Nous n’oublions pas ; 54ème anni­ver­saire du mas­sacre commis par les Israé­liens à Kafr Qasim

Saed Bannoura, dimanche 31 octobre 2010

Au soir du 29 octobre 1956 les troupes israé­liennes tuèrent par balles 49 civil pales­ti­niens non armés das le village de Kafr Qasem, à 20 km à l’est de Tel Aviv près de la ligne verte.

Main­tenant le village compte une popu­lation de 18 100 Pales­ti­niens qui ont pour beaucoup défilé auprès d’autres vil­lages arabes voisins pour com­mé­morer les morts de 1956. Les gens ont marché du centre du village jusqu’au site du mémorial et déposé des bougies pour les vic­times. Les diri­geants du village ont fait des dis­cours de commémoration.

Historique

De 1949 jusqu’à la fin 1966 la décision du gou­ver­nement israélien fut de consi­dérer ses citoyens pales­ti­niens comme « hos­tiles ». Tous les grands centres de popu­lation arabe furent gou­vernés par des admi­nis­tra­tions mili­taires et divisés en 4 districts.

Sept vil­lages arabes, dont Kafr Qasim, tous le long de la ligne verte, étaient consi­dérés comme une menace impor­tante d’infiltration. Les vil­lages étaient régu­liè­rement soumis à des patrouilles de la police des fron­tières (Magav) sous le com­man­dement du Colonel Issachar Shadmi, com­mandant de brigade. Ces vil­lages, où vivaient quelque 40 000 per­sonnes, étaient appelés le Dis­trict central.

Le 29 octobre 1956

Le jour du mas­sacre, l’armée israé­lienne décida de placer les 7 vil­lages le long de la ligne verte sous couvre-​​feu, appelé couvre-​​feu de guerre, de 5 h du soir à 6 h le matin suivant. Les soldats israé­liens avaient l’ordre de tirer et d’abattre les vil­la­geois qui vio­le­raient le couvre-​​feu.

Bien que les hommes de la police des fron­tières aient reçu l’ordre de leur com­mandant à 1530, ils n’informèrent le maire de Kafr Qasim qu’environ une heure plus tard, ne laissant qu’un créneau de 30 minutes pour que les 400 vil­la­geois qui tra­vaillaient dans leurs champs puissent rentrer.

Selon les rap­ports de la com­mission d’enquête israé­lienne, de 17 à 1830 le 29 octobre 1956, la police des fron­tières tua par balles 49 vil­la­geois de Kafr Qasim qui essayaient de rentrer chez eux. Parmi eux 23 enfants et une femme enceinte. Les morts et les blessés furent laissés à leur sort pendant toute la nuit. Après la levée du couvre-​​feu les vil­la­geois ame­nèrent les blessés à l’hôpital et enter­rèrent les morts dans une fosse commune.

Dans son témoi­gnage pendant l’enquête, Jamal Farij, un sur­vivant, dit que les soldats tirèrent sur les vil­la­geois sans som­mation. Il ren­trait au village dans un camion avec 28 pas­sagers. « Nous leur avons parlé. Nous avons demandé s’ils vou­laient nos cartes d’identité. Non. Soudain l’un d’eux a dit : ’Abattez les ’ -et ils ont ouvert le feu, comme un barrage qui cède ».

Action légale

Huit soldats israé­liens ont été accusés devant un tri­bunal israélien et déclarés cou­pables de meurtre. Les deux com­man­dants de l’unité, Malinki and Dahan, furent condamnés à 17et 15 ans d’emprisonnement, peine réduite plus tard.

Le colonel Issachar Shadmi fut jugé et reconnu seulement cou­pable d’avoir pro­longé le couvre-​​feu sans en avoir l’autorité. Il fut relâché après avoir payé une amende d’un cent israélien. En novembre 1959, deux ans plus tard, les huit soldats condamnés furent relâchés sur ordre du Comité israélien pour la libé­ration des prisonniers.

Malinki garda son grade mili­taire et fut ensuite promu au poste de res­pon­sable de la sécurité pour un centre de recherche nucléaire israélien top secret situé dans le Negev. Dahan fut nommé chef du dépar­tement des « affaires arabes », un village pales­tinien conquis par Israël en 1948.

A l’époque de la création d’Israël en 1948, et des années plus tard, les soldats israé­liens tuèrent par balles des cen­taines de civils pales­ti­niens. Aucune action légale n’a été prise contre des diri­geants, com­man­dants ou soldats israé­liens pendant ce qu’on allait connaître comme la Nakba palestinienne.