Netanyahu critique l’initiative française sur l’État palestinien

L’Orient le Jour avec AFP, lundi 1er février 2016

Benjamin Netanyahu n'a pas explicitement rejeté l'idée d'une conférence internationale, mais a jugé que la « menace » française de reconnaître un État palestinien en cas d'échec compromettait dès le départ cette initiative. Pool/Amir Cohen/AFP

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé hier que la proposition de la France de relancer son projet de conférence internationale sur la solution de deux États « va inciter les Palestiniens à refuser la moindre concession ».

S’exprimant hier lors du Conseil des ministres, Benjamin Netanyahu n’a pas explicitement rejeté l’idée d’une conférence internationale mais a jugé que la « menace » française de reconnaître un État palestinien en cas d’échec compromettait dès le départ cette initiative. Cette « menace », a-t-il ajouté, « ne peut qu’inciter les Palestiniens à ne faire aucun compromis ». « Je pense qu’on va adopter une approche plus mesurée de cette question », a-t-il dit. « Le principe des négociations, c’est de faire des concessions, or cette initiative donne aux Palestiniens les raisons de ne pas le faire », a déclaré M. Netanyahu devant le Conseil des ministres. « Israël est prêt à entamer des négociations directes sans conditions préalables » avec les Palestiniens, a-t-il affirmé.

Un responsable du gouvernement israélien a déclaré samedi qu’Israël était prêt à « examiner » une invitation à participer à une conférence mais a ajouté que la France avait fait une erreur en disant qu’elle reconnaîtrait un État palestinien en cas de blocage. Pour ce responsable israélien, « comment imaginer que les Palestiniens pourraient transiger un tant soit peu lors d’une conférence internationale s’ils savaient déjà que, si les discussions ne progressent pas, ils obtiendront ce qu’ils veulent ? »

En outre, deux ministres israéliens ont d’ores et déjà appelé à boycotter une telle conférence. « Il n’est pas question qu’Israël participe sous la menace à une conférence », a dit le ministre des Transports, Yisrael Katz. Un avis partagé par son collègue de l’Énergie, Yuval Steinitz.

Le numéro deux de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et négociateur en chef avec Israël, Saëb Erakat, a pour sa part salué samedi la déclaration française. « Nous saluons l’appel de la France pour une implication internationale globale et sérieuse dans le but de mettre fin à l’occupation qui a commencé en 1967 et d’établir un État de Palestine libre, indépendant et souverain dans les frontières de 1967 », a-t-il déclaré dans un communiqué.

De son côté, un responsable américain a réagi avec prudence à l’idée française, rappelant la position des États-Unis qui préféreraient des négociations directes entre Israéliens et Palestiniens.

Trois blessés

Par ailleurs, trois Israéliens ont été blessés hier par balles près de la colonie de Beit El en Cisjordanie occupée et l’assaillant palestinien a été tué, a indiqué l’armée israélienne. « Un homme a tiré en direction d’un groupe d’Israéliens qui ont riposté et tué l’assaillant », a affirmé l’armée dans un communiqué. Les blessés, dont deux sérieusement touchés, ont été évacués vers des hôpitaux, selon le service de secours israélien Maguen David Adom.

Les ambulances palestiniennes n’ont pas été autorisées à récupérer le corps du Palestinien qui a tiré à partir d’une voiture qui venait de Ramallah. Selon lui, la plaque d’immatriculation de la voiture indiquerait qu’elle appartient au gouvernement palestinien. Selon une source de sécurité palestinienne, l’assaillant Amjad Abou Muamar, la trentaine, était un garde du corps du procureur général de l’Autorité palestinienne.

La Cisjordanie, Jérusalem et Israël sont secoués par des violences qui ont fait 160 morts palestiniens et 25 israéliens depuis le 1er octobre.