Nouveau massacre perpétré par Israël

Fares Chahine, mardi 19 février 2008

Israël a mis en exé­cution, ven­dredi soir (15 février), ses menaces de détruire des quar­tiers entiers de la bande de Ghaza, en réponse, selon ses res­pon­sables, aux tirs de roquettes arti­sa­nales par des mili­tants de dif­fé­rentes fac­tions pales­ti­niennes armées, contre le ter­ri­toire de l’Etat hébreu.

Alors que dans le fond, il ne s’agit que d’actions de résis­tance contre l’occupation israélienne.

En effet, huit Pales­ti­niens ont été tués et plus de 50 autres blessés dans le camp de réfugiés d’El-Boureij, lors du pilonnage d’une maison appar­tenant à un militant du djihad isla­mique. Selon des sources hos­pi­ta­lières, au moins 10 blessés risquent de suc­comber à leurs bles­sures. D’après des témoins, l’explosion est sur­venue suite à l’atteinte de la maison visée par un missile sol-​​sol. Le missile a pro­voqué de gros dégâts. La maison dans laquelle a été tué Ayman El-​​Fayed, âgé de 42 ans, l’un des prin­cipaux chefs de Saraya El-​​Qods, la branche armée du Djihad isla­mique, son épouse ainsi que deux de ses enfants, a été tota­lement détruite. Des dizaines d’autres maisons du voi­sinage ont été plus ou moins endom­magées. Cer­taines sont car­rément inha­bi­tables et risquent de s’effondrer à tout moment.

Cette action déme­surée de l’armée israé­lienne, qui n’a pas hésité à mettre en péril la vie de cen­taines de citoyens civils inno­cents pour assas­siner un militant qu’elle recherche, a pro­voqué une grande panique au sein de la popu­lation du camp. Les secours se sont pour­suivis pendant une bonne partie de la nuit. « Ce sont des bar­bares, ils ont détruit tout un quartier. La majorité des vic­times sont des femmes et des enfants. Que veulent-​​ils après nous avoir chassé de nos terres et de nos maisons qu’ils ont occupées en 1948 ? Nous n’avons pas d’autre endroit où aller et nous ne quit­terons plus nos maisons. Nous les rebâ­tirons et pour­sui­vrons notre lutte pour l’indépendance », nous a déclaré Abou Mhamad, un voisin d’El-Fayed, âgé de 72 ans, qui n’a pas oublié l’exode massif, en 1948, de tous les habi­tants du village de Saouafir, d’oùl, il est ori­gi­naire, et distant de moins de 40 km du camp dans lequel il a passé 60 ans de sa vie dans des condi­tions précaires.

Le camp de réfugiés pales­ti­niens d’El-Boureij, situé à 8 km au sud de la ville de Ghaza et érigé en 1948, est l’un des huit camps de la bande de Ghaza, dont le facteur commun est la pau­vreté ainsi que la sur­po­pu­lation. Ses habi­tants viennent de tous les vil­lages et villes pales­ti­niens, qu’ils ont quittés par la force en 1948.

Ce nouveau mas­sacre, per­pétré par l’armée israé­lienne, inter­vient alors qu’Israël main­tient son blocus imposé à la bande de Ghaza. Le manque de car­burant, de pro­duits de pre­mière nécessité ainsi que les longues cou­pures de courant élec­trique, qui peuvent s’étaler sur plus de 12 heures sur 24, conti­nuent à peser lour­dement sur la vie quo­ti­dienne des citoyens pales­ti­niens qui, nor­ma­lement, devraient être pro­tégés par les conven­tions internationales.

La pour­suite par Israël de toutes ces actions dans la bande de Ghaza, en Cis­jor­danie occupée, au niveau des bar­rages mili­taires, où une femme de 50 ans est décédée ven­dredi des suites d’une crise car­diaque après avoir été interdite de passage, ou encore au cours des incur­sions dans les dif­fé­rentes villes et vil­lages laissent planer un gros doute sur les inten­tions israé­liennes d’œuvrer pour la paix avec les Palestiniens.