Nettoyage ethnique à Jérusalem, dépossession « légalisée » dans toute la Cisjordanie

Communiqué de l’AFPS, vendredi 18 novembre 2016

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Témoignant devant le Conseil de sécurité le 14 octobre, le directeur de B’Tselem Hagaï El-Ad avait lancé, dénonçant l’injustice de l’occupation, « Je vous implore aujourd’hui d’agir ! » et s’était vu en retour menacé d’être déchu de sa nationalité.

Dans le même temps les votes de l’Unesco sur Jérusalem provoquaient une véritable hystérie, Israël faisant mine d’y voir une négation des liens du judaïsme avec la ville sainte. Pure comédie à laquelle le Conseil de Paris s’est prêté avec une scandaleuse complaisance.

Les faits, dans leur brutalité, permettent pourtant de comprendre qu’on est là dans le maquillage de la réalité.

A Jérusalem, 2016 marque une forte accélération des destructions de bâtiments et logements palestiniens. Ainsi, selon un décompte de l’ONG israélienne Ir Amim (City of Nations), c’est un total de 190 structures dont 122 unités d’habitations qui y ont été déjà détruites à la date du 15 novembre, contre 74 pour l’ensemble de l’année 2015.

Comble du traumatisme, la destruction contrainte est de plus en plus souvent effectuée par les habitants eux-mêmes pour éviter de rajouter aux amendes déjà élevées le prix d’une démolition assurée par des entreprises désignées par les autorités d’occupation.

Politique inhumaine et planifiée qui vise au nettoyage ethnique en rendant insupportables les conditions de vie à Jérusalem et dans la zone « annexée ».

Néanmoins les Palestiniens de Jérusalem résistent en restant sur place malgré des conditions de plus en plus précaires.

Le 16 novembre la Knesset, pour répondre à une décision de la Cour suprême israélienne déclarant illégale la colonie d’Amona, votait en première lecture une loi de légalisation des « avant-postes » et des milliers d’unités de logement construites sur des terres palestiniennes privées. Cette loi permettrait de ne plus tenir compte des avis négatifs de la Cour Suprême, pourtant elle-même experte en matière de « légalisation » de cas de dépossession, et de transférer, via un administrateur des « biens publics », une propriété palestinienne à un nouveau propriétaire. Une véritable monstruosité juridique considérée comme telle jusque dans les hautes sphères de l’Etat.

Une nouvelle fois la France est placée au pied du mur. Si elle veut réellement défendre la légalité internationale, elle doit rappeler que l’annexion de Jérusalem par Israël est nulle et non avenue, que toutes les colonies sont fondamentalement illégales et s’opposer par des sanctions effectives à toute mesure visant à les pérenniser.

C’est le sens de la campagne lancée le 16 novembre par l’AFPS avec ses partenaires du Collectif national et de l’appel « Trop c’est trop ! », pour la suspension de l’accord d’Association UE-Israël. Il faut arrêter la machine infernale de l’occupation et de la colonisation.

Le Bureau national

Ethnic cleansing in Jerusalem, "legalized" dispossession in all of the West Bank

In his testimony before the Security Council on October 14th, the director of B’Tselem, Hagai El-Ad, denounced the injustice of the occupation, stating : “I implore you today to take action !” In response, he received threats to strip him of his citizenship.

Meanwhile, very real hysteria was sparked by UNESCO’s votes on Jerusalem, which Israel pretended to interpret as a negation of the bonds of Judaism with the holy city. This was pure theater ; the Council of Paris played along with scandalous complacency.

The facts, in their brutality, allow us to understand that we are witnessing the masking of reality. In Jerusalem, 2016 has marked a steep acceleration in the destruction of Palestinian buildings and homes. According to the Israeli NGO Ir Amim (City of Nations), a total of 190 buildings, including 122 housing units, had been destroyed by November 15th, compared to 74 over the entirety of the previous year. To add insult to injury, the forced destruction is increasingly carried out by the inhabitants themselves, in order to avoid adding the fees charged by the Occupation Authorities’ designated demolition companies to already high fines.

This inhuman and calculated policy is designed for the purpose of ethnic cleansing, by making the living conditions in Jerusalem and the "annexed" zone unbearable. Nevertheless, the Palestinians of Jerusalem have resisted, staying where they are despite increasingly precarious conditions.

On November 16th, in response to a decision by the Israeli Supreme Court declaring the Amona settlement illegal, the Knesset voted on a first reading of a law legalizing "outposts" and thousands of housing units built on privately Palestinian-owned land. This law would make it possible to disregard the negative opinions issued by Supreme Court – despite its own practice on the "legalization" of dispossession cases – and to transfer a Palestinian property, via a “public property” administrator, to a new owner. This law is a bona fide legal monstrosity, and is considered as such even by the higher echelons of the State.

Once again, France is put to the test. If France truly wishes to defend international lawfulness, it must reiterate that the annexation of Jerusalem by Israel is null and void, and that all the settlements are fundamentally illegal, and it must oppose any measures to perpetuate them via effective sanctions. This is the aim of the campaign launched on November 16th by the AFPS and its partners in the National Collective and “Trop c’est Trop !” (the collective “Too Much is Too Much !”) for the suspension of the EU-Israel Association Agreement. We must stop the infernal machine of occupation and colonization.