Nouvelles violences dans les Territoires : trois Palestiniens tués

L’Orient le Jour avec AFP, dimanche 13 décembre 2015

Des défilés ont mobilisé des milliers de manifestants dans plusieurs villes à l’appel du Hamas, célébrant le 28e anniversaire du mouvement. Ibraheem Abu Mustafa/Reuters

Les territoires palestiniens ont connu hier une nouvelle journée de violences et de manifestations au cours desquelles trois Palestiniens ont été tués. Issa Haroub, 57 ans, a lancé sa voiture contre un check-point israélien installé à Halhul, au nord de Hébron, selon l’armée israélienne. Les soldats l’ont aussitôt tué. À Hébron même, la plus grande ville de Cisjordanie, Oudaï Irshaid, 22 ans, a été tué lors d’affrontements avec les soldats israéliens, selon le ministère palestinien de la Santé. Sa sœur Dania, 17 ans, avait été tuée par des policiers israéliens fin octobre après s’être approchée d’eux en brandissant un couteau près du très sensible tombeau des Patriarches, lieu saint pour juifs et les musulmans, et centre névralgique des violences à Hébron. C’est là où 500 colons juifs vivent retranchés sous haute protection militaire israélienne parmi 200 000 Palestiniens.

Dans la bande de Gaza, Sami Maadi, 41 ans, a été atteint par des projectiles israéliens lors de violences à l’est du camp de réfugiés d’al-Bureij, a dit le porte-parole du ministère de la Santé dans le territoire, Achraf al-Qodra. Douze autres manifestants ont été blessés, a-t-il ajouté. Ces heurts ont éclaté après des défilés qui ont mobilisé des milliers de manifestants dans plusieurs villes à l’appel du Hamas, le mouvement islamiste qui gouverne le territoire et marquait son 28e anniversaire. « La meilleure façon de libérer la Palestine est de résister par tous les moyens, en premier lieu, par le combat armé », a martelé Khalil al-Haya, membre de la direction du Hamas. Des heurts ont eu lieu à travers toute la Cisjordanie. Dans le village de Silwad, près de Ramallah, les Palestiniens ont manifesté pour réclamer qu’Israël rende à leurs proches les corps qu’il détient. Israël conserve des dizaines de dépouilles de palestiniens accusés d’attentat. « S’ils comptent nous faire souffrir en volant les corps, nous les ferons souffrir en restant patients et déterminés », a dit Bassam Hamad, père de Anas, 19 ans, tué la semaine dernière après avoir tenté de renverser des soldats avec son véhicule. Les manifestants ont buté sur des jeeps de l’armée israélienne, qu’ils ont caillassées, recevant en retour des tirs de grenades lacrymogènes, de balles caoutchoutées puis de balles réelles. Une vingtaine de jeunes ont été blessés, selon des secouristes du Croissant-Rouge sur place.

Dans le nord du territoire, au check-point d’al-Jalameh qui relie la Cisjordanie à Israël, un Palestinien a ouvert le feu sur des gardes israéliens, a indiqué le ministère israélien de la Défense. Il n’a pas fait de blessé, mais les gardes ont riposté et l’ont atteint. Le tireur est parvenu à s’enfuir et a été hospitalisé blessé, selon des sources policières palestiniennes.

Fait rare, dans la nuit, les soldats israéliens ont mené un raid au cœur de Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne sous contrôle exclusif palestinien et interdit aux forces israéliennes en vertu des Accords d’Oslo de 1993. Des dizaines de soldats ont ainsi perquisitionné un magasin fournissant les laboratoires médicaux et scientifiques en matériel. Ils ont emporté des caméras de surveillance et des ordinateurs, ont dit des témoins. Des dizaines de jeunes ont lancé des pierres sur les soldats qui ont répliqué par des tirs, faisant trois blessés, ont-ils dit. L’armée israélienne a parlé d’opération de « routine ». Depuis le 1er octobre, les attentats – au couteau dans leur très grande majorité, mais aussi à la voiture-bélier et à l’arme à feu – et les affrontements ont fait 116 morts palestiniens, dont un Arabe israélien, 17 Israéliens, ainsi qu’un Américain et un Érythréen. La majorité des Palestiniens tués l’ont été en commettant ou tentant de commettre des attaques, selon les autorités israéliennes. En l’absence de toute perspective de règlement politique négociée, cet enchaînement ne donne aucun signe de ralentissement.