

L’objectif de la tournee et de ces conférences de presse était de faire mieux connaître :

  • la culture et la musique palestiniennes, moyens de résistance et aussi de paix, car la culture palestinienne est une culture de paix ;
  • les actions des refuzniks et objecteurs de conscience en Israël, et leurs modalités concrètes.

Depuis 1956, année de la conscription obligatoire pour les Israéliens (garçons et filles) de 18 ans, des chefs religieux musulmans druzes – non-représentatifs de la population druze dans son ensemble - ont été instrumentalisés par le gouvernement israélien et contraints de signer un accord permettant l’enrôlement des jeunes Druzes (hommes seulement), façon de les isoler des autres minorités palestiniennes. Cet accord prévoyait la création d’un corps spécifique druze dans l’armée. Mais les les objecteurs de conscience druzes ont été tellement nombreux, jusqu’à ce jour, que l’armée a fini par supprimer ce corps en 2015. Omar Saad (21 ans) a refusé la conscription en décembre 2013 et a donc purgé des peines d’emprisonnement successives allant de 10 à 30 jours. La dernière a failli lui être fatale ; après un refus de l’armée de l’admettre en soins pour une infection rénale, il a pu être sauvé in extremis pas les médecins. Il a finalement pu reprendre ses études de musique en Italie en 2014.

Omar souhaite terminer sa licence et aller vivre en Palestine pour enseigner la musique, moyen de résistance, et aussi d’éducation, de culture et de paix.

Taïr Kaminer (20 ans), par son milieu et son éducation de gauche a été amenée à mettre en cohérence ses actes avec ses idées, et a refusé son service militaire, au prix d’emprisonnements répétés de 170 jours au total en 6 fois (30 à 45 jours). Elle s’est engagée dans un travail social auprès d’enfants de Sderot, au nord de Gaza, constatant les effets d’une éducation de peur et de haine dispensée aux jeunes Israéliens. Elle relève que les milieux de gauche hostiles à la colonisation comme le sien, sont néanmoins insensibles à la contradiction entre leurs idées et porter des armes, le service militaire étant un rite d’initiation à la conscience nationale israélienne (ce qu’appelle Taïr le « consensus absolu »). Taïr au contraire, fidèle à ses idées, a refusé la conscription, acceptant les risques encourus ; malgré la possibilité relativement facile d’éviter le service militaire en citant des raisons religieuses ou des problèmes de santé, elle a choisi la voie d’objectrice de conscience.

Un groupe de jeunes israéliennes s’organise dans le mouvement Mesarvot en cours de constitution. Ce mouvement prévoit le début d’une action nationale et internationale le 1er décembre 2016 (manifestations, site internet, film sur les refuzniks…). Son but ne sera pas seulement de dénoncer les agissements de l’armée israélienne, mais aussi la colonisation, soutenue par l’armée qui protège les colons et les colonies illégales. De même que dénoncer les exactions à toute heure du jour et de la nuit dans les villages de Cisjordanie. Pour Taïr, une vraie démocratie ne peut être fondée sur la violence et l’injustice, et un avenir de paix dépend de cette dénonciation ici et maintenant. Un mouvement à suivre !

>>Lire l’article de Paris Match sur Taïr et Omar