Nouvelles de Palestine

Alain Gresh, mardi 27 mai 2008

Quelques nou­velles de la Palestine, qui prouvent, si besoin était, que le pro­cessus d’Annapolis est au point mort, que la colo­ni­sation se poursuit et que la soi-​​disant com­mu­nauté inter­na­tionale (en fait les Etats-​​Unis et l’Union euro­péenne) avalise dans les faits la poli­tique israélienne.

Une confé­rence inter­na­tionale pour l’investissement en Palestine vient de se tenir à Bethléem. Dans un article du Monde (23 mai) d’un de ses cor­res­pon­dants, Ben­jamin Barthe, « Israël bloque le second réseau de télé­phonie mobile pales­tinien », on peut mesurer à quel point toutes ces réunions sont un théâtre d’ombres pour cacher (si peu d’ailleurs) la réalité de la poli­tique israé­lienne. Sur son blog consacré à la Palestine, Julien Salingue publie, en date du 23 mai, une analyse détaillée et très argu­mentée sur « l’envers du décor de la Palestine Investment Conference ».

Tandis que Bernard Kouchner, une fois de plus, « regrette qu’Israël n’allège pas les contrôles en Cis­jor­danie » (Michel Bôle-​​Richard, Le Monde, 24 mai), les Nations unies annoncent que le nombre de check­points a aug­menté de 7% depuis sep­tembre 2007 (lire « UN : No. of road­blocks in W. Bank up 7 percent from last Sept. », Haaretz, 25 mai). Leur nombre est passé de 556 le 4 sep­tembre 2007 à 607 le 29 avril 2008. Israël a sup­primé 103 bar­rages durant cette période et en a recons­truit 144

La seule question qui devrait être posée à Bernard Kouchner pour que ses décla­ra­tions ne soient pas prises comme « purement ver­bales » est : quelles sanc­tions la France va-​​t-​​elle prendre pour imposer la levée des checkpoints ?

Voici ce que j’écrivais en novembre 2007, au moment de la confé­rence d’Annapolis, ce village Potemkine de la paix :

« Rap­pelons que même le déman­tè­lement de cer­tains check­points en Cis­jor­danie, qui trans­forment chaque dépla­cement des Pales­ti­niens en cau­chemar et qui pourtant a aussi mille fois été promis, ne s’est jamais effectué. Un rapport des Nations unies révélait que le nombre de bar­rages (road­blocks) avait atteint 572, une aug­men­tation de 52% par rapport aux 376 bar­rages qui exis­taient en août 2005. »


Le Hamas condamne l’Holocauste

Dans une tribune inti­tulée « Hamas condemns the Holo­caust », publiée par le quo­tidien bri­tan­nique The Guardian (12 mai 2008), Bassem Naeem, ministre de la santé et de la com­mu­ni­cation du gou­ver­nement du Hamas à Gaza, écrit :

« Il doit être clair que ni le Hamas, ni le gou­ver­nement pales­tinien à Gaza ne nie l’holocauste commis par les nazis. L’holocauste n’était pas seulement un crime contre l’humanité, mais un des crimes les plus abo­mi­nables de l’histoire moderne. Nous le condamnons comme nous condamnons tous les abus contre le genre humain et toutes les formes de dis­cri­mi­nation sur la base de la religion, de la race, du genre ou de la nationalité. »

« Dans le même temps que nous condamnons sans aucune réserve les crimes per­pétrés par les nazis contre les juifs d’Europe, nous rejetons caté­go­ri­quement l’exploitation que les sio­nistes font de l’holocauste pour jus­tifier leurs crimes et obtenir un assen­timent inter­na­tional à la cam­pagne de puri­fi­cation eth­nique et d’assujettissement qu’ils ont lancée contre nous, au point que, en février, le vice-​​ministre de la défense Matan Vilnai a menacé la popu­lation de Gaza d’un "holocauste". »