"Monsieur le Président, nous vous rappelons Salah Hamouri…"

Monique Cerisier ben Guiga ; Michèle Demessine, dimanche 15 mars 2009

Deux séna­trices inter­pellent le Pré­sident de la Répu­blique à propos de Salah Hamouri, empri­sonné illé­ga­lement en Israël depuis 4 ans le 13 mars, et lui rap­pellent ses enga­ge­ments à défendre tous les Français où qu’ils soient

M. Nicolas Sarkozy

Pré­sident de la Répu­blique Fran­çaise Palais de l’Elysée 55, rue du Fau­bourg Saint-​​Honoré, 75008 Paris

Réf : pdr/​crda/​2009

Paris, le 14 mars 2009

Monsieur le Président,

Le 13 mars 2009, alors que vous vous engagez à porter secours à tous nos com­pa­triotes incar­cérés à l’étranger « quoi qu’ils aient fait », nous vous rap­pelons Salah Hamouri, 24 ans, empri­sonné par les forces d’occupation israé­lienne le 13 mars 2005.

Vous avez tou­jours refusé de nous entendre. Vous avez refusé de recevoir Denise Hamouri, la mère de Salah. Le « deux poids, deux mesures » que les Pales­ti­niens reprochent aux Occi­dentaux ne devrait pas aussi être le fait de la France. Salah Hamouri, citoyen français, fils d’un Pales­tinien de Jéru­salem et d’une mère native de Bourg en Bresse mérite d’autant plus la sol­li­citude de la France qu’il est innocent.

Or, il est victime d’une double injustice, celle de la « justice » mili­taire israé­lienne, de ce tri­bunal illégal au regard du droit inter­na­tional ins­tallé à Ofer en Cis­jor­danie. Au terme de 3 ans d’incarcération, sans qu’aucune charge n’ait pu être établie contre lui, Salah Hamouri a été jugé, contraint de plaider cou­pable, sous la menace d’une condam­nation à 14 ans de prison. C’était du chantage, non de la justice.

La seconde injustice que subit Salah Hamouri est celle du gou­ver­nement français : M. Kouchner inter­vient d’abord, non pour obtenir la libé­ration d’un Français innocent mais pour qu’il soit « jugé » par un « tri­bunal » mili­taire, avec le résultat qu’on sait. Depuis lors, toutes nos demandes se heurtent à une fin de non recevoir.

Le 13 mars 2009, Salah Hamouri aura ainsi effectué, cela contre toute justice et au mépris du respect des droits de l’homme, quatre ans de prison tandis que rien ne peut les jus­tifier et que rien n’est venu les jus­tifier. Et il est lâché par la France. Il est le seul dans ce cas. Il est le seul Français pour lequel rien n’est fait et à propos duquel votre refus d’agir s’est mani­festé osten­si­blement jusqu’à refuser ne serait-​​ce de recevoir la famille ou les amis de Salah.

En ce jour du bien triste « anni­ver­saire » des 4 ans de cap­tivité d’un innocent, Salah Hamouri, nous vous demandons ins­tamment, M. le Pré­sident, de recevoir la famille ou les amis de Salah qui demandent sa libé­ration immé­diate, et qui se sont regroupés dans un Comité national de soutien. Nous lui demandons d’agir en ce jour « anni­ver­saire » auprès de son homo­logue israélien pour que Salah ne passe pas une journée de prison sup­plé­men­taire et qu’il soit libéré immé­dia­tement. Salah aura 24 ans le 25 avril pro­chain. Il doit être chez lui pour fêter son anni­ver­saire avec sa famille. A Jérusalem…

Dans l’espoir de votre inter­vention, et vous en remer­ciant vivement par avance, je vous adresse, Mon­sieur le Pré­sident, l’expression de ma très haute considération.

Michèle Demessine Monique Cerisier ben Guiga