Mitchell dans la région

Massoud Al-​​Hénawy, jeudi 28 janvier 2010

OPINION : Je ne pense pas que la tournée dans la région que l’émissaire spécial des Etats-​​Unis au Proche-​​Orient, George Mit­chell, effectue réa­lisera des résultats satis­fai­sants aptes à réanimer le pro­cessus de paix entre les Pales­ti­niens et les Israéliens.

Israël poursuit son intran­si­geance et son arro­gance bien qu’il pré­tende aspirer à la paix. Le dernier rapport pro­mulgué par Amnesty Inter­na­tional réclame à Israël de lever immé­dia­tement le blocus imposé sur Gaza, assurant qu’il applique ainsi des sanc­tions col­lec­tives contre les habi­tants, ce qui constitue une vio­lation claire du droit inter­na­tional. Et comme d’habitude, Israël a refusé les accu­sa­tions qui lui sont attri­buées par le rapport et prétend que le Hamas est l’unique res­pon­sable des condi­tions dété­riorées que vivent les habi­tants. Et dans ce contexte, Washington semble dans la confusion et inca­pable de trancher quoi que ce soit ou de trouver une issue per­mettant de rompre l’inertie du pro­cessus de paix. Cependant, Washington envoie son émis­saire spécial sans qu’il n’apporte avec lui un projet amé­ricain ni même une vision déter­minée du pro­cessus de paix. Mit­chell n’apporte même pas avec lui des réponses aux pro­po­si­tions arabes ou aux inter­ro­ga­tions pales­ti­niennes. Il vient donc sans déci­sions obli­ga­toires capables de réa­liser une envergure sur la voie de la paix.

Du côté pales­tinien aussi, la situation reste la même : encore plus de division et de déman­tè­lement entre le Hamas et le Fatah à cause des intérêts par­ti­cu­liers et les com­man­de­ments échouent à sauver le peuple ou à réa­liser un progrès sur la voie de la paix.

Que peut faire Mit­chell sur cette mer de sable mouvant ? L’Egypte a annoncé la nécessité de la pré­sence de prin­cipes, objectifs et règles justes sur les­quels on peut compter pour reprendre le pro­cessus de paix. A mon avis, le plus important de ces prin­cipes est la nécessité de stopper immé­dia­tement la colo­ni­sation et de lever le blocus imposé aux habi­tants de Gaza soumis autant à l’arrogance d’Israël que du Hamas.

La situation a besoin d’une large coopé­ration de la part de tous et surtout de bonnes inten­tions. Et si l’administration d’Obama veut réa­liser un grand acquis dans la région, elle doit adopter une position amé­ri­caine forte, claire et juste.

Si ces prin­cipes ne sont pas réa­lisés, la tournée de Mit­chell restera inutile. Et la situation restera telle quelle même si des dizaines de confé­rences et de tournées sont effec­tuées par de grands res­pon­sables. Il suffit de se rap­peler les ten­ta­tives pré­cé­dantes faites par les ex-​​présidents amé­ri­cains, Georges Bush et Bill Clinton.