Mythe du mur de Berlin et vrai mur de la Honte en Palestine

Chems Eddine CHITOUR, mercredi 11 novembre 2009

« Ich bin in Ber­liner », « Je suis un Ber­linois » s’exclamait J.F. Kennedy venu sou­tenir les Ber­linois au plus fort du blocus : résonne encore dans nos oreilles de naïfs bercés par la doxa occi­dentale au point que l’on croyait tout ce qu’on nous disait -le « on » sym­bo­lisant les médias occidentaux.

Nous avons comme pour le cinéma hol­ly­woodien vibré et com­munié avec ceux que l’on nous pré­sentait comme faible avec natu­rel­lement le « Zorro » redresseur de torts qui fait qu’on applau­dissait à la fin des films. Je veux dans cette contri­bution « décons­truire » le mythe du mur de Berlin (… [1]) et parler d’un vrai mur, celui de la honte, celui de la force injuste contre le peuple opprimé de Palestine.

Pourquoi ne pas parler des autres murs notamment de celui au Sahara Occi­dental qui prend en otage les vel­léités d’indépendance des Saha­raouis ? Pourquoi ne pas parler du « vrai mur de la honte » de plu­sieurs kilo­mètres qui défigure la Cis­jor­danie, obli­geant chaque matin des mil­liers de Pales­ti­niens à faire d’énormes détours pour aller tra­vailler chez les colons israé­liens, ou pour rentrer le soir ne sachant pas s’ils peuvent ou non passer selon le bon vouloir et les humi­lia­tions au quo­tidien de la part des soldats. Un tollé d’indignation n’a rien pu faire ! Il est vrai que la Cour Inter­na­tionale de Justice a déclaré illégal ce mur et a demandé son déman­tè­lement. Peine perdue. Le mur continue d’être peaufiné : les Pales­ti­niens seront « comme des cafards dans un bocal » pour reprendre l’expression appro­priée d’un général israélien…

Le vrai mur de la honte

Mar­quant le 20e anni­ver­saire depuis la chute du mur de Berlin, les Pales­ti­niens ont démoli ce ven­dredi dans le village cis­jor­danien de Ni’lin, un pan de mur [d’Apartheid] construit par Israël.Lors de la mani­fes­tation heb­do­ma­daire contre le mur, qui tra­verse le centre du village situé dans la région de Ramallah et isole les habi­tants de 60% de leurs terres agri­coles, quelque 300 mani­fes­tants ont métho­di­quement démantelé une section en béton avant que les forces israé­liennes n’ouvrent le feu. Ils ont brûlé des pneus et abattu une dalle de béton de huit mètres de haut en s’aidant d’un vérin méca­nique pour voiture. « Il y a vingt ans, per­sonne n’imaginait que la mons­truosité d’un Berlin divisé en deux pourrait jamais être abattue, mais il n’a fallu que deux jours pour le faire », a déclaré Muhib Hawaja, un des mani­fes­tants, au journal israélien Yedioth Aha­ronot. « Aujourd’hui, nous avons prouvé que nous aussi pou­vions l’imposer, ici et main­tenant. Ce sont nos terres au-​​delà de ce mur, et nous n’avons pas l’intention d’accepter son exis­tence. Nous triom­pherons car la justice est de notre côté. »(4)

Pour rappel com­mencé en juin 2002, le Mur de sépa­ration devrait faire plus de 703 kilo­mètres de long, soit deux fois la lon­gueur des fron­tières de 1967 avec la Cis­jor­danie et quatre fois plus long que le Mur de Berlin. Le Mur atteint à cer­tains endroits 8 mètres de hauteur, plus de deux fois celle du Mur de Berlin. A d’autres endroits, le Mur est constitué d’une bar­rière métal­lique élec­trifiée entourée de tran­chées de patrouilles, des fils bar­belés et des détec­teurs de mou­ve­ments. (Comme la ligne Morice en Algérie Ndlr). Le Mur s’enfonce pro­fon­dément en Cis­jor­danie, divisant des villes, des vil­lages et leurs péri­phéries, séparant les familles. Le Mur empêche les paysans pales­ti­niens d’accéder à leurs terres ; les étudiants de se rendre à leurs écoles ; les malades, les per­sonnes âgées et les femmes enceintes d’accéder aux soins de santé de base.

Pourtant, l’Avis consul­tatif de la CIJ édicté le 9 juillet 2004, est on ne peut plus clair : « L’édification du Mur qu’Israël, puis­sance occu­pante, est en train de construire en ter­ri­toire pales­tinien occupé, y compris à l’intérieur et autour de Jérusalem-​​Est, et le régime qui lui est associé, sont contraires au Droit Inter­na­tional » (para­graphe 163), ; « Israël est dans l’obligation de mettre un terme aux vio­la­tions du Droit Inter­na­tional dont il est l’auteur ; il est tenu de cesser immé­dia­tement les travaux d’édification du mur qu’il est en train de construire dans le Ter­ri­toire Pales­tinien Occupé, y compris à l’intérieur et autour de Jérusalem-​​Est, de déman­teler immé­dia­tement l’ouvrage situé dans ce ter­ri­toire ; Israël est dans l’obligation de réparer tous les dom­mages causés par la construction du Mur dans le Ter­ri­toire Pales­tinien Occupé, y compris à l’intérieur et autour de Jérusalem-​​Est. » « Cette construction, s’ajoutant aux mesures prises anté­rieu­rement, dresse ainsi un obs­tacle grave à l’exercice par le peuple pales­tinien de son droit à l’autodétermination et viole de ce fait l’obligation incombant à Israël de res­pecter ce droit. » (para­graphe 121) (5). Tout est dit : nous attendons la justice des hommes.  [2]

[1] vous trou­verez cette partie de l’article dans l’article source

[2] 1.William Blum : Le Mur de Berlin, un mythe de la guerre http://​www​.legrandsoir​.info/​G​u​eriss...

2.Egon Krenz : « L’avenir sera le socia­lisme ou la bar­barie » José Fort L’Humanité 6 11 2009

3.Pierre Haski Quand Mit­terrand tentait de ralentir la réuni­fi­cation alle­mande. Rue89 15/​​09/​​2009

4. 20 ans après la chute du mur de Berlin, les Pales­ti­niens abattent un pan du Mur d’Apartheid. 7 novembre 2009 sur le site info​-palestine​.net Ma’an News Agency

5.http://​www​.oxfamsol​.be/​f​r​/​M​u​r​-​de-se... 10.11.2006