Nil’in : La rébellion d’un village palestinien

Noémie Debot-​​Ducloyer, lundi 4 août 2008

Les mani­fes­ta­tions contre l’édification d’un mur de sépa­ration entre la Cis­jor­danie et Israël se mul­ti­plient. Un petit garçon a été tué mardi 29 juillet.

Un Pales­tinien de vingt et un ans a été griè­vement blessé mer­credi par des tirs israé­liens. Cet incident est survenu lors d’une mani­fes­tation après les funé­railles d’un enfant pales­tinien de douze ans tué par balle la veille.

Le village de Nilin en Cis­jor­danie est le théâtre d’affrontements vio­lents entre armée israé­lienne ouvrant le feu à balles réelles et des mani­fes­tants munis de pierres. Des mili­tants pro-​​palestiniens venus d’Israël et de l’étranger ont pris fait et cause pour le village. Un comité de Nilin de résis­tance contre le mur a même été créé. La popu­lation pales­ti­nienne fait bloc contre la confis­cation de ses terres et l’édification dans son son village d’un mur de sépa­ration dans la conti­nuité des bar­rières de béton et de bar­belés par­courant déjà la Cis­jor­danie. C’est une « bar­rière de sécurité » selon les Israé­liens qui l’estiment néces­saire pour limiter les attentats pales­ti­niens en Israël. De l’autre côté, en Cis­jor­danie, c’est « le mur de l’apartheid » qui est dressé. En 2004, la Cour inter­na­tionale de justice (CIJ) avait jugé illégale la construction de ce mur et avait exigé son déman­tè­lement. L’ONU a eu le même avis sur la question. Israël n’a que faire de ces recom­man­da­tions et continue de faire sortir de la terre le « mur de la honte ».

Par ailleurs, depuis novembre 2007, date du sommet d’Annapolis (relance des négo­cia­tions de paix israélo-​​palestiniennes), c’est près de 530 per­sonnes qui ont été tuées en Palestine. L’armée israé­lienne continue de tirer contre les Pales­ti­niens faisant tou­jours plus de morts et de blessés. Des orga­nismes de défense des droits de l’homme et des Pales­ti­niens avaient déposé plainte auprès de l’État d’Israël pour des exac­tions pré­sumées des mili­taires israé­liens à l’encontre des habi­tants des ter­ri­toires occupés. Dans 94 % des cas, l’armée israé­lienne n’a pas donné de suite à ces plaintes selon un rapport de l’organisation israé­lienne de défense des droits de l’homme Yesh Din rendu public mer­credi. L’avocat de l’organisation a dénoncé « une conspi­ration du silence » au sein de l’armée.