Erika Solomon, lundi 9 novembre 2009
Pour la seconde fois en moins d’une semaine, des Palestiniens ont ouvert une brèche lundi dans le mur construit par Israël sur la frontière avec la Cisjordanie afin de marquer à leur manière le 20e anniversaire de la chute du Mur de Berlin [1].
A l’aide d’un camion, des activistes au visage masqué ont fait tomber un des panneaux de la barrière de sécurité, haute de six mètres, près d’un point de contrôle israélien à Kalandia.
Quelques-uns de la cinquantaine de manifestants présents ont franchi la barrière par la brèche qu’ils venaient d’ouvrir, brandissant un drapeau palestinien et incendiant des pneus.
La police israélienne les a dispersés avec du gaz lacrymogène.
Les panneaux en béton de la barrière de la sécurité en forme de T renversé sont similaires à ceux qui avaient utilisés pour la construction du mur de Berlin.
"Aujourd’hui nous célébrons le 20e anniversaire de la chute du Mur de Berlin", a déclaré Abdullah Abou Rahma, le leader de la Campagne populaire palestinienne contre le mur.
"C’est la première étape d’une séries de manifestations que nous organiserons dans les prochains jours pour exprimer notre attachement à notre terre et notre rejet de ce mur."
Vendredi, des jeunes Palestiniens avaient déjà ouvert une brèche dans la barrière de sécurité dans le village de Niline.
Les autorités israéliennes ont engagé la construction de cette barrière de sécurité, mélange de murs en béton et de barrières plus légères, en 2002, au plus fort de la seconde Intifada.
Aujourd’hui, elle court pratiquement tout le long de la frontière cisjordanienne, empiétant en de nombreux endroits sur le territoire palestinien.
En 2004, la Cour internationale de justice a déclaré dans une décision non contraignante que cette construction était illégale et a réclamé sa destruction.
Les dirigeants israéliens affirment qu’il s’agit d’une protection contre des attentats commis par des Palestiniens et qu’elle pourra être supprimée une fois signé un accord de paix.
[1] voir aussi
Des Palestiniens ont abattu lundi un obstacle en béton construit le long de la barrière de sécurité érigée par Israël en Cisjordanie occupée, au moment où l’Allemagne fêtait avec éclat le 20e anniversaire de la chute du Mur de Berlin.
Cette opération symbolique a été menée par quelques dizaines de Palestiniens, aidés par des activistes pro-palestiniens étrangers opposés à cette barrière, a constaté un photographe de l’AFP. La barrière est présentée par les Israéliens comme une "clôture antiterroriste" qui sert à les protéger des attentats, mais les Palestiniens la qualifient de "mur de l’apartheid". "Un groupe d’environ 150 militants s’est rendu au mur près (du point de passage) de Qalandiya et en a abattu une partie pour le 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin", a déclaré à l’AFP Abdallah Abou Rahma, un activiste palestinien.
L’armée israélienne est immédiatement intervenue et a dispersé les manifestants qui ont riposté en jetant des pierres. Deux Palestiniens ont été arrêtés, selon le photographe de l’AFP. "Aujourd’hui marque le 20e anniversaire de la chute du Mur de Berlin et le premier jour d’une semaine de résistance au Mur de l’Apartheid en Palestine et autour du globe", a affirmé l’organisation "Stop the Wall" dans un communiqué.
Cette barrière de sécurité aura, lorsqu’elle sera entièrement construite, une longueur de 709 kilomètres, dont 85% seront établis en Cisjordanie, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha).
A ce jour, 60% de son tracé final ont été construits, selon l’agence onusienne, qui précise que la barrière, une fois terminée, empiètera sur 9,5% de la Cisjordanie.
L’ONU estime que ce mur a des conséquences humanitaires dramatiques sur la vie quotidienne des Palestiniens. Dans un avis rendu le 9 juillet 2004, la Cour internationale de justice (CIJ) a estimé que "la construction par Israël, puissance occupante, du mur en territoire palestinien occupé, notamment dans et autour de Jérusalem-est, est contraire à la loi internationale". AFP