Non, le petit Mohammed al-​​Dura ne vend pas des tomates sur le marché de Khan Younes.

Charles Enderlin, samedi 7 juin 2008

Le texte publié par Domi­nique Vidal, « Achar­nement contre Charles Enderlin », a suscité de nom­breux com­men­taires sur ce blog [Nàu­velles d’Orient]. Charles Enderlin a sou­haité apporter sa contribution.

« Le procès est kaf­kaïen. Je dois prouver que l’absurde est faux. Que des rushes filmés par un came­raman sous le feu ne sont pas l’équivalent d’une caméra de sur­veillance, comme dans un super­marché… Oui, Talal Abou Rahmeh, le cor­res­pondant de France 2 à Gaza, n’a filmé que ce que les cir­cons­tances per­met­taient. Non, le petit Mohammed al-​​Dura ne vend pas des tomates sur le marché de Khan Younes. Il est enterré depuis le 30 sep­tembre 2000 dans le cime­tière du camp de réfugiés Al Boureij. Son père, Jamal, excédé par la cam­pagne de dif­fa­mation, est prêt à l’exhumer pour prouver qu’il est bien mort… Il a beau montrer ses cica­trices, ses dos­siers médicaux de Gaza et de l’hôpital mili­taire d’Amman — où il a reçu la visite du roi Abdallah de Jor­danie —, « on » l’accuse d’avoir, sourire aux lèvres, joué la comédie de la mort de son fils… « On », ce sont des « experts » en chambre à Paris et ailleurs qui n’ont jamais assisté à une scène d’Intifada. Sans avoir, à aucun moment, mis les pieds à Gaza, ils ont découvert ce que les ser­vices de ren­sei­gne­ments israé­liens ne soup­çon­naient pas : des cen­taines de Pales­ti­niens ont mis en scène le plus grand attentat média­tique de l’Histoire, devant une position israé­lienne occupée par plus d’une dou­zaine de militaires…. »

« Selon le Shin Beth, la sécurité inté­rieure israé­lienne, Talal n’est soup­çonné d’aucune activité sub­versive. Une enquête sérieuse sur la mort du petit Mohammed ? Elle est néces­saire. France 2 y est prêt — et le répète depuis sept ans —, à condition qu’elle soit réa­lisée selon les stan­dards inter­na­tionaux. Mais, visi­blement, l’armée israé­lienne n’en veut pas. Elle a classé « secret défense » son rapport interne sur la mort de cet enfant pales­tinien, comme s’il s’agissait de l’arme atomique… »

« Un de mes accu­sa­teurs, m’a proposé le marché suivant : “Tu peux encore t’en sortir en lâchant Talal. Je peux t’aider dans un scé­nario dont tu pourrais sortir meurtri, mais pas mort. Si tu choisis de per­sé­vérer dans l’erreur, je conti­nuerai à faire en sorte que tu en crèves, pro­fes­sion­nel­lement s’entend.”

C’est le véri­table objectif de cette cam­pagne : prouver que les Pales­ti­niens tuent leurs propres enfants ou jouent la comédie. Dans le conflit au Proche-​​Orient, il n’y a que des assassins et des victimes. »