Netanyahou propose la tenue en Egypte d’un sommet pour la paix

Dan Williams, samedi 2 janvier 2010

Le Premier ministre israélien, Ben­jamin Neta­nyahu, a proposé que l’Egypte accueille un sommet en pré­sence du pré­sident pales­tinien Mahmoud Abbas afin de relancer les pour­parlers de paix, ont déclaré jeudi des res­pon­sables israéliens.

Cette offre est un nouveau signe de progrès vers une reprise des négo­cia­tions, qui sont au point mort depuis l’offensive israé­lienne d’il y a un an sur la bande de Gaza.

Deux res­pon­sables israé­liens affirment que Neta­nyahu a évoqué la pos­si­bilité d’un tel sommet mardi au Caire lors d’un entretien avec le pré­sident égyptien Hosni Moubarak.

Aucun com­men­taire n’a pu être obtenu dans l’immédiat auprès de res­pon­sables pales­ti­niens ou égyptiens.

Mahmoud Abbas est censé ren­contrer à son tour le pré­sident égyptien la semaine pro­chaine tandis que l’envoyé spécial du pré­sident amé­ricain Barack Obama au Proche-​​Orient, George Mit­chell, est attendu dans la région au début de l’année 2010 pour tenter de relancer les discussions.

"L’idée israé­lienne d’un sommet de paix avec Abbas hébergé par l’Egypte a été pro­posée durant les dis­cus­sions entre Neta­nyahu et Mou­barak", a déclaré un res­pon­sable israélien à Reuters. Un autre a confirmé l’information mais aucun des deux n’a pu dire quand ce sommet pourrait avoir lieu.

Les ser­vices de Neta­nyahu ont refusé de com­menter l’information mais, mer­credi, le porte-​​parole du Premier ministre Mark Regev avait exprimé l’espoir de "voir reprendre les dis­cus­sions avec les Pales­ti­niens dans un avenir proche".

Nabil Abou Rdainah, conseiller de Mahmoud Abbas, avait dit pour sa part que la région allait "connaître une intense activité poli­tique dans les deux semaines à venir".

Selon le ministre égyptien des Affaires étran­gères, Ahmed Abould Gheit, les propos tenus par le Neta­nyahou lors de sa visite au Caire laissent penser que le Premier ministre israélien "avance".

"Neta­nyahu a parlé de choses qui, à notre avis, vont plus loin que ce que nous enten­dions depuis un long moment de la part des Israé­liens", a-​​t-​​il dit.

"MAIN TENDUE VERS LA PAIX", DIT ABBAS

A son retour à Jéru­salem mer­credi, le Premier ministre israélien a dit aux membres de son parti, le Likoud, que "le temps était venu de reprendre le pro­cessus de paix", un de ses leit­motivs depuis plu­sieurs semaines.

Mahmoud Abbas refuse de reprendre les dis­cus­sions sans, notamment, un gel total des implan­ta­tions juives dans les ter­ri­toires palestiniens.

Mais jeudi, lors d’un dis­cours pour le 45e anni­ver­saire de la fon­dation de son mou­vement, le Fatah, le pré­sident de l’Autorité pales­ti­nienne n’a fait qu’une réfé­rence furtive à la question des colonies et a laissé la porte ouverte à une reprise des négociations.

"Nous sommes pour le pro­cessus de paix", a-​​t-​​il dit à Ramallah. "Notre main reste tendue vers la paix, une paix juste qui met fin à l’occupation israé­lienne" des ter­ri­toires cap­turés lors de la guerre des Six Jours en 1967.

Abbas a également exhorté Israël à adopter un plan de paix proposé par les Arabes, qui appelle à un retrait complet de Cis­jor­danie en échange d’une nor­ma­li­sation des rela­tions avec le monde arabe.

Les médias israé­liens, citant des sources diplo­ma­tiques amé­ri­caines et pales­ti­niennes, rap­portent que Neta­nyahu serait prêt à négocier un retrait des forces israé­liennes le long des fron­tières de 1967 en échange d’un accord ter­ri­torial per­mettant à l’Etat juif de conserver cer­tains blocs de colonies.

Lundi, pro­vo­quant la colère des Pales­ti­niens, Israël a dévoilé un projet de construction de plus de 700 nou­veaux loge­ments dans des sec­teurs de Cis­jor­danie que l’Etat juif considère comme appar­tenant à Jérusalem.

Sous la pression amé­ri­caine, Ben­jamin Neta­nyahu a ordonné en novembre un "gel" de dix mois des nou­velles construc­tions en Cis­jor­danie - en excluant de cette mesure des zones fron­ta­lières situées à la péri­phérie de Jérusalem.

Environ un demi-​​million d’Israéliens vivent en Cis­jor­danie et à Jérusalem-​​Est - la partie arabe de la ville sainte prise par Tsahal en 1967 - parmi 2,7 mil­lions de Palestiniens.