Murmures de Berlin

Hassan Moali, jeudi 12 novembre 2009

Comme un mur en cache for­cément un autre, celui de Berlin a permis à ceux qui souffrent en silence sous le poids d’autres murs de se faire entendre en la circonstance.

Les mani­fes­ta­tions pour la célé­bration du 20e anni­ver­saire de la réuni­fi­cation alle­mande ont laissé entendre quelques mur­mures plus au moins audibles de Berlin. Comme un mur en cache for­cément un autre, celui de Berlin a permis à ceux qui souffrent en silence sous le poids d’autres murs de se faire entendre en la circonstance.

C’est ce qu’a fait cou­ra­geu­sement le célèbre chef d’orchestre israélo-​​argentin, Daniel Barenboïm, en qua­li­fiant, hier, de « grave erreur » le mur de sépa­ration érigé par Israël en Cis­jor­danie. « C’est une grave erreur qui a été commise », a déclaré le directeur musical du Staat­soper, l’ancien prin­cipal opéra de Berlin-​​Est, appelant au cours d’une confé­rence de presse à « en finir avec les murs mentaux et phy­siques qui existent encore dans le monde ».

Barenboïm a dit espérer voir tomber un jour ce mur de sépa­ration érigé au Proche-​​Orient, « mais il faut que Dieu se dépêche un peu car je vais avoir 67 ans la semaine pro­chaine ». Selon lui, « la paix n’est pas d’un intérêt pri­mordial » pour les acteurs du conflit israélo-​​palestinien qui « n’ont en tout cas pas réussi à convaincre le monde » du contraire. Ce cri du cœur et de la raison de Daniel Barenboïm n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd puisque des Pales­ti­niens ont abattu, hier, un pan du mur de sépa­ration construit par Israël en Cis­jor­danie occupée.

Murs et lamentations

L’opération a été menée par « quelques dizaines de Pales­ti­niens » aidés par des acti­vistes pro-​​palestiniens étrangers opposés à cette bar­rière, selon l’AFP. Mais ce geste sym­bo­lique a tôt fait de rameuter l’armée israé­lienne, qui a éloigné ces bri­seurs de murs d’un jour, signi­fiant que la chute est uni­quement à Berlin (… ).