Obama ne veut faire défaut ni à Israël ni aux Palestiniens

Matt Spetalnick, samedi 30 janvier 2010

Le pré­sident Barack Obama a déclaré jeudi qu’il ne négli­gerait jamais de sou­tenir la sécurité d’Israël mais que Washington devait aussi prendre en compte les épreuves du peuple palestinien.

"Nous nous employons à ren­forcer la capacité des deux parties à prendre place de chaque côté de la table" et à négocier, a-​​t-​​il dit lors d’une réunion publique en Floride.

Les efforts d’Obama et de son admi­nis­tration pour relancer des pour­parlers de paix entre Israé­liens et Pales­ti­niens n’ont guère produit de résultats depuis sa prise de fonc­tions il y a un an.

Les dis­cus­sions entre les deux parties sont blo­quées depuis l’offensive israé­lienne de décembre 2008 et janvier 2009 dans la bande de Gaza contrôlée par le Hamas, qui s’est soldée par 1.400 morts côté pales­tinien et 13 morts dans le camp israélien.

Le pré­sident pales­tinien Mahmoud Abbas demande qu’Israël cesse toute construction dans les ter­ri­toires occupés pour que des négo­cia­tions reprennent. Il juge insuf­fisant le gel tem­po­raire des acti­vités de construction décidé l’automne dernier par Israël.

Le chef de la Maison blanche a dit que la diplo­matie de la paix se heurtait à des contraintes internes dans les deux camps.

Le Premier ministre israélien Ben­jamin Neta­nyahu "fait des efforts pour aller un peu plus loin que ne le veut sa coa­lition", a noté Obama.

Le gou­ver­nement conser­vateur de Neta­nyahu com­prend des partis pro-​​colons vivement opposés à ce que des sec­teurs occupés soient cédés aux Pales­ti­niens pour un futur Etat.

Pour Obama, le pré­sident pales­tinien Mahmoud Abbas "veut sin­cè­rement la paix" mais doit com­poser avec le Hamas, qui refuse de recon­naître le droit d’Israël à l’existence. Abbas, diri­geant proa­mé­ricain modéré, est aussi affaibli du fait qu’il ne gou­verne qu’en Cis­jor­danie et que le Hamas contrôle Gaza.

Recon­naissant les "aspi­ra­tions légi­times" des deux parties, Obama a cherché à réaf­firmer la capacité de son gou­ver­nement à jouer un rôle de médiateur.

"Israël est l’un de nos plus solides alliés, a-​​t-​​il dit. C’est crucial pour nous, et je n’hésiterai jamais à garantir la sécurité d’Israël."

Mais il a aus­sitôt ajouté : "Nous devons porter attention à la situation déses­pérée des Pales­ti­niens. Il n’est pas bon pour notre sécurité, ni pour celle d’Israël, que des mil­lions de per­sonnes se sentent privées d’espoir."