Nouvelle invasion israélienne du Liban : Les craintes de Saad Hariri

R.I., vendredi 22 janvier 2010

« Israël peut prendre n’importe quel pré­texte. Il n’a même pas besoin de prétexte. »

Le Premier ministre libanais, Saad Hariri, a exprimé sa crainte d’une nou­velle invasion israé­lienne des ter­ri­toires sud de son pays, indi­quant qu’Israël « n’a pas besoin de pré­textes pour le faire ». « Nous crai­gnons une inter­vention israé­lienne. La semaine der­nière, 25 survols de l’aviation israé­lienne se sont pro­duits en une seule journée dans l’espace aérien libanais. Israël pense-​​t-​​il qu’en frappant le sud du pays, ce n’est pas le Liban tout entier qu’il attaque ou que quand il frappe la ban­lieue sud de Bey­routh, il ne s’agit pas du Liban ? », a indiqué Saad Hariri, dans un entretien publié par le journal le Monde, dans son édition à paraître aujourd’hui. Pour le Premier ministre libanais, « Israël peut prendre n’importe quel pré­texte. Israël n’a même pas besoin de pré­texte. » « Nous redoutons que les israé­liens créent un nouveau conflit, comme ils ont su le faire par le passé. Comme en 1982 où, après la ten­tative d’assassinat de leur ambas­sadeur à Londres, ils ont envahi le Liban. Je ne sou­haite pas de conflit, mais je crois que les Israé­liens sont coincés », a-​​t-​​il poursuivi.

« Israël ne veut pas la paix »

Saad Hariri a sou­ligné le blocage de la situation dans la région du Moyen-​​Orient et l’impossibilité d’aboutir à un règlement du conflit israélo-​​palestinien. « Israël ne fait rien en faveur du pro­cessus de paix. Et je crois qu’Israël n’est pas inté­ressé par ce pro­cessus de paix. Les pays arabes ont approuvé l’initiative de paix lancée lors du sommet de Bey­routh de 2002. Plus de 50 pays se pro­noncent en faveur de la paix et que fait Israël ? Il n’en veut pas. Les Israé­liens ne veulent pas pro­gresser avec les Pales­ti­niens et refusent cette ini­tiative arabe », a-​​t-​​il rappelé. Le Premier ministre libanais a estimé qu’il n’existe pas en Israël un parti poli­tique « qui aura le courage de donner son accord pour une solution des deux Etats, El Qods-​​Est comme capitale de la Palestine et une solution pour le droit au retour des réfugiés ». Il a estimé « infondé » l’argument de « division entre Fatah et Hamas » avancé à chaque fois par Israël. « Les divi­sions ne sont pas en Palestine, elles sont en Israël », a-​​t-​​il estimé.