Montréal : Bil’in continue sa lutte

Tadamon, dimanche 28 juin 2009

La pour­suite judi­ciaire du village de Bil’in contre deux com­pa­gnies basées au Québec impli­quées dans la construction de colonies israé­liennes sur des ter­ri­toires pales­ti­niens continue.

Après une semaine d’audiences à la Cour supé­rieure du Québec, la pour­suite de Bil’in est main­tenant en train d’être exa­minée par l’honorable juge Louis-​​Paul Cullen. Une réponse de celui-​​ci est prévue dans les mois à venir.

"Le cas de Bil’in a été plei­nement argu­menté, l’illégalité des colonies israé­liennes selon le droit inter­na­tional et canadien a été clai­rement exposée," sou­ligne Mark Arnold l’avocat canadien du village de Bil’in.

"Le juge a été impartial et équi­libré pendant les audiences et nous sommes confiants que la justice est de notre côté," explique Mark Arnold à l’extérieur du Palais de justice de Montréal.

Si le village de Bil’in rem­porte son procès, un important pré­cédent juri­dique sera créé, ce qui rendra les com­pa­gnies res­pon­sables inter­na­tio­na­lement pour leur par­ti­ci­pation à des crimes de guerre.

Green Park Inter­na­tional et Green Mount Inter­na­tional, deux com­pa­gnies enre­gis­trées au Québec, sur des ter­ri­toires pales­ti­niens au mépris du droit inter­na­tional, ce qui est considéré comme un crime de guerre selon la qua­trième Convention de Genève et selon la Loi cana­dienne des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre.

"La Cour supé­rieure du Québec ne s’était encore jamais rendue là, car si elle permet au procès d’aller de l’avant cela va créer un important pré­cédent judi­ciaire sur la res­pon­sa­bilité des com­pa­gnies en ce qui a trait à la vio­lation du droit inter­na­tional," explique Emily Schaeffer, l’avocate israé­lienne repré­sentant le village de Bil’in. " Nous croyons que d’accepter d’entendre la cause à la Cour supé­rieure du Québec est la seule décision juste à prendre. "

Le procès de Bil’in se tient dans le cadre de mani­fes­ta­tions popu­laires orga­nisées par le village sur une base heb­do­ma­daire, depuis plus de quatre ans, contre la construction du mur d’apartheid israélien et de colonies israé­liennes sur les ter­ri­toires de Bil’in en cours actuellement.

Jusqu’à main­tenant, l’armée israé­lienne a assassiné dix-​​huit Pales­ti­niens pendant des mani­fes­ta­tions popu­laires contre le mur, tuant des mani­fes­tants paci­fiques, ce qui a été lar­gement sous-​​médiatisé en occident.

"Bil’in attend impa­tiemment la décision du juge, espérant que la décision soit positive, " explique Abdullah Abu Rahme du Comité popu­laire de Bil’in contre lemur et les colonies, qui assistait aux audiences du procès à Montréal. "Les efforts de Bil’in pour arrêter toute construction de colonies israé­liennes sur nos ter­ri­toires vont se pour­suivre. Nous allons continuer à refuser l’occupation israé­lienne en conti­nuant nos mani­fes­ta­tions heb­do­ma­daires contre le mur d’apartheid à Bil’in, jusqu’à ce nous obte­nions la recon­nais­sance de nos droits en tant que peuple palestinien."