Mohammed al-Qeeq suspend sa grève de la faim au bout de 94 jours dans le cadre d’un accord

Samidoun, Réseau de Solidarité avec les Prisonniers Palestiniens, mardi 1er mars 2016

Photo de Mohammed Kana'aneh, dirigeant palestinien de 48, prise devant le lit d'hôpital d'al-Qeeq après l'annonce de l'accord et la fin de sa grève.

Le vendredi 26 février après avoir effectué 94 jours de grève de la faim, le journaliste palestinien Mohammed al-Qeeq a suspendu sa grève dans le cadre d’un accord annoncé par l’Association des Prisonniers Palestiniens. Il a été rejoint dans sa chambre d’hôpital pour l’annoncer par des députés palestiniens à la Knesset, d’autres Palestiniens de 48 qui ont été à son chevet pendant des semaines et des représentants juridiques.

Selon les termes de l’accord, la détention administrative d’al-Qeeq se terminera le 21 Mai 2016. Il sera soigné dans des hôpitaux israéliens avant ce moment, et il recevra des visites familiales qui lui ont été refusées jusqu’à maintenant.

Al-Qeeq, 33, journaliste palestinien de al-Majd TV, a été arrêté par les forces d’occupation israéliennes le 21 novembre 2015 dans une violente descente chez lui. Le 25 novembre, il a annoncé le début de sa grève de la faim après des périodes de 15 heures en étant enchaîné à une chaise dans des positions douloureuses et des menaces de violences sexuelles et d’agression. Il a continué sa grève de la faim pendant 94 jours, exigeant qu’il soit mis un terme à sa détention administrative sans inculpation ni jugement, car malgré une “suspension” par la Cour Suprême israélienne de sa détention, il a continué à se voir refuser les visites de sa famille, y compris de la part de sa femme et ses deux petits enfants, de même que des soins dans un hôpital palestinien. Fayha a qualifié l’accord de “très grande victoire” dans une déclaration aux médias. Il reçoit maintenant des soins et des examens médicaux.

Samidoun, Réseau de Solidarité avec les Prisonniers Palestiniens salue la détermination de Mohammed al-Qeeq, un véritable exemple de la résistance des prisonniers palestiniens luttant sans cesse pour la liberté et la libération, pour eux-mêmes et pour le peuple palestinien dans son ensemble.

Nous remarquons que, alors que cet accord a été conclu, il n’a pas encore été été mis en application, qu’il est essentiel que l’attention dans le monde demeure fixée sur l’état israélien pour s’assurer de la protection de la vie et de la santé de Mohammed al-Qeeq et qu’il soit libéré comme cela a été conclu.

En outre, il est consternant qu’afin de parvenir même à la moindre sorte de justice, un Palestinien doive être sur son lit de mort et presque en état de mourir de faim au bout de 94 jours de grève de la faim. Il est consternant aussi qu’un Palestinien ait besoin de faire 60 jours de grève de la faim – plus que la durée que beaucoup de gens sont capables de vivre sans nourriture – afin de commencer à recueillir l’attention internationale ou quelque sorte de couverture médiatique.

Il est essentiel aussi que le mouvement de solidarité internationale avec la Palestine accentue et amplifie les voix des prisonniers palestiniens – pas seulement ceux en grève de la faim, mais tous les prisonniers palestiniens et leurs exigences collectives de liberté – tôt, sans cesse, et souvent. Nous ne pouvons pas autoriser la réussite des tentatives israéliennes d’isoler, de réduire au silence et de supprimer les prisonniers palestiniens. Nous saluons toutes les organisations, tous les militants et dirigeants de par le monde qui ont clairement élevé la voix sur le cas de Mohammed al-Qeeq, comme nous continuons à lutter ensemble pour la liberté de tous les prisonniers palestiniens.

Samidoun, 26 février

Traduit de l’anglais par Y. Jardin, membre du GT de l’AFPS sur les prisonniers