Naplouse, des colons brûlent 400 oliviers.

Collectif Urgence Palestine, Genève, jeudi 30 octobre 2008

Les soldats n’ont rien fait pour empêcher l’incendie et interpeller les colons.

Le dimanche 14 sep­tembre, des colons de la colonie d’Itamar située à proximité du village pales­tinien d’Awarta, dans la région de Naplouse, ont brûlé et détruit une oli­veraie de 70 dunums (7 ha.) plantée d’environ 400 oli­viers. Dans la matinée, les colons ont mis le feu aux arbres, ils sont revenus dans la soirée et ont répété l’attaque. Deux habi­tants du camp de réfugiés de Balata à Naplouse qui se trou­vaient dans le secteur, où ils récu­pé­raient de l’acier, les ont vu. Ils ont aus­sitôt signalé l’attaque à l’armée. Deux autres Pales­ti­niens du village d’Awarta qui ont vus les attaques ont pris des photos des colons et des incendies.

Les soldats, qui entre-​​temps sont arrivés sur le site, ont arrêté les 2 hommes et les ont détenus pendant 2 heures. Ils ont effacé les photos de l’un de leurs appa­reils photos mais, ils n’ont pas vu qu’il y avait un deuxième appareil photos. Malgré les décla­ra­tions des témoins et des photos prises lors des attaques des colons, les soldats n’ont rien fait pour empêcher l’incendie et inter­peller les colons.

Les oli­viers sont vitaux pour l’économie du village. Les colonies illé­gales se déve­loppent en grande partie sur les terres du village d’Awarta, et c’est environ 10000 dunums (1000 ha.) de terres qui se trouvent à proximité de la colonie. Les agri­cul­teurs pales­ti­niens ont l’interdiction d’accéder à ces terres pour la cueillette des olives ou l’entretien des arbres.

Il y a 2 mois, des colons ont attaqué un agri­culteur et volé son âne alors qu’il se trouvait dans le secteur pour s’occuper de ses arbres. En août, « 37 per­sonnes ont été blessées au cours d’attaques menées par des colons israé­liens, le bilan le plus lourd depuis janvier 2005 », a indiqué le Bureau des Nations Unies pour la coor­di­nation des affaires huma­ni­taires (OCHA) dans les Ter­ri­toires Pales­ti­niens occupés.

La construction de colonies israéliennes continue à marche forcée.

La construction de loge­ments dans les colonies israé­liennes de Cis­jor­danie a pra­ti­quement doublé depuis le début 2008 par rapport à la même période de 2007, selon un rapport publié le 26 août par La Paix Main­tenant, mou­vement israélien opposé à la colonisation.

Selon cette orga­ni­sation, durant les cinq pre­miers mois de l’année, 433 loge­ments étaient en cours de construction dans les colonies contre 240 durant la même période de 2007, sur ce total, le ministère de l’habitat est partie pre­nante dans le finan­cement de 64 % des loge­ments en construction. Ce boom de la construction est encore plus important avec un millier de nou­veaux bâti­ments com­prenant 2600 loge­ments en chantier. 55 % de ces loge­ments sont situés à l’est de la bar­rière de sépa­ration, c’est-à-dire en dehors des grands blocs de colonies qu’Israël entend annexer dans le cadre d’un accord de paix avec les Palestiniens.

Le rapport précise également que 417 appels d’offres pour la construction de loge­ments dans les colonies de Cis­jor­danie ont été lancés depuis le début de 2008, soit une aug­men­tation de 550 % par rapport à 2007.

A Jéru­salem, le nombre d’appels d’offres a pour sa part été mul­tiplié par 38 et porte sur 1761 loge­ments contre 46 en 2007. Enfin, dans la cen­taine de "colonies sau­vages", c’est-à-dire n’ayant pas obtenu les auto­ri­sa­tions néces­saires des auto­rités israé­liennes et qui sont dis­sé­minées en Cis­jor­danie, 125 struc­tures ont été ajoutées depuis le début de l’année.

Les res­pon­sables israé­liens se sont à de mul­tiples reprises engagés auprès des Etats-​​Unis à évacuer ces colonies sau­vages. Ces sta­tis­tiques sur la colo­ni­sation ont été publiées alors que la secré­taire d’Etat amé­ri­caine, Condo­leezza Rice, effectue une nou­velle mission en Israël et chez les Pales­ti­niens, engagés dans de dif­fi­ciles négo­cia­tions de paix.

La Paix main­tenant estime que ces "construc­tions inten­sives visent à effacer la ligne verte" qui sépare la Cis­jor­danie du ter­ri­toire israélien afin de relier les blocs de colonies et les implan­ta­tions isolées situées au coeur de la Cisjordanie.