L’Orient le Jour, jeudi 24 juillet 2008
« Je n’ai pas changé ma position. Je continue de dire que Jérusalem sera la capitale d’Israël. Je l’ai dit dans le passé et je le répète. Mais j’ai aussi dit qu’il s’agit d’une question liée au statut final »
Le candidat démocrate à la Maison-Blanche, Barack Obama, a souhaité hier être un « acteur important » dans le processus de paix s’il était élu, lors d’une rencontre avec le président palestinien Mahmoud Abbas. Arrivé à Ramallah, en Cisjordanie, en provenance de Jérusalem où il a visité le mémorial Yad Vashem dédié aux victimes de la Shoah, M. Obama a eu un entretien d’une heure à la Mouqataa, le QG de l’Autorité palestinienne. « Il a affirmé qu’il soutient une solution pacifique pour le conflit israélo-palestinien et sera un acteur important dans le processus de paix dès les premiers jours de sa présidence » s’il est élu en novembre, a rapporté Saëb Erakat, un des principaux négociateurs palestiniens. « Je n’attendrai pas quelques années de mon mandat ou de mon second mandat si je suis élu pour faire avancer le processus. Je pense qu’il existe actuellement une fenêtre (d’opportunité) que nous devons exploiter », a affirmé M. Obama.
Le président palestinien a répété auprès du sénateur de l’Illinois que la « colonisation israélienne » représente un « obstacle » dans le processus relancé en novembre, mais qui n’a pas enregistré depuis d’avancée notable. En juin, le candidat démocrate avait provoqué une vive protestation des Palestiniens pour avoir qualifié Jérusalem de capitale indivisible d’Israël, mais son équipe de campagne a par la suite tenté de rectifier le tir. Hier, M. Obama a réaffirmé que la ville de Jérusalem est la capitale de l’État hébreu. « Je n’ai pas changé ma position. Je continue de dire que Jérusalem sera la capitale d’Israël. Je l’ai dit dans le passé et je le répète. Mais j’ai aussi dit qu’il s’agit d’une question liée au statut final » de l’accord de paix israélo-palestinien, a déclaré M. Obama.
À sa sortie de l’entretien avec Mahmoud Abbas, M. Obama s’est immédiatement rendu à Sdérot, dans le sud d’Israël, cible régulière d’attaques de roquettes palestiniennes jusqu’à l’entrée en vigueur d’une trêve entre Israël et le Hamas le 19 juin.
Tentant de ménager les deux parties, il a loué en Israël le « miracle » de la création de l’État hébreu, réaffirmé son « attachement constant à la sécurité d’Israël » et souhaité encore resserrer les liens entre l’État hébreu et les États-Unis s’il accède au bureau Ovale. Le candidat démocrate à la Maison-Blanche a par ailleurs exprimé son soutien à Israël dans son refus de négocier directement avec le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza. « Il est difficile pour Israël de négocier avec un groupe qui ne reconnaît pas le droit à son existence », a affirmé M. Obama qui s’exprimait à Sdérot, à quelques kilomètres de la bande de Gaza.
Concernant l’Iran, le sénateur d’Illinois a affirmé que le monde devait empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire. « Un Iran nucléaire serait une grave menace et le monde doit empêcher l’Iran d’obtenir une arme nucléaire », a déclaré M. Obama. M. Obama, qui s’exprimait devant un monceau de débris de roquettes tirées de la bande de Gaza contre Sdérot et ses environs, a estimé qu’un « Iran nucléaire changerait la donne non seulement au Proche-Orient, mais dans le monde entier ».
Il a par ailleurs critiqué en bloc les « actes terroristes odieux » contre Israël, le « réarmement du Hezbollah », ainsi que le régime de Téhéran « qui parraine le terrorisme ». « L’État d’Israël fait face à des ennemis déterminés qui cherchent sa destruction, mais il a aussi un ami et un allié, les États-Unis qui seront toujours à ses côtés », a conclu le candidat démocrate. [1]
[1] voir aussi le NouvelObs :
Obama : "Jérusalem sera la capitale d’Israël"
En visite en Israël, le candidat démocrate à la Maison Blanche a réaffirmé son soutien à l’Etat hébreu, au risque de provoquer de nouveau l’indignation des Palestiniens.
Le candidat démocrate à la Maison Blanche Barack Obama, qui avait affirmé en juin que Jérusalem devait être la capitale indivisible d’Israël, a réaffirmé mercredi 23 juillet à Sdérot, dans le sud d’Israël, sa position qui avait provoqué l’indigantion des palestiniens. "Je n’ai pas changé ma position. Je continue de dire que Jérusalem sera la capitale d’Israël. Je l’ai dit dans le passé et je le répète. Mais j’ai aussi dit qu’il s’agit d’une question liée au statut final" de l’accord de paix israélo-palestinien, a-t-il déclaré, lors de sa visite marathon en Israël dans le cadre de sa tournée internationale. Craignant de nouveau d’attiser la colère des Palestiniens, son équipe de campagne a toutefois précisé : "Il a répété que Jérusalem doit être l’un des points du statut final négocié par les deux parties, que Jérusalem restera la capitale d’Israël mais qu’elle ne doit pas être divisée par des barbelés et des points de passage", a indiqué mardi un conseiller de Barack Obama.
Pas de négociations avec le Hamas
Le candidat démocrate a également exprimé son soutien à Israël dans son refus de négocier directement avec le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza. "Il est difficile pour Israël de négocier avec un groupe qui ne reconnaît pas le droit à son existence", a affirmé Barack Obama. "Il est difficile de négocier avec un groupe qui ne représente pas une nation et qui ne reconnaît pas le droit à l’existence" d’Israël, a-t-il insisté. Il a réaffirmé son "attachement constant à la sécurité d’Israël et son espoir d’être un partenaire efficace, que ce soit en tant que sénateur américain ou en tant que président, pour apporter une paix durable dans la région".
Israël est un "miracle"
Plus tôt dans la journée de mercredi, Barack Obama a affirmé, lors d’une rencontre avec Shimon Peres, le président israélien, à Jérusalem, qu’Israël était un "miracle" qui s’était produit au Proche-Orient : "Au cours des 60 ans (d’existence d’Israël), président Peres, vous avez été profondément impliqué dans ce miracle qui s’est produit et nous sommes extraordinairement reconnaissants, pas seulement en tant qu’Américains mais aussi en tant que citoyens du monde pour le service que vous avez rendu à votre pays", a-t-il déclaré.
Visite marathon
Le sénateur américain a entamé mardi soir une visite délicate en Cisjordanie et Israël, en promettant de resserrer encore les liens entre les Etats-Unis et Israël s’il était élu président des Etats-Unis en novembre. Mercredi matin, il a aussi visité le mémorial de la Shaoh de Yad Vashem à Jérusalem. Il s’est ensuite rendu à Ramallah pour rencontrer le président palestinien Mahmoud Abbas. A sa sortie de l’entretien avec Mahmoud Abbas, Barack Obama n’a fait aucune déclaration et s’est immédiatement rendu à Sdérot, dans le sud d’Israël, cible des attaques de roquettes palestiniennes avant la signature d’une trêve le mois dernier. Il doit rencontrer dans la soirée le Premier ministre israélien Ehoud Olmert, et terminera sa visite marathon de quinze heures par un passage au premier lieu saint du Judaïsme, le mur des Lamentations, dans la vieille ville de Jérusalem.
Tournée internationale
Auparavant, Barack Obama s’est rendu en Afghanistan, en Irak et en Jordanie. Il doit ensuite gagner l’Europe dans le cadre d’une tournée internationale visant à se façonner une stature internationale. L’Iran figurera aussi au menu des discussions avec les dirigeants israéliens qui ont fait preuve de réserves sur les propositions de campagne de Barack Obama, notamment sur le dossier du nucléaire iranien dans lequel il préconise un dialogue direct avec Téhéran.